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Bilan positif d'une structure de HAD en psychiatrie dans le Tarn-et-Garonne

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Elle regroupe médecin, infirmiers, cadre, psychologue, secrétaire et assistant socio-éducatif. Elle accueille des patients d'accord pour être suivis et soignés à leur domicile ou sur leur lieu de vie.

La structure d'hospitalisation à domicile (HAD) en psychiatrie du centre hospitalier de Montauban a présenté un bilan positif après deux ans de fonctionnement, selon une étude exposée au neuvième congrès de l'Association de recherche et de soutien de soins en psychiatrie générale (ARSPG - Paris, du 22 au 25 mars 2011).

Une unité de HAD psychiatrique intersectorielle de cinq lits (puis 10 lits) a ouvert en avril 2010 au sein du CH de Montauban et couvre l'ensemble du département du Tarn-et-Garonne. Elle s'adresse à la fois à une population déjà suivie par les services de psychiatrie et à une population qui ne peut pas ou ne souhaite pas être traitée en hospitalisation complète.

Un bilan réalisé au 31 décembre 2010 montre que cette structure originale a suivi au total 136 patients avec une durée moyenne de séjour de 20 jours. Ces données concernent la période où cinq lits étaient disponibles mais depuis le 1er janvier 2011, les 10 lits sont fonctionnels, le nombre d'admissions sera donc à multiplier par deux environ sur 2011, a-t-on appris mercredi auprès du médecin coordinateur de la structure, le Dr François Olivier. Le prochain projet d'établissement du CH de Montauban devrait prévoir un développement de l'activité qui est actuellement à un niveau de 150% de "remplissage".

En amont, en aval ou à la place d'une hospitalisation

Les principales pathologies des patients admis en HAD étaient des troubles de l'humeur (42%), une psychose (23%) ou un trouble de la personnalité (11,5%). A l'issue du séjour en HAD, 86,5% des patients sont restés à domicile et 9% sont allés en hospitalisation classique.

Demandée par le psychiatre traitant ou par le médecin traitant, avec l'avis favorable du psychiatre traitant ou du secteur correspondant, la HAD s'adresse à des patients dont l'état clinique nécessite une hospitalisation, ne présentant pas de potentiel auto ou hétéro-agressif, et en accord pour être suivis et soignés à leur domicile ou sur leur lieu de vie par l'équipe de soins.

La HAD peut intervenir en amont d'une hospitalisation, en cas de décompensation débutante ou à fort risque de décompensation ou en alternative à l'hospitalisation complète si celle-ci est refusée ou impossible, en dehors des situations d'hospitalisation sous contrainte et si l'état du patient est compatible avec ce type de soins. Elle a aussi sa place en aval d'une hospitalisation, pour faciliter le retour à domicile et coordonner les soins d'aval. Sur 177 patients proposés pour la HAD entre l'ouverture de la structure en avril 2009 et décembre 2010, 41 patients n'ont pas été admis, pour des raisons cliniques dans la moitié des cas.

Des visites à domicile quotidiennes par un infirmier psychiatrique

Le fonctionnement de la structure HAD psychiatrique du CH de Montauban, qui dispose d'un financement de 600.000 euros annuels, repose sur une visite d'admission au domicile (cadre de santé/psychologue/assistante sociale), des visites quotidiennes ou pluriquotidiennes par un infirmier psychiatrique à domicile (une à trois visites par jour).

Un psychologue et une assistante sociale se rendent au domicile selon les besoins, ainsi que le psychiatre, "régulièrement". Une réunion quotidienne est organisée sur les dossiers du lundi au vendredi. Les soins sont assurés de 7 heures à 22 heures, avec une astreinte téléphonique à partir de 22 heures. La HAD limitée à un mois maximum renouvelable une seule fois. L'équipe est composée d'un médecin coordinateur (0,5 équivalent temps plein -ETP), d'infirmiers (6,5 ETP), un cadre (0,5 ETP), un psychologue (0,5 ETP), une secrétaire (0,5 ETP) et un assistant socio-éducatif (0,5 ETP).

Une psychiatrie humaniste

"Par sa souplesse, sa réactivité, sa proximité, cette modalité de soins s'ancre dans une psychiatrie moderne", a déclaré à l'APM le médecin coordinateur, François Olivier, qui a souligné l'originalité de cette HAD intersectorielle en France. "Dans son environnement naturel, le malade est davantage acteur de ses soins. Le patient et son entourage nous accueillent dans l'intimité de leur cadre de vie et nous astreignent à l'exercice d'une psychiatrie humaniste", a-t-il ajouté. Il estime que "beaucoup de patients tireraient bénéfice de ce type de prise en charge". Seules deux situations ne sont pas indiquées pour la HAD psychiatrique: les personnes agressives et celles ayant besoin de sortir du cadre familial.

Il considère que la HAD psychiatrique "amène des gens vers la psychiatrie", comme ceux qui refusent une hospitalisation par appréhension de milieu hospitalier mais qui seraient prêts à avoir des soins à domicile. L'analyse de l'activité de la structure a montré en effet que 34% des patients admis en HAD n'étaient pas connus des services hospitaliers psychiatriques.

La HAD n'entre "pas en compétition avec l'hospitalisation classique qui garde ses spécificités mais propose une alternative intéressante" et "fonctionne à coût moindre et peut augmenter la qualité de vie et de confort du patient et de son entourage en le soignant dans son cadre de vie", a souligné le Dr Olivier, qui a précisé que ce système ne remplaçait pas le secteur mais cela "le renfor[çait] sur des prises en charge ponctuelles". Il a ajouté que la HAD psychiatrique nécessitait "une équipe bien formée à la clinique" en raison de l'absence de sécurité du cadre sécurisé hospitalier et qu'il fallait aussi "bien gérer la notion de risque auto ou hétéro agressif".

Il a mis en avant le besoin d'une "importante coordination avec le réseau de soins, d'une bonne communication avec les différents médecins prescripteurs" et la satisfaction des patients de ce mode de prise en charge.

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