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Cancer : un retard d'un mois de prise en charge entraîne un risque de décès accru de 10 %

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Epidémiologie

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Suite à la crise sanitaire et au confinement, les chercheurs comme les professionnels de santé se sont interrogés sur le prix à payer pour les patients atteints de cancer suite au retard de prise en charge associé notamment à la déprogrammation des soins. Une étude réalisée Outre-Atlantique a tenté de quantifier l'impact causer par le Covid pour ces patients. Cet article a été publié par nos confrères du Quotidien du Médecin, nous les remercions pour ce partage.

Il existe maintenant des preuves solides et cohérentes que le retard de traitement du cancer a un impact sur la survie, selon les auteurs de l'étude.

Selon une méta-analyse réalisée par des Canadiens et parue dans le « BMJ », le retard de traitement dans le cancer entraîne un risque accru de décès : pour un mois de retard, le risque accroît environ de 10 % selon le type de traitement et le cancer.

Il existe maintenant des preuves solides et cohérentes que le retard de traitement du cancer a un impact sur la survie, indique au « Quotidien » Timothy Hanna, premier auteur de l'étude. Nous pouvons désormais quantifier le coût invisible pour les patients en attente de traitement contre le cancer, que ce soit pendant cette pandémie ou à d'autres moments.

Un risque qui augmente avec le délai

Les chercheurs se sont intéressés à l'impact du retard de prise en charge pour trois modalités de traitement - la chirurgie, le traitement systémique (dont la chimiothérapie) et la radiothérapie -, et ce, pour sept localisations de cancer, à savoir la vessie, le sein, le côlon, le rectum, le poumon, le col de l'utérus, et la tête et le cou. Au total, 34 études comparatives observationnelles rétrospectives publiées entre janvier 2000 et avril 2020 ont été retenues dans l'analyse, ce qui correspond à 1 272 681 patients.

Pour les trois modalités, un retard de quatre semaines entre le diagnostic et les premiers traitements est associé à une augmentation du risque de décès pour 13 des 17 indications étudiées. Par exemple, pour la chirurgie, une augmentation de 6 à 8 % du risque de décès a été estimée pour chaque période de quatre semaines de retard. Pour la radiothérapie de la tête et du cou et le traitement systémique adjuvant du cancer colorectal, le risque de décès est accru de 9 et 13 % respectivement.

Le risque de décès augmente avec l'allongement du délai. Ainsi, un retard de huit semaines pour une intervention chirurgicale contre le cancer du sein augmente le risque de décès de 17 % et un retard de 12 semaines l'augmente de 26 %.

Une base solide pour la priorisation des patients en contexte Covid

Auparavant, nous pensions qu'il importait de minimiser les délais de traitement pour les patients atteints de cancer, mais nous manquions d'estimations complètes et rigoureuses, souligneTimothy Hanna. Nos résultats montrent à quel point cela compte effectivement. Dans de nombreuses situations, même un délai de quatre semaines (ou moins) peut avoir un impact sur la survie des personnes atteintes de cancer.

Les résultats de cette méta-analyse sont d'autant plus importants dans le contexte actuel, où la deuxième vague de Covid-19 pousse à reporter certains soins. Nos résultats fournissent une base solide pour la priorisation du traitement du cancer là où les ressources sont limitées et alors que bon nombre de nos systèmes de santé seront sous tension et confrontés à des choix difficiles à l'avenir, estime Timothy Hanna.

Au-delà de la pandémie, nos travaux mettent en évidence les lacunes qui doivent être comblées pour mieux comprendre l'impact du retard de traitement sur la mortalité des patients atteints de cancer.

Cet article a été publié par nos confrères du Quotidien du Médecin, nous les remercions pour ce partage.

Journaliste au Quotidien du Medecin

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