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Agnès Buzyn veut repenser l'organisation territoriale des soins

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Compétences infirmières

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Le 6 février dernier, Convergence infirmière, syndicat d'infirmiers libéraux, a signé une charte permettant la mise en place d'un plan de renforcement de l'accès aux soins sur le territoire. Ce document, sorte de contrat entre l’État et les syndicats représentatifs des professionnels de santé, les engage mais ne les dispense pas de rester vigilant, ont-ils souligné dans un communiqué. En parrallèle, le mardi 13 février, le gouvernement a annoncé ses priorités pour réformer l'hôpital et le système de santé. L'organisation territoriale des soins faisait partie des principaux chantiers évoqués. 

clé pour meilleur accès aux soins

Pour lutter contre la désertification médicale et permettre l'accès aux soins à tous, le ministère des Solidarités et de la Santé met en place un plan de renforcement territorial.

A première vue, le phénomène de désertification médicale prend de l'ampleur. Les mesures mises en œuvre pour inciter les médecins à s'installer dans des zones défavorisés n'ont pas eu l'impact escompté. Au contraire, les déserts médicaux se multiplient. C'est pourquoi la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a réuni les principaux acteurs (professionnels de santé, associations d'élus locaux, patients) afin de lancer un premier comité de pilotage national du plan de renforcement de l'accès territorial aux soins et de ratifier une charte pour la mise en oeuvre de ce plan. Parmi ces signataires figurent les trois syndicats d’infirmiers libéraux représentatifs de la profession (Convergence infirmière -CI-, la Fédération nationale des infirmiers -FNI-, et le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux -SNIL-). 

Un plan de renforcement ambitieux

Les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous s'accroissent de manière constante, difficultés pour joindre un médecin après 17 h ou durant les périodes scolaires, force est de constater que les obstacles rencontrés par la population en matière d'accès aux soins sont réels.

Face à ce bilan, la ministre s'est montré très volontariste et désire un changement de paradigme en matière d'accès aux soins. Ainsi, il s'avère nécessaire de permettre une formation de niveau master aux infirmiers afin d'élargir leurs compétences, d'organiser le travail par le biais de protocoles de coopération et de raisonner en temps médical accessible pour un territoire donné et non plus en termes de médecins installés dans cette zone. Par ailleurs, il est envisagé d'inscrire la télémédecine dans le droit commun et de favoriser les synergies entre professionnels autour du patient via des dynamiques issues du terrain avec l'aide, si besoin, des élus locaux et des ARS. Enfin, en ce qui concerne plus spécifiquement le corps médical, il est question d'alléger les cotisations dans le cadre du cumul emploi-retraite et de mettre en place des stages en milieu libéral pour les étudiants en médecine.

 Le mot d'ordre de Convergence Infirmière est clair : méfiance...

Le souhait d'un maillage infirmier homogène sur le territoire

Soucieux d'établir « un maillage infirmier homogène » dans l'ensemble des secteurs et sur tout le territoire, le syndicat Convergence Infirmière a signé la charte relative à ce plan de renforcement de l'accès aux soins tout comme le SNIIL et la FNI.  En effet, si les IDE et l'ensemble des soignants parviennent a s'organiser, les IDEL comme les autres professionnels de santé pourront apporter au mieux, leur aide aux patients vivant dans les territoires qui manquent de médecins. La condition reste de travailler en lien avec le praticien, indépendamment de sa situation géographique, notamment via des outils digitaux connectés.  

Toutefois, si ce plan paraît une bonne initiative pour le syndicat, il demeure prudent. Le syndicat Convergence Infirmière reste donc très méfiant face à ces nouvelles perspectives et l'affirme clairement dans son communiqué. Néanmoins, via ce comité de pilotage, un pas a été franchi pour que tous les acteurs concernés puissent réfléchir afin d'optimiser l'accès aux soins dans les régions défavorisées.

Refonte du système de santé : restructurer les soins de ville

Ce mardi 13 février, le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn se sont exprimés sur les réformes du système de santé lors d'un déplacement à l'hôpital d'Eaubonne, dans le Val d'Oise. Dans cette refonte globale de l'offre de soins, il paraît nécessaire de repenser l'organisation des soins au niveau territorial. Outre le dévelopemment du numérique, ou de la télémédecine, il faut aller plus loin !

Dés cette année, les tarifs hospitaliers intégreront une forte incitation à la médecine ambulatoire car, selon le gouvernement, il est temps d'étendre le virage ambulatoire à la médecine, la chirurgie n'étant pas la seule concernée. Pour se faire, une mission de simplification des démarches administratives sera lancée au premier trimestre 2018. D'autre part, il est important d'organiser la continuité des soins et de mieux se coordonner avec le secteur médico-social. De même, d'ici la fin de l'année 2018, un appel à projet sera lancée pour proposer des modèles d'organisations nouveaux sur 3 à 5 territoires qui prendront en charge la santé d'une population entière tissant des liens enntre la ville et l'hôpital.

Enfin, une réflexion sur les condtions de travail sera engagée, avec notamment la mise en place d'un observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé.

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Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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