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"Nous alertons nos tutelles depuis plus de trois mois maintenant car l'exaspération est à son comble !"

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Olivier Youinou, infirmier anesthésiste et co-secrétaire général de Sud Santé AP-HP, intervenait en direct sur France Culture ce mercredi à 12h45 alors que s'ouvre aujourd'hui le congrès Urgences 2019 auquel la présence d'Agnès Buzyn n'est toujours pas confirmée... Il a expliqué, une fois encore, le mouvement de grève massif et inédit des services d'urgence et notamment la grève surprise qui a eu lieu dans la nuit du 3 au 4 juin à l'hôpital de Lariboisière, à Paris, et où l'équipe de nuit des urgences s'est mise en arrêt maladie et ne s'est pas présentée à son poste, ce qui est rarissime.

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"Nous savons que le grand public est à nos côtés, il connait nos difficultés mais aussi notre sens du devoir, notre engagement à être toujours à son service".

"Précisons d'emblée une chose, l'équipe de nuit "ne s'est pas mise en arrêt maladie", chacun des soignants a été arrêté par le médecin jugeant son état de santé incompatible avec une prise de poste. Cela fait trop longtemps que ça dure avec des réquisitions de personnels répétées. Nous alertons nos tutelles depuis plus de trois mois maintenant car l'exaspération est à son comble. Manque d'effectifs, salaires insuffisants, les revendications sont connues mais ne trouvent pas l'oreille attentive d'Agnès Buzyn. Elle persiste à traiter la situation avec mépris, tentant de jouer la division entre professionnels, parlant de "dévoiement", de "fautes professionnelles" alors qu'elle refuse de recevoir les personnels des urgences afin d'écouter leurs plaintes. Alors oui, le ras-le-bol est tel qu'il faut imaginer de nouveaux moyens de pression. Il y a demain une manifestation nationale à l'appel des paramédicaux et certains collègues sont prêts à s'injecter de l'insuline devant le ministère des Solidarités et de la Santé si Agnès Buzyn refuse de recevoir une délégation du collectif inter-urgences. C'est gravissime. Nous savons que le grand public est à nos côtés, il connait nos difficultés mais aussi notre sens du devoir, notre engagement à être toujours à son service. Former 400 urgentistes par an comme le dit Agnès Buzyn est très loin d'être suffisant, il en faudrait au moins 1200 rien qu'à l'AP-HP pour que le niveau d'effectifs soit à la hauteur de l'activité des urgences. Non, sérieusement il faut recruter massivement et sans attendre et surtout revoir les grilles salariales : rappelons que la France reste l'un des états membres de l'OCDE qui paie le plus mal ses professionnels paramédicaux. L'ensemble des hospitaliers regarde avec attention ce mouvement qui tous les jours grandit un peu plus, il n'est qu'une illustration des revendications partagées de tous et il se pourrait bien, compte-tenu du contexte général hospitalier très dégradé, qu'il se généralise".

Le Syndicat Coordination Nationale Infirmière (CNI), qui dénonce ces situations depuis des années, refuse, lui aussi, de les voir perdurer. Par voie de communiqué , il exige des mesures immédiates pour donner aux établissements les moyens humains et matériels de prendre en charge les usagers. Les patients et les soignants sont victimes de situations qui se dégradent depuis des années, cela doit cesser. A ce titre, la CNI qui vient de changer de bureau directeur avec une toute nouvelle présidente, Céline Laville, soutient les mouvements du collectif inter-urgences du 6 juin 2019.

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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