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A la télé - Quand l’urgence a changé de camp...

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Fonction Publique

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Ils sont là, 24h sur 24, dans leur mission de continuité des soins "au service" d’un service public de plus en plus malmené. Ils sont là, mais de plus en plus las, essoufflés, dépassés, essorés, malmenés par un rythme fou et déraisonnable qui met en péril la sécurité de leur exercice et qu’ils n’acceptent plus. Ils sont soignants et fiers de l’être mais ils le sont de moins en moins dans ces conditions de travail de plus en plus délétères. Le reportage dans le service des urgences du CHU de Nîmes, dans le Gard, diffusé 11 janvier dernier sur TF1, l'a explicité on ne peut mieux. Pendant plusieurs semaines, l'équipe de Reportages avait suivi ces professionnels de santé qui tiennent le service malgré la crise...

urgences reportage nîmes

Une question : toujours la même, ces professionnels de santé pourront-ils tenir ainsi encore longtemps dans des services au bord de l'asphyxie et plus globalement dans un contexte hospitalier lui aussi en souffrance...

Infirmier(e)s, aides-soignant(e)s, cadres de santé, internes, médecins... ils travaillent aux urgences, un service qu’ils ont choisi. Mais l’urgence maintenant et depuis plusieurs mois, a changé de camp. Il est en effet urgent de trouver des solutions pérennes, et à court terme, pour que leur activité reste digne et à la hauteur de leur engagement dont la priorité est la sécurité des soins et une prise en charge des patients fidèle à leur engagement de professionnel de santé.

Le temps joue maintenant contre eux, l’étirer encore leur est devenu impossible. Les différents plans gouvernementaux et autres déploiements de budgets n'y a rien fait. Nous sommes fin janvier et rien n'a changé. Depuis le printemps en effet et le début d’un mouvement de mobilisation inédit qui perdure aujourd’hui dans la plupart des services d’urgence français, tout a pourtant été dit, montré et démontré. Les grèves renouvelées, les mobilisations multiples, les happenings, les réunions de concertation, les mesures ministérielles... rien n’y aura fait... la crise est toujours là, chronique ou plutôt aiguë...

Malgré ce contexte ultra tendu, ce que ce reportage a montré ce sont des professionnels du soin qui se démènent et font tout ce qui leur est possible pour assumer leur mission.

Salles d’attente saturées, brancards entassés, patients abandonnés, accompagnants excédés... Devant cette situation qui ne fait que s’aggraver, les soignants n’en peuvent plus d’être dépassés. S’ils l’expriment avec force depuis plusieurs mois, ils sont pourtant toujours là et n’abandonnent pas leur poste... mais jusqu’à quand ? Pourront-ils tenir ainsi encore longtemps dans des services au bord de l'asphyxie et plus globalement dans un contexte hospitalier lui aussi en souffrance...

Malgré ce contexte ultra tendu, ce que ce reportage a montré ce sont des professionnels du soin qui se démènent et font tout ce qui leur est possible pour assumer leur mission. Chacun oeuvre comme il le peut et s'engage pour ce qu'il croit être le meilleur :

  • Otilia, infirmière, s'est lancée dans le mouvement de contestation et monte à Paris pour manifester et faire savoir au plus grand nombre la difficulté de son exercice ;
  • Arthur, infirmier lui aussi, ne s'est pas encore engagé dans le mouvement, mais il est dans son service sur tous les fronts, efficace dans toutes les situations, à l'écoute malgré la tension permanente d'un service qui peut accueillir plus de 300 patients par jour...;
  • Lisa, infirmière de nuit, a décidé pour sa part de quitter le service, elle n'en peut plus des gardes répétées et de ce service qui fonctionne comme une grande essoreuse d'énergie.

Le reportage n'est hélas plus disponible en replay, mais vous pouvez néanmoins en percevoir la trame en regardant le teaser. Il nous paraissait nécessaire d'en rendre compte afin de valoriser, une fois encore, le travail accompli en vers et contre tout par ces professionnels de santé ; un travail qui s'apparente de plus en plus à une mission impossible. La mobilisation des hospitaliers continue et, d'ores et déjà, la date du 14 février prochain sera l'occasion, une fois encore, à l'appel du Collectif Inter-Hôpitaux de faire entendre sla colère et de rappeler aux tutelles ses revendications...

A voir également le clip réalisé par le Collectif Inter-Hôpitaux d'Annecy pour défendre l'hôpital public.

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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