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A voir - Comme un arbre penché

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« Comme un Arbre penché », pièce qui se joue actuellement au Théâtre La Bruyère, à Paris,  met en scène les visites de Louis à son meilleur ami, Philippe, avec lequel il était brouillé depuis plusieurs années et qui est atteint du lock in syndrome. Où comment l'empathie peut conduire à la rédemption... et peut-être même à l'amour...

Il n'est jamais facile de retrouver un ami d'enfance, Philippe (Patrick Bentley), bien des années après une dispute qui a cassé de précieux liens, au fond d'un lit, mutique et immobile, enfermé dans son lock in syndrome... Cette expérience, Louis (Francis Perrin) va la vivre, aidé par une jeune aide-soignante, Mathilde (Gersende Perrin), mais aussi par le cours de la vie qui, inexorablement poursuit son fil fait de joies et de peines...

Alors que c'est Louis qui est debout, rien de marche autour de lui...

Crédit : Photo Lot

Une femme, deux hommes, une vieille histoire d'amitié brisée, une histoire d'amour à naître ?

Le texte de Lilian Lloyd déroule en effet une heure et demie durant tout ce qui fait une vie : amitié, amour, séduction, trahison, humour, tristesse, deuil, espoir... Bien que cela se passe dans un hôpital et que Philippe soit un gisant, il y a terriblement de la vie car Louis n'en manque pas. Cependant, alors que c'est lui qui est debout, rien de marche autour de lui... Sa vie est chaotique, faite de mensonges et de trahisons, de coups de gueule qu'il dit ou voudrait dire et de coups du sort qui ne l'épargnent pas... Peu à peu, les visites qu'il fait à son ami nous éclairent sur le passif qui existe entre eux. Ils ont aimé la même femme, Claire, épouse disparue de Philippe, cause de leur dispute qui semblait jusque-là rédhibitoire.

Mais Claire morte et Philippe en passe de l'être, change bien des choses. Il faut dire, se décharger de la culpabilité, trouver les mots, faire le pitre pour ne pas en pleurer … Bref il faut se réconcilier avant qu'il ne soit trop tard et pour cela il ne reste à Louis que le monologue mais aussi l'usage d'un petit alphabet spécifique pour communiquer via des clignements de paupières de Philippe...

Crédit : Photo Lot

Faire le clown pour éviter de pleurer. Se déguiser pour éviter d'être soi-même...

Mathilde, l'aide-soignante, fait office de médiateur entre les deux amis. Pleine d'humanité et de bon sens, elle relativise, concrétise, relie ce qui paraissait cassé. Elle saupoudre de légèreté le quotidien des deux hommes par de petits gestes, de petits mots qui apaisent. Sa candeur émeut Louis, l'humanise, le réveille alors que Philippe s'endort pour toujours... Quand à la notion de l'arbre penché, elle est, selon l'auteur, essentielle car l'arbre est toujours là, avant nous, après nous, entouré lui aussi de ses congénères avec qui il doit faire sa vie, avec qui il doit composer, sur du long terme, malgré les tempêtes et les coups de vent... Qui penche mais ne rompt pas. L'arbre est la métaphore, celui qu'on invente pour créer un décor imaginaire mais tellement utile à l'autre, ou dont on coupe les branches pour y voir plus clair...

Dans cette comédie douce amère, Francis Perrin, drôle et sensible, nous enchante. Il le dit lui-même : Voilà bien un rôle pas facile, décliné par de nombreux comédiens... Le sujet peut en effet déranger, réveiller des choses embarrassantes et douloureuses. Moi, je prends la vie « plein la gueule », mais avec du recul et de l'humour, elle est belle.... Au-delà du handicap et des sales histoires qui encombrent parfois une vie, la rédemption est possible. L'important n'est-il pas d'aimer et de se le dire avant qu'il ne soit trop tard ? 

Regarder et écouter Francis Perrin parler de la pièce...

Ecouter également Francis Perrin disserter autour de la pièce lors de son passage dans l'émission « On va tous y passer » le 24 janvier 2014 sur France Inter.

« Comme un arbre penché » de Lilian Lloyd sur une idée de Michel Leeb. Théâtre La Bruyère, Paris 9e du mardi au samedi à 21h - matinée samedi à 15h. Mise en scène Jean-Luc Tardieu, décor Pierre-Yves Leprince, costumes Virginie Houdinière, lumières Jacques Rouveyrollis avec Francis Perrin, Gersende Perrin et Patrick Bentley

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Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com

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