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A la télé – France 2 « infiltre » les laboratoires pharmaceutiques


Le magazine d'investigation "Les Infiltrés" diffusé ce vendredi 22 février 2013 décortique les pratiques des visiteurs médicaux (VM) des laboratoires pharmaceutiques et met en lumière des remises illégales qui seraient pratiquées par des génériqueurs en direction des pharmaciens.

A la télé – France 2 « infiltre » les laboratoires pharmaceutiques

Cette enquête a été menée sur plusieurs mois à partir de 2011 par des journalistes de l'agence Capa, et réalisée par Sophie Bonnet. Elle sera diffusée ce vendredi 22 février 2013 à 22h50 sur France 2.

Si certaines pratiques de visite médicale ont déjà été commentées et mises en lumière, ce magazine a pour intérêt de faire entendre les discours des VM. En outre le deuxième reportage, plus court, sur les remises offertes par les génériqueurs, touche à un sujet qui, s'il a déjà été effleuré à quelques reprises, demeure assez méconnu, note-t-on.

Pour la première enquête, un journaliste s'est "infiltré" dans un grand laboratoire pharmaceutique en postulant comme stagiaire. Cela a permis d'aiguiller les autres membres de l'équipe sur le lancement prévu par le laboratoire en question d'un nouveau traitement du diabète de type 2.

Se référant à l'avis de la Haute autorité de santé (HAS), les journalistes relèvent que le produit n'apporte pas d'amélioration du service médical rendu (ASMR V) et ils notent que son prix est six fois supérieur aux produits plus anciens, s'interrogeant sur la manière pour un laboratoire de prendre des parts de marché avec de tels arguments.

Des journalistes ont donc suivi l'opération de lancement dans un département d'outre-mer où une tactique originale a été mise en place. Le laboratoire a installé dans les officines des machines faisant des tests sanguins. Cela devait encourager une reprise de contact des diabétiques avec leurs médecins avec l'espoir que ces derniers, ayant préalablement reçu des VM du laboratoire, favorisent le nouveau produit.

On y voit aussi ce séminaire luxueux avec un pseudo-professeur (en fait simple docteur) venu aux frais du laboratoire de métropole pour une réunion sur le diabète en général -mais qui en particulier tourne uniquement à la promotion du produit du laboratoire.

La VM du laboratoire détaille (en caméra cachée, mais elle connaît l'identité de ses interlocuteurs) les déjeuners offerts aux médecins ou encore les voyages offerts, avec par exemple 10 médecins envoyés à Paris aux Entretiens de Bichat en septembre 2011 pour un coût estimé par les journalistes à 50.000 euros.

Et la technique pour bénéficier de ce genre de voyages est expliquée par la VM: "Vous prescrivez nos médicaments et après on verra si vous partez".

Une journaliste se faisant passer pour la future auteure d'un livre sur la VM en a également rencontré plusieurs, toujours en caméra cachée. Ces derniers décrivent la guerre sans merci entre les VM de différents laboratoires, les consignes de "ne pas trop insister sur les effets secondaires", ou encore les stratégies de chacun pour "jouer sur le relationnel" et ainsi obtenir des prescriptions des médecins.

Une caméra cachée a également saisi une réunion organisée par le patron du laboratoire pour commenter auprès des équipes la loi relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé du 29 décembre 2011, alors en discussion au Parlement.

Le dirigeant y fustigeait cette réforme "d'une inutilité majeure", déclarant qu'il était "illusoire" de penser que les laboratoires pourraient se passer de leur VM et qu'un "lobbying intense" allait se mettre en oeuvre pour la contrer.

Générique : des marges de 50 % pour les officines

Dans la seconde enquête, une journaliste se fait passer pour une pharmacienne sur le point de reprendre une officine, et qui compare les propositions commerciales de divers génériqueurs.

La conclusion est sans appel: les trois génériqueurs contactés lui proposent tous des remises bien supérieures aux 17% autorisés par la loi, et qui avoisinent plutôt les 50%. Pour 60.000 euros de produits achetés, une commerciale propose par exemple à la pharmacienne de récupérer 36.000 euros.

Pour cela les techniques sont diverses. Un commercial propose de passer via une société écran chargée de réaliser des achats publicitaires auprès des officines, ou encore que le génériqueur commande directement des enquêtes auprès des pharmaciens -qui ne seront pas réalisées. Une autre commerciale propose d'offrir une boîte supplémentaire pour 10 boîtes achetées.

La diffusion des "Infiltrés" s'accompagnera d'un débat en plateau avec Hervé Gisserot, président du Leem (Les entreprises du médicament), Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), François Wilthien, vice-président de MG-France, les pneumologues Irène Frachon et Philippe Even, ainsi que les députés Catherine Lemorton (PS, Haute-Garonne) et Arnaud Robinet (UMP, Marne).

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Commentaires (2)

domi

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19 commentaires

#2

corruption à la française

Quand je vois comme les soignants de base se décarcassent au quotidien pour la santé et le bien-être des patients et qu'on voit ce qui se trame entre labos et médecins/pharmaciens, on ne peut qu'être écoeuré et révolté!

Vivement une révolution dans ce monde de la santé-business!

maiwenn28

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1 commentaires

#1

...

Bon ben je viens d'apprendre qu'il y a plus d'heures de pharmaco pendant la formation IDE qu'en médecine...c'est bien c'est rassurant cette histoire !
Et je ne m'étendrai pas sur les magouille des labo avec nos chers docteurs (en pharmacie ou non).