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A l'Assemblée, des infirmiers plaident pour un master en psychiatrie

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Les représentants de deux syndicats infirmiers - (SNPI-CFE-CGC et CNI), auditionnés le 22 février 2013 par la mission d'information sur la santé mentale et l'avenir de la psychiatrie de l'Assemblée nationale, ont plaidé pour la création d'une spécialisation infirmière en psychiatrie de niveau master (bac+5).

adolescente psychologue consultationLa mission doit rendre ses conclusions en juin 2013. Son rapporteur, Denys Robiliard (PS, Loiret), a mené les 21 et 22 février 2013 des auditions pour recenser les demandes de révision à la loi du 5 juillet 2011 sur les soins sans consentement en psychiatrie. Des dispositions concernant les patients ayant fait l'objet d'une décision d'irresponsabilité pénale ou ayant séjourné en unités pour malades difficiles (UMD) doivent en effet être réformées avant le 1er octobre 2013, en raison d'une décision du Conseil constitutionnel d'avril 2012.

Depuis la suppression du diplôme d'infirmier de secteur psychiatrique (ISP), en 1992, la formation initiale en santé mentale des infirmiers ne s'effectue plus que dans le cadre des études de soins généraux, a rappelé Régine Wagner, membre du bureau national de la Coordination nationale infirmière (CNI). La formation actuelle, "assez réductrice et incomplète", néglige certaines bases théoriques, comme la psychanalyse, l'ethnopsychiatrie ou la psychopathologie, a-t-elle regretté. Les aménagements instaurés depuis 1992, comme la mise en place en 2006 d'un tutorat infirmier dans les services, ne sont "pas suffisants", a-t-elle ajouté.

Le syndicat réclame la mise en place, au niveau national, d'une formation spécialisée de niveau master permettant aux infirmiers d'acquérir une "expertise clinique et organisationnelle" en psychiatrie et santé mentale. Cette évolution irait de pair avec "un élargissement du champ d'exercice" des infirmiers psychiatriques, notamment en libéral, voire des transferts de compétences des psychiatres aux infirmiers.

Le secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI-CFE-CGC), Thierry Amouroux, a lui aussi soutenu l'idée d'un master spécialisé, tout en soulignant que les syndicats ne souhaitaient pas un retour à l'ancien système à deux filières. Il a lui aussi pointé un problème de "perte de compétences" depuis 1992. Il a noté que le master de recherche en sciences cliniques en soins infirmiers de l'Université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines proposait une spécialisation en psychiatrie et santé mentale, mais a regretté qu'une telle formation ne permette pas aux professionnels de bénéficier d'une reconnaissance statutaire.

Audiences du JLD exclusivement à l'hôpital

Thierry Amouroux a cité d'autres priorités du SNPI pour réviser la loi du 5 juillet 2011. La première est que les audiences devant le juge des libertés et de la détention (JLD) aient lieu exclusivement dans les hôpitaux, et non pas au tribunal, comme cela a lieu dans une proportion importante des cas. Le SNPI demande aussi la fin de l'expérimentation des médiateurs en santé mentale, qui consiste à ce que d'anciens malades soient salariés et intégrés aux équipes de soins.

Thierry Amouroux a affirmé que le recours à la contention en psychiatrie tendait à augmenter en raison d'un "manque de personnel criant". La "perte de sens" qui en résulte engendre "un turn-over important" dans les équipes soignantes, a-t-il estimé. Thierry Alberti, membre du bureau de la CNI, a souligné que les infirmiers étaient très peu préparés, pendant leur formation initiale, à gérer des situations de violence. Effectuer des contentions ou des injections de force "n'est pas le quotidien de...

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Commentaires (2)

jeguevara

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1 commentaires

#3

La mission doit rendre ses conclusions en juin 2013.

Voilà mai 2013 passé depuis un petit moment. Où en est-on ?

Fred_IDE

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3 commentaires

#1

Et une licence ?

Avant de parler master il faudrait commencer par parler d'une licence (une vrai pas du bidonnage comme le "grade" licence)et d'une vrai fillière universitaire en sciences infirmière. Avec une reconnaissance statutaire (c'est à dire un vrai salaire niveau Bac+3)et pas une pseudo catégorie A.
Mais on est encore très très loin de cela puisque des infirmières acceptent d'ètre payées au SMIC.
Encore une fois que font les syndicats qui prétendent représenter la profession infirmière ?? (Il mangent des petits fours et boivent du champagne dans leur chateau comme la CGT peut-ètre).