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AME : "On parle beaucoup d'abus" mais il y a surtout "des fantasmes"

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Une infirmière du Collectif Inter-Urgence s'est exprimée jeudi 19 septembre dans l'émission "Vous avez la parole" sur France 2. Le thème de l'émission politique présentée par Thomas Sotto et Léa Salamé, ce jour-là, était celui de l'immigration et réunissait autour de la table, notamment, Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France, mais aussi des personnalités de tous horizons, dont cette soignante, Yasmina Kettal. Elle a (notamment) répondu, sans le citer, aux propos de Stanislas Guérini, délégué général de LREM, qui avait évoqué des cas d'abus concernant l'Aide Médicale d'Etat. 

infirmière Collectif Inter-Urgences

Capture d'écran de l'émission "Vous avez la Parole", sur France 2.

Revenant sur les propos d'Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes, qui avait souligné qu'on ne laissait pas mourir les gens aux urgences des hôpitaux français, Thomas Sotto se tourne vers l'infirmière. Vous pensez quoi de ce débat sur l'immigration ? On parle aussi beaucoup de l'aide médicale d'Etat (l'AME) qu'on va peut-être -ou pas- réformer, interroge le journaliste. Je ne suis pas là pour parler de l'immigration, répond Yasmina Kettal, infirmière du Collectif Inter-Urgences, expliquant qu'elle peut, en revanche, parler de l'AME. Effectivement, les gens ne meurent pas à la porte des hôpitaux mais par contre ils meurent dans les hôpitaux à cause des conditions d'accueil et de travail dans nos [établissements], commence-t-elle. Evoquant ensuite l'AME, l'infirmière explique qu'elle constate autour, pas mal de fantasmes. Quand on travaille au quotidien dans un service, notamment le mien, je travaille à Saint-Denis, on sait bien, qu'au delà des fantasmes, ce sont juste des gens qui sont malades, qui ont besoin de soins, et notre travail, notre mission de service public c'est ça, c'est de pouvoir soigner les gens sans distinction et sans [qu'ils aient] à donner soit une carte vitale soit quoi que ce soit à l'entrée pour pouvoir être soignés, confie-t-elle. 

C'est absurde la question de l'esthétique, on parle d'une femme qui a survécu à un cancer

C'est alors au tour de Léa Salamé d'interroger la jeune femme : Vous n'avez pas eu d'étrangers qui touchent l'AME qui sont venus pour se faire de [la chirurgie] esthétique, allusion aux propos de Stanislas Guérini dans la matinale de CNews au sujet de l'AME, le 10 septembre dernier. Le délégué général de Les Républicains En Marche (LREM) avait ainsi affirmé : J'entends qu'il peut y avoir des abus de l'utilisation de l'aide médicale d'Etat, par exemple, pour financer des prothèses mammaires. L'infirmière tient à remettre les choses à leur place : C'est absurde la question de l'esthétique, on parle d'une femme qui a survécu à un cancer et dont le protocole de soin, c'est bien de refaire un sein parce qu'on peut montrer une photo d'un thorax d'une patiente sans sein... ça fait partie des soins. Donc c'est pour ça qu'il y a beaucoup de fantasmes... On parle beaucoup d'abus mais en tant que professionnelle de terrain, je ne vois pas où est l'abus en fait. Je ne le saisis pas parce que je ne le vis pas au quotidien. Ce que je vois ce sont des gens malades qui ont besoin de soins et c'est notre mission, notre travail en tant qu'infirmiers, aides-soignants, médecins, de soigner les gens malades.

Au sujet de cette question des abus présumés autour de l'AME, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait assuré, mercredi 11 septembre sur BFMTV ne pas être au courant des pratiques avancées par Stanislas Guérini. Je ne sais pas pourquoi il (Stanislas Guerini) a pris cet exemple (...) Je n'ai aucune information particulière. Il y a toujours un travail pour lutter contre la fraude, mais pas particulièrement les prothèses mammaires (...) et en tous les cas ça ne m'a pas été rapporté, avait-t-elle affirmé.

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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