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L’affaire Vincent Lambert trouvera-t-elle bientôt un épilogue ?

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Ethique et soin

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Après une suspension à durée indéterminée, la procédure collégiale visant à déterminer le devenir de Vincent Lambert va reprendre, suite à une décision judiciaire récente. Nouveau rebondissement dans une affaire qui, bien que traitant d’un sujet hautement éthique, dure depuis trop longtemps et mobilise beaucoup de moyens et d’énergie.

L’actualité récente nous renvoie une nouvelle fois au devenir de Vincent Lambert, ce patient pour lequel la réflexion visant à le maintenir, ou non, en vie après plusieurs années d’état végétatif va reprendre, après une décision de justice.

Le Chef de service forcé de suspendre la procédure collégiale

patient fin de vie lit d'hôpital

Le justice relance la réflexion dans l'affaire Vincent Lambert

Tétraplégique et dans un état végétatif après un accident de la route en 2008, Vincent Lambert, 39 ans, est le centre d’une bataille juridique familiale. L’ancien chef de service de médecine palliative du CHU de Reims, le Dr Eric Kariger, avait décidé en janvier 2014 d’arrêter son alimentation et son hydratation artificielles, afin d’éviter de faire de l’acharnement thérapeutique, ce que le Conseil d’État et la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avaient validé respectivement en 2014 et 2015. Un temps menacé de représailles par une partie de la famille du patient, le chef de service a été remplacé par le Dr Daniéla Simon, qui a souhaité réétudier le dossier aux moyens d’une nouvelle procédure collégiale, mais a décidé de la suspendre pour une durée indéterminée, les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires n’étant pas réunies selon le CHU.

Le justice relance la réflexion

La Cour Administrative d’Appel (CCA) de Nancy a jugé, le 16 juin 2016, cette suspension illégale. Elle a donc ordonné la reprise de la procédure de concertation, exhortant le CHU à donner les moyens nécessaires au Dr Simon pour mener à bien ce processus. La CCA précise en outre que sa décision ne concerne que la reprise de la concertation et ne préjuge en rien de l’issue de cette procédure. Autant dire que la bagarre familiale va bientôt reprendre et que les « moyens nécessaires » que proposera par le CHU devraient comporter des dispositifs de protection, sinon physiques, du moins psychologiques pour les membres de la procédure collégiale, au sein de laquelle figurent, entre autres, des membres de l’équipe soignante de Vincent Lambert. Ces derniers ne devraient pas tarder, de nouveau, à faire l’objet de pressions en tous genres de la part des membres de la famille opposés à un éventuel arrêt des soins.

Une affaire qui tarde à trouver un épilogue

Cette affaire traite un des sujet les plus graves que puisse connaître le monde sanitaire sur le plan éthique. La décision finale peut en effet, bien évidemment, faire jurisprudence et ouvrir la voie, diront certains, à une banalisation de l’euthanasie. Elle ne doit donc pas être menée avec légèreté. Mais combien de procédures judiciaires, de concertations médicales ou de réflexions éthiques a-t-elle dû mobiliser, depuis huit ans que ce pauvre garçon vit à l’état dit « de légume » ? Et combien de temps cela va-t-il encore durer ? Quand on sait que les bureaux des juges croulent sous les dossiers non traités, que les temps médicaux sont loin d’être extensibles ou que les gardiens du temple, Comité Consultatif National d’Éthique en tête, sont accaparés par leurs réflexions haut combien fondamentales sur la génomique et le séquençage de l’ADN à haut débit notamment, on a l’impression d’un beau gâchis. Car cette histoire liée au maintien en vie, ou non, de Vincent Lambert aurait dû trouver un épilogue beaucoup plus rapidement.

Mais dans ce domaine comme tant d’autres, lorsque les responsabilités se diluent, les décisions sont plus difficiles à prendre…

Rédacteur en chef www.cadredesante.com bruno.benque@cadredesante.com

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