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5 décembre 2019 : "jeudi noir" pour toutes les protestations

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Une forte mobilisation est attendue pour demain, jeudi 5 décembre 2019, jour de grève et de protestation généralisée contre la réforme des retraites. Les professionnels médicaux et paramédicaux hospitaliers en profiteront également pour crier leurs revendications nées de leurs difficiles conditions de travail. Le Syndicat des Manageurs Publics Hospitaliers (SMPS) se mobilisera pour la première fois et les professionnels de santé libéraux ne seront pas en reste. Mais gare à la désorganisation des services et au risque de rupture de la continuité des soins qui pourrait résulter de ces manifestations...

grève soignants

Le 5 novembre, journée de mobilisation et de manifestations pour protester contre la réforme des retraites, sera également utilisée pour d’autre motifs par les grévistes et les manifestants, notamment les professionnels de santé.

La France s’apprête donc à vivre une de ces journées de mobilisation et de manifestations de grande ampleur, le 5 décembre, pour protester contre la réforme des retraites.

Des mobilisations et manifestations auront lieu dans tous les départements. A Paris, la manifestation partira à 14h de Gare de l’Est, en direction de Nation, via République.

Un mouvement pour les retraites, mais pas que...

Le gouvernement a décidé, en effet, de s’attaquer aux régimes spéciaux, dont certains ne sont plus pertinents à notre époque, afin d’uniformiser les processus de cotisation et de versement des pensions pour tous les bénéficiaires. Mais cette journée sera utilisée pour d’autre motifs par les grévistes et les manifestants, notamment les professionnels de santé. Car si le thème de la réforme des retraites les touche également, pour la partie des agents de la Fonction publique hospitalière notamment, ils comptent se faire entendre à cette occasion pour dénoncer le dernier Plan de sauvetage de l’hôpital présenté par Édouard Philippe le 20 novembre dernier.

Une dégradation des conditions de travail ignorée

Car ce plan n’a que très peu évoqué la situation précaire des personnels des établissements du sanitaire et du médico-social. Ainsi, outre la défense et la péren­ni­sa­tion du sys­tème de retraite par répar­ti­tion et des régi­mes par­ti­cu­liers, les revendications traitent notamment de la politique de suppression de lits, de l’adéquation du nombre de soignants avec les char­ges de tra­vail dans les services, ainsi que de l’arrêt des coupes budgétaires qui touchent les hôpitaux depuis quelques années. Les syndicats infirmiers en particulier demandent que soit prise en compte la péni­bi­lité du métier pour la retraite et le main­tien de la caté­go­rie active dans la FPH, ainsi qu’une reva­lo­ri­sa­tion sala­riale conforme aux res­pon­sa­bi­li­tés et com­pé­ten­ces des pro­fes­sion­nels infir­miers, entre autres.

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI CFE-CGC, appelle l’ensem­ble des pro­fes­sion­nels infir­miers des 3 fonc­tions publi­ques et des sec­teurs privés à un mou­ve­ment de grève avec des actions loca­les le jeudi 5 décem­bre. D’une part nos condi­tions de tra­vail se dégra­dent jour après jour, d’autre part le projet de réforme des retrai­tes vise les soi­gnants avec la fin de la caté­go­rie active pour les infir­miè­res et les aides-soi­gnants. Même combat du côté de la Coordination nationale infirmière (CNI) qui, par communiqué du 2 décembre, rappelle que devant un projet particulièrement délétère pour les hospitaliers, la CNI ne battra pas en retraite et appelle tous les soignants à manifester leur révolte, le jeudi 5 décembre.

Le 05/12/19, ils coaguleront !

Le 29 novembre dernier, dans un communiqué de presse commun, les organisations syndicales représentatives des médecins et paramédicaux Amuf, CFE-CGC, CFTC, CGT, Sud, le Collectif interblocs, le Collectif interurgences et les associations Printemps de la psychiatrie et la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité soutiennent le mouvement. Selon le Collectif Inter-Urgences, les pouvoirs publics continuent de nier l'ampleur nationale du phénomène lié aux manques de moyens et d'attractivité. (...) Face au degré d'urgence, face à la surdité du gouvernement, face au manque d'action concrète, les paramédicaux du CIU ont voté : le 05/12/19, nous coagulerons ! Nosu appelons donc l'ensemble des soignants à se joindre à no_us et se réunir au sein de la manifestation interprofessionnelle du 5 décembre aux côtés des autres services publics mobilisés. au-delà de la question des retraites, qui nous concerne toutes et tous, il s'agit aussi de rassembler pour faire face aux politiques mortifères issues de la même logique de destruction de nos biens communs. nous appelons toujours l'ensemble des soignants à se mobiliser massivement le 17/12/2019 à Paris et en région pour la défense de l'hôpital public.


Le SMPS se mobilise pour la première fois, les libéraux sur la brèche

Ce mouvement sera suivi par une partie significative de la population, y compris des personnes qui n’en ont pas l’habitude. C’est ainsi que le Syndicat des Manageurs Publics Hospitaliers (SMPS) a annoncé, le 21 novembre 2019, son intention de participer aux manifestations. Il argumente cette décision dans un communiqué qui rappelle qu’il est indispensable et urgent de refonder le statut et l’attractivité des établissements publics de santé en simplifiant, innovant et réaffirmant les enjeux de prise en charge en proximité, aux côtés de l’excellence soignante, médicale et scientifique des CHU. Autrement dit, c’est bien d’avoir mobilisé des moyens, mais il est aussi important d’écrire un projet d’avenir.

Les organisations syndicales représentatives des personnels médicaux hospitaliers et des internes (Snam-HP, CMH, INPH, APH, CPH ainsi que Jeunes médecins, FNSIP-BM, Isni), dans un communiqué commun distinct du 29 novembre, s'inquiètent eux de l'absence de concertation avec les pouvoirs publics concernant la réforme des retraites.

Du côté des médecins libéraux, c'est le même combat. Le Syndicat des médecins libéraux , par exemple  ne constate aucune avancée dans les dernières réunions et dénonce l'enfumage permanent dans un communiqué daté du 28 novembre dernier.

Quant à l'Onsil, Organisation nationale des syndicats d'infirmiers libéraux, elle rappelle par communiqué du 2 décembre que les infirmiers libéraux ne peuvent rester en retrait de cette journée, car eux aussi vont être durement impactés par cette réforme. En effet, il est prévu dans le projet présenté par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, une augmentation de nos cotisations qui passeraient de 14 à 28%, mettant en péril nombre de nos cabinets. Or, en ce qui concerne les infirmiers libéraux, rien n’oblige le gouvernement à mener cette attaque en règle contre nous, la Carpimko n’est pas un régime spécial, mais une caisse autonome, extrêmement bien gérée, en capacité de garantir à ses adhérents une pension à ses adhérents de façon pérenne, avec trois actifs pour un retraité. De plus, nous avons déjà un système de retraite par points sur la partie complémentaire et par le biais de la CNAVPL, nous participons déjà à l’effort de solidarité nationale. Aussi, nous attitrons l’attention des infirmiers libéraux sur le fait que le gouvernement a clairement exprimé l'idée que seule une mobilisation forte serait en capacité d’infléchir leur position. L’Onsil appelle donc tous les professionnels à arrêter la prise en charge des nouveaux soins entre le 5 et le 9 décembre, date à laquelle seront présentées les nouvelles mesures, et à se mobiliser lors de ces journées d’actions.

De son côté, le syndicat Convergence Infirmière soutient le mouverment de grève du 5 décembre mais n'appelle pas les infirmiers libéraux à manifester.

La question cruciale de la continuité de la prise en charge hospitalière

La forte mobilisation annoncée pour le 5 décembre entrainera sans doute des perturbations majeures dans les transports aux abords et au sein des grandes villes. À Paris, en particulier, la journée devrait être très compliquée pour les personnes qui se rendront au travail. À commencer par les soignants eux-mêmes, qui risquent de ne pas pouvoir atteindre leur établissement, ou avec un retard conséquent. Si l’on y ajoute ceux qui seront dans la rue pour manifester au lieu d’être à leur poste, cela pose une nouvelle fois le problème de la continuité de la prise en charge des patients dans ces établissements. Certains d’entre eux ont d’ores et déjà anticipé le phénomène en réduisant les programmes opératoires par exemple, mais c’est une dérive à surveiller.

Espérons, dès lors, que les patients n’aient pas à subir les conséquences du mouvement soutenu massivement par ceux qui ont pour mission de leur venir en aide au quotidien... L'AP-HP anticipe et se mobilise pour assurer la continuité de son service public en mettant à dispositif de ses salariés plusieurs services "facilitateurs"...


Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34
Article actualisé par la rédaction d'Infirmiers.com

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