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A voir - La Lionne ou l'Autruche

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Isabelle Sebagh a réalisé "La Lionne ou l'Autruche", un court métrage de sensibilisation au dépistage du cancer du sein, tiré de sa propre expérience. Le film, élégant tout autant qu'efficace, a reçu le 22 octobre 2014, le 1er prix "Talents de patients" organisé par le Leem (1). Son but : inciter les femmes à se faire dépister, vaincre leur peur ou leurs idées reçues...

A voir la Lionne et l'autruche

Un court-métrage de sensibilisation au dépistage du cancer du sein

Isabelle Sebagh, la réalisatrice de ce court métrage "La Lionne ou l'Autruche", a 54 ans. En rémission depuis 6 mois, sa créativité est une manière de rendre hommage au personnel de Gustave Roussy. Soignée à l'Institut, Isabelle a été surprise et touchée de bénéficier de tant d'humanité et de considération, elle qui pensait se rendre à l'abattoir. Isabelle Sebagh s'est en effet vue diagnostiquer un cancer du sein de stade 3, il y a un an et demi. Ce cancer aurait pu être détecté plus tôt si comme elle le dit aujourd'hui, si elle n'avait pas fait "l'autruche" mais la "lionne", affronté sa peur et réalisé les mammographies en temps et en heure.

Ce court métrage est également pour elle une manière élégante et efficace, avec douceur, sensibilité et réalisme, de transformer son expérience en quelque chose d'utile en incitant les femmes à se faire dépister. C'est à sa rémission qu'elle décide de réaliser ce film encouragée par son oncologue le Dr Mahasti Saghatchian. A la question "Pourquoi témoignez-vous ?", posée lors de la remise du Prix Talents de Patients, le 22 octobre dernier, elle répond ceci : A mon dernier rendez-vous en avril 2014, avec ma cancérologue, je lui ai demandé pensez-vous qu'il serait utile de faire un court métrage de prévention du cancer du sein ?" Elle m'a répondu "vous sauverez des vies !" Je l'ai prise au mot et dès le 1er juin 2014 j'ai écrit la première ligne de ce court métrage. Aujourd'hui ce film existe et représente ma vision de cette traversée du désert.

La lionne ou l'autrucheLa fiction, d'une durée de 7 min, en partie tournée à l'institut Gustave Roussy, présente deux femmes, deux amies, face à l'éventualité d'un cancer du sein. La mammographie de dépistage reste une épreuve pour l'une, une délivrance pour l'autre.. Affronter ou fuir... de peur que... Savoir que l'on n'a rien ou imaginer le pire ? Traîner sa peur ou brandir son courage ? On l'aura compris, l'une affronte l'examen, c'est la Lionne car, dit-elle, j'ai eu un cas un peu difficile dans ma famille, je sais que le temps c'est important, plus tu prends la tumeur à temps, plus le traitement est léger et plus tu as de chance de t'en sortir. L'autre, l'Autruche, gamberge, ne veut pas en entendre parler, se voit déjà malade, en chimio, Elle finit par faire le nécessaire, consciente de la nécessité du dépistage et piétinant l'idée même que faire une mammographie donne le cancer...

Inciter les femmes à se faire dépister, c'est pour elles une façon de se sentir vivantes et libérées du poids du doute. Le film le montre bien, mêlant à la fois des images d'hyperféminité par le biais de fugaces scènes de danse qui viennent rompre et rythmer la fiction. In fine, Confucius éclairera le propos de sa pensée On a deux vies, et la deuxième commence quand on prend conscience qu'on en a qu'une...

Regardez le court métrage d'Isabelle Sebagh "La Lionne ou l'Autruche"

• « La Lionne ou l'Autruche », réalisé par Isabelle Sebagh, Huis Clos films en coproduction avec NOSH. En partenariat avec NATIXIS et Samsung santé, scénario et dialogues Isabelle et Jean-Pierre Sebagh.

Note

  1. Talents de Patients met en avant l’inventivité, la richesse d’expression, la capacité à transmettre de patients confrontés à la maladie dans leur volonté de vivre et de faire vivre toute la palette d’émotions qu’ils ont traversée.
Creative Commons License

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (1)

martinebronner

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1 commentaires

#1

pas d'accord

Prudence, prudence. Une réalisatrice qui produit un film suite à sa maladie, je comprends. Mais attention à l'activisme émotionnel, dépistage n'est pas prévention. Et malheureusement le dépistage organisé d'année en année témoigne de son peu de résultats en terme de gain de mortalité et en revanche d'un important surdiagnostic et de ce fait surtraitement. je me permets de vous renvoyer vers le site (soutenu par la HAS et l'inserm entre autres) de la Cochrane France et d'y lire leurs conclusions. renvoi également vers les conclusions du très sérieux magazine "prescrire" et vers le formindep.
Octobre rose, c'est surtout du charity business... c'est dommage mais c'est comme ça. tentons de ne pas être dupes.