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AVC : de l'importance d'agir vite

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Chaque année, la journée mondiale de l'Accident Vasculaire Cérébral (AVC) se déroule le 29 octobre. L'occasion de sensibiliser le grand public à la nécessité d'une prise en charge immédiate pour réduire la mortalité et les handicaps liés à cette pathologie.

Scan cerveau

A retenir impérativement : A.V.C.  Agir Vite C'est important

Une enquête Ipsos1 sur les Français et l'AVC révèle que moins d'un Français sur deux est capable d'identifier les symptômes d'un accident vasculaire cérébral. A l'occasion de la journée mondiale de l'AVC, le 29 octobre 2013, il semble donc important de sensibiliser le grand public à cette pathologie qui touche chaque année près de 150.000 personnes en France.

L'accident vasculaire cérébral est provoqué par l'interruption de la circulation sanguine vers ou dans le cerveau. Deux types d'AVC existent :

  • l'AVC ischémique (80 % des cas), qui se déclare lorsqu'un vaisseau sanguin est obstrué ;
  • l'AVC hémorragique (20 % des cas), qui apparaît lors de la rupture d'un vaisseau sanguin.

La survenue d'un AVC est brutale. Toutefois, certains signes brefs et régressifs sont facilement identifiables et doivent alerter :

  • un engourdissement, une faiblesse ou paralysie brutale d'une partie ou de la moitié du corps ;
  • des difficultés à parler ;
  • des troubles de la vision et de l'équilibre, de la coordination ou de la marche ;
  • un mal de tête sévère et soudain n'ayant aucune cause connue ;
  • une perte de conscience.

A.V.C.  Agir Vite C'est important

Lorsque ces symptômes apparaissent, il est nécessaire d'appeler rapidement le 15 afin que la prise en charge soit immédiate. Le Pr Therry Moulin, président de la Société Française NeuroVasculaire (SFNV) souligne que chaque minute perdue, c'est deux millions de neurones détruits. La prise en charge doit intervenir idéalement dans les 90 minutes suivant l'AVC et au grand maximum dans les 4 heures et demi. Notons qu'après un premier AVC, le risque de récidive est important d'après les résultats de l'étude Ifop/Bayer HealthCare. Il est en effet estimé entre 30 et 45 % à cinq ans. Des séquelles motrices et intellectuelles peuvent également apparaître.

Chaque minute perdue, c'est deux millions de neurones détruits.

Une pathologie qui touche de plus les moins de 65 ans

Une étude publiée le 24 octobre 2013 par la revue médicale britannique The Lancet révèle que les accidents vasculaires cérébraux ont augmenté chez les 20-64 ans de 25 % en 20 ans. Le nombre d'AVC de cette tranche d'âge est ainsi passé de 25 % en 1990 à 31 % en 2010. D'après les résultats de l'enquête, 16,9 millions d'AVC sont survenus en 2010 dans le monde. Le Pr néo-zélandais Valery Feigin, qui a dirigé l'étude, estime que le fardeau mondial lié aux AVC augmente très vite et il nous faut rapidement mettre en œuvre à l'échelle mondiale des stratégies de prévention, de gestion et de réhabilitation qui soient à la fois abordables et acceptables culturellement.

Rappelons que le risque d'être frappé par un AVC peut s'atténuer en adoptant une bonne hygiène de vie, et notamment en :

  • évitant le tabagisme ;
  • faisant de l'exercice au moins trente minutes par jour ;
  • ayant une alimentation équilibrée.

L'éducation thérapeutique pour mieux vivre avec sa maladie

Certains hôpitaux, notamment le CHU de Montpellier, proposent des séances d'éducation thérapeutique afin de répondre aux interrogations des patients présentant un facteur de risque élevé de faire un AVC et/ou ayant déjà été touché par un AVC. Angélique Lienhardt, infirmière-coordinatrice et membre du ChronEduc LR, un réseau dédié à l'éducation thérapeutique du patient en Languedoc-Roussillon, explique que ces séances se déroulent soit individuellement avec un professionnel de santé, soit collectivement avec d’autres patients présentant les mêmes problématiques de santé comme la fibrillation atriale (FA) et deux soignants éducateurs qui animent l’atelier pédagogique. On y aborde le traitement anticoagulant pour les personnes souffrant de FA, l’importance de le prendre, le but de ce traitement et les effets secondaires afin que le patient vive mieux avec sa maladie et ne présente pas de complications. Le Pr Jean-Marc Davy, cardiologue au CHU de Montpellier, considère que bien impliquer les patients dans leur traitement est un facteur majeur de cohérence de traitement, d’acceptation des médicaments et d’une meilleure observance.

Une séance d'éducation thérapeutique au CHU de Montpellier

Alors que les cas d'accidents vasculaires cérébraux sont en augmentation depuis une vingtaine d'années, il semble important de reconnaître les symptômes de cette pathologie pour éviter le pire...  D'autant plus lorsque l'on sait que deux Français sur trois déclarent connaître une personne ayant déjà été touchée par un AVC...

L'AVC en chiffres

  • L'AVC est la troisième cause de mortalité chez les Français.
  • 33.000 personnes, victimes d'un AVC, meurent durant le premier mois.
  • L'AVC est la première cause de handicap acquis de l'adulte - 34% ne peuvent plus marcher - et la deuxième cause de démence après la maladie d'Alzheimer.
  • Une personne sur quatre atteinte d'un AVC décède dans un délai relativement court.
  • Une personne sur deux survit mais doit faire face à des handicaps plus ou moins importants.
  • Une personne sur quatre s'en sort sans séquelles.

Note

  1. Enquête Ipsos/Boehringer réalisée par Internet entre le 31 juillet et le 29 août 2013 auprès de 1.018 Français.
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Aurélie TRENTESSE Rédactrice Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com

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