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L’accueil inconditionnel : la garantie de la rencontre

Cet article fait partie du dossier :

Le métier de sage-femme

Christophe Peiffer, infirmier libéral, partage son temps entre son activité soignante et celle de consultant en relations humaines et communication. Il anime un blog intitulé le Blog des Rapports Humains. Membre du comité de rédaction d'Infirmiers.com, il partage aujourd'hui avec nous l'une de ses analyses sur « l'accueil inconditionnel », celui qui doit s'opérer au moment de la rencontre entre deux individus.



salle attente patientsEn relisant mes derniers billets, j’ai constaté avoir abordé une notion que je n’avais pas encore approfondie sur ce blog et qui me semble pourtant être la base de toute relation de qualité dans les rapports humains et la communication. Je veux parler de l’accueil inconditionnel. Pour ne rien vous cacher, je me suis aperçu que j’avais encore un bon stock de sujets que je n’avais pas encore traités. Et moi qui me plaignait d’être en manque d’inspiration ces derniers temps…

La guerre du feu

J’ai lu un jour un article qui expliquait comment un individu peut se faire une opinion d’une autre personne qu’elle rencontre pour la première fois, en seulement 15 petites secondes. Ce mécanisme est bien entendu archaïque et demeure dans notre inconscient depuis l’époque où nous vivions avec des peaux de bêtes en guise de vêtements et que la seule vue d’un étranger à notre clan suffisait à le considérer comme un potentiel ennemi (comment ça, certains en sont encore au même stade aujourd’hui ?!?)
Ce mécanisme instinctif n’est ni bon, ni mauvais en soi. Il nous a servi à une certaine époque à évaluer le danger auquel était confrontée notre tribu. Il a peut-être même « sauvé les miches » à quelques-uns de nos ancêtres.
Ce qui se passe lors de ces 15 secondes où notre interlocuteur est scanné se situe au niveau de notre ressenti et pourrait se traduire verbalement par quelque chose du genre: « Ce type me parait OK (…ou pas) ».

N’oublions pas non plus que si nous nous faisons une opinion instinctive de lui, il s’en fait une sur nous dans le même intervalle ; nous descendons tous de la même famille poilue, chers lecteurs. Ce ressenti est donc quelque chose de naturel, d’instinctif, qu’il convient d’accepter pour ce qu’il est, mais qui fait désormais un peu « oldschool » en termes de relations humaines.
L’idée est alors d’aller voir ce que nous pouvons chercher au-delà de ce laps de temps de 15 secondes.
Prendre conscience de ce que nous ressentons au moment de la rencontre et l’accepter est une étape importante dans l’entrée en relation. Cette phase nous permet en effet de prendre un peu de recul sur nous-mêmes et favorise l’ouverture à l’autre. La deuxième phase, celle de l’accueil inconditionnel, peut alors commencer.

Une posture d’ouverture bienveillante

La base d’un accueil inconditionnel est le non-jugement, l’absence d’interprétation ou d’a priori. Pas facile, me direz-vous, surtout quand notre ressenti nous donne des informations contraires !! J’entends souvent dire qu’il faut écouter son ressenti, que lui ne se trompe jamais… Je suis en partie d’accord avec ça, et en même temps, je connais très peu de personnes qui soient suffisamment à l’écoute de ce qu’il se passe dans leur corps pour en tirer des informations utiles et valides. La plupart confond ce fameux ressenti avec ce qui est simplement de l’ordre de l’intuition cognitive influencée par le spectre de leurs croyances. Ce n’est alors ni plus ni moins que des interprétations (sous-entendu abusives).
A l’inverse, il ne s’agit pas non plus d’être dans le monde de Oui-Oui et d’être en béatitude lors d’une première rencontre avec un de nos semblables. Les têtes à claques sont parmi nous au même titre que les envahisseurs de David Vincent... Je vous recommande à ce sujet l’excellent article d’une consœur que j’ai déjà citée sur ce blog, Sylvaine Pascual, à propos d’un concept dont elle a la primeur: le bocal à con (j’ai adoré)

Je pense que le juste milieu se trouve dans cette posture d’ouverture bienveillante et de création d’un espace relationnel où l’autre peut commencer à livrer une partie de ce qu’il est. C’est là que l’accueil prend tout son sens. Ecouter, s’intéresser, questionner (sans être dans l’interrogatoire policier), reformuler, acquiescer, sourire, regarder dans les yeux, voilà quelques actions qui favorisent l’accueil inconditionnel. Le tout saupoudré d’un ingrédient essentiel : la congruence (faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait). Cette posture permet alors non seulement de rassurer le Cro-Magnon qui vit en chacun de nous, mais aussi d’en savoir un peu plus sur notre interlocuteur et ainsi considérer avec un peu plus d’objectivité si ses valeurs, ses motivations ou son fonctionnement sont en cohérence avec l’objectif de notre relation. Le niveau d’implication relationnel sera de fait ajusté à ce qui est bon pour lui, bon pour nous et bon pour le système que nous formons.

Pour conclure

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Ainsi, le non-jugement, l’absence d’interprétation et d’a priori sur soi-même sont les mêmes éléments à cultiver au quotidien pour (s’a)cueillir en toute sérénité.

Christophe PEIFFER
Infirmier libéral
Consultant en relations humaines & communication
chris.peiffer@ressourcia.com

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Commentaires (4)

moutarde

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493 commentaires

#4

Réponse

Merci pour la réponse et sa transmission ainsi que de la prise en compte du malaise que ce type de pratiques non éprouvées, pour certaines apparentées dérives sectaires par la MIVILUDES et d'autres organisations, peut générer chez des professionnels de santé mais pas seulement. Surtout dans nos toujours plus importants troubles de la santé au travail et la multitude de "coaching professionnel" qui émerge car le secteur est juteux....

D'ailleurs, je suis effarée par les tarifs des consultations qui sont tout simplement scandaleux même si cela relève d'un choix personnel mais dont on sait qu'il n'est pas forcément éclairé.

Il serait donc en effet et à mon avis plus prudent à l'avenir que Infirmiers.com laissent les internautes procéder à leurs recherches sur ces pratiques et leurs auteurs, s'ils sont intéressés en supprimant les liens vers les blogs personnels et les lieux d'exercice (car avec le nom de la localité, il n'y a rien de plus simple que de trouver la personne). D'ailleurs, il y avait déjà eu de mêmes précédents sur ces pages avec d'autres professionnels IDEL par ailleurs. D'où mon embarras...

Bernadette Fabregas

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247 commentaires

#3

En réponse aux commentaires

Christophe Peiffer a souhaité répondre aux commentaires des internautes, et je l'en remercie. Voici sa réponse :

Bonjour,
Souhaitant sincèrement prévenir toutes interprétations erronées et relatives à mon activité sur le site infimier.com, je me permets de répondre à certains commentaires publiés à la suite de quelques uns des articles dont je suis l'auteur.

Tout dabord, je voudrais partager mon sentiment de compréhension vis-à-vis de ce type de réactions et les trouve même utiles. En effet, devant l'émergence de nouvelles pratiques professionnelles, à la réputation souvent galvaudée, il est normal et même sain que des personnes s'insurgent et soient garantes d'un cadre réglementaire sécurisant et impartial. C'est grâce à eux que nous pouvons travailler dans le sens de la professionnalisation du métier de coach et des outils employés pour le faire.

Concernant mon engagement auprès du comité de rédaction de ce site, celui-ci a été soumis au départ à l'analyse et à la responsabilité de la rédactrice en chef. Cette dernière m'a donc proposé d'intervenir ponctuellement en connaissant mes différents domaines d'activité. De plus, ces publications (toutes issues du blog dont j'ai la complète responsabilité de contenu) sont vérifiées et approuvées avant la mise en ligne sur le présent site. Je n'ai donc pas « la main » pour publier des articles directement.

Mon objectif principal est la contribution et le secondaire est le partage. En aucun cas, je ne souhaite faire de la publicité via ce site. Pour être tout à fait transparent, je n'ai pas besoin de cela. Si mon nom est cité et la provenance du billet mentionné, je crois que c'est par simple respect de citation des sources. Mais si cela peut aider à clarifier encore plus la situation et éviter les polémiques, je préciserai la prochaine fois que je ne souhaite pas que des liens soient faits vers mon blog.

Concernant l'adresse qui est mentionnée sur le blog, il ne s'agit absolument pas de mon adresse professionnelle en tant qu'infirmier. Une simple recherche sur les pages jaunes aurait évité ce type d'erreur de jugement. Je fais particulièrement attention à cloisonner mes deux activités pour éviter ce type de jugement et être en règle auprès des autorités.

En outre, je pense être suffisamment sain d'esprit pour exercer mes différentes activités professionnelles dans le respect des codes de déontologie auxquels je suis attaché. Je pense aussi être assez lucide pour me tenir éloigné des différentes dérives nuisibles, dont je ne nie pas l'existence, mais qui deviennent de plus en plus marginales compte tenu des efforts des fédérations professionnelles de coaching pour structurer et professionnaliser le métier. Etant président d'une antenne régionale de l'ICF (international Coaching Federation) j'ai la responsabilité de veiller au respect de ces règles.

Je remercie donc les différents auteurs vigilants et passionnés sur le site de m'avoir permis, grâce à leurs commentaires, de pouvoir ainsi clarifier une situation qui me gênait, car m'identifiant à quelque chose auquel je ne m'identifie pas.

Je reste bien entendu à leur disposition en privée s'ils souhaitent échanger avec moi sur ce sujet.

À bientôt
Bien à vous
Christophe

loulic

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252 commentaires

#2

Bigre !

Non seulement les théories avancées par ce charmant monsieur sont complètement fumeuses et charlatanesques.

Mais encore il s'offre une belle page de pub sur ce site.

moutarde

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493 commentaires

#1

PUB or not PUB ?

Je m'étonne et je ne suis pas la seule... que certains auteurs d'articles fasse l'auto promotion de leurs activités sur ce site, dans ces pages.

Par ailleurs, se présenter comme IDE et plus particulièrement comme IDEL en précisant la domiciliation professionnelle peut s'apparenter il me semble à de la publicité déguisée.

Enfin, certaines activités de "relation d'aide" hautement tarifées mais insuffisamment éprouvées, sont apparentées par la MIVILUDES à des dérives sectaires... comme la PNL ou autres méthodes de coaching personnel ou professionnel.

Bien sûr ces avis n'engagent que moi.