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Cancer et reprise du travail, pas si simple !

La reprise du travail après le cancer est souvent traitée comme toute autre maladie. En vérité la réalité est toute autre pour la personne qui reprend son poste dans une situation souvent vécue comme un « entre-deux » entre maladie et guérison…Reprendre le travail après une maladie grave demeure compliqué dans notre société qui exige que chacun soit rentable, efficace, qu’il respecte des échéances, rentre dans les cases, atteigne des objectifs parfois totalement délirants, cette société qui hélas manque trop souvent d’empathie envers ceux que la vie a blessés.

Du rêve à la réalité : une autre vie !

sablier, temps

Valérie Sugg le rappelle, "soyons clairs, tant que cela est possible, il faut prendre le temps de bien récupérer avant de reprendre le travail et si ce n’est pas possible, d’adapter autant que possible son emploi du temps à son état".

Les traitements sont enfin terminés et, alors que les personnes malades pensaient se réjouir pleinement d’en avoir enfin terminé avec opérations, chimio ou radiothérapie, voilà que s’annonce parfois l’hormonothérapie mais en tout cas, ce qui est sûr, c’est que le programme est moins réjouissant qu’annoncé. Du jour au lendemain, fini l’équipe soignante présente, prête à répondre aux questions, à rassurer. C’est le grand saut. Il va falloir apprendre à vivre sans et surtout à reprendre confiance en soi. La période d’après traitement est cette phase durant laquelle autant l’équipe soignante que les proches ont tendance à vouloir tourner la page alors que pour la personne, ce n’est pas forcément le cas parce qu’elle ne se sent pas guérie et/ou que l’angoisse d’une récidive est très présente. Mais voilà, outre le fait que tout le monde semble reprendre son train-train quotidien, cette personne est souvent coincée entre le besoin de se reposer parce que la fatigue est encore bien présente et l’envie de reprendre son travail. Parfois aussi c’est plutôt l’aspect financier qui la pousse à reprendre. La reprise du travail est souvent attendue car il est rassurant de retourner dans le monde des « biens portants », de ceux qui ne savent pas à quel point tout est fragile. Chacun aimerait retrouver cette inconscience, cette insouciante et se fondre dans son poste comme avant mais c’est peine perdue. Pourquoi ? Parce que rien n’est plus comme avant ! Déjà, « l’ancien malade » a changé et puis autant certains environnements professionnels savent en tenir compte, autant d’autres feraient tout pour lui faire comprendre qu’il n’est plus le bienvenu, pas assez rentable.

Il est impossible, après l’épreuve du cancer et l’impact des traitements, de retrouver l’efficience d’avant, en tout cas pas tout de suite et cela dépend aussi des traitements supportés, endurés et des particularités de chaque travail. Retour au travail, rien n’est plus comme avant !C’est complexe, le plus souvent, de revenir du monde des malades, de la fragilité des choses au stress du boulot qui n’en a cure de la fatigue, des troubles de la mémoire, des difficultés de concentration,...

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Commentaires (1)

Lejourdapres

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1 commentaires

#1

Exactement

Tout ceci est très juste madame Sugg. L’association Le jour d’après accompagne depuis 3 ans des personnes touchés par un cancer sur anticiper le retour et le maintien dans l’emploi. Nos accompagnements sont au minimum de 6 mois jusqu’à 18 mois. Les premiers 6 mois sont consacrés à une reconstruction identitaire (anticiper) car sans elle il est très difficile de retourner dans l’emploi confortablement et armé. Enfin tout un programme ! Nos actions se déroulent actuellement sur la Clinique Clémentville (MIS) de Montpellier et l’institut cancérologique de Montpellier (ICM).