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20 % des consultations en urgence France injustifiées

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Hygiène hospitalière

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Dans un rapport paru en janvier 2017, l'OCDE estime qu'en France, 20 % des consultations en urgence sont injustifiées. Explications.

Panneau des urgences

L'OCDE estime que 20 % des consultations en urgence en France sont injustifiées.

20 % des consultations en urgence sont injustifiées en France, selon le rapport « Lutter contre le gaspillage dans les systèmes de santé » publié par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en janvier 2017. Le recours à l'hospitalisation est, de manière générale, trop excessif en raison de nombreux facteurs. L'OCDE relève l'absence de solution alternative à l'hospitalisation notamment lorsque les horaires des services de soins primaires sont incompatibles avec ceux des patients ou lorsque les délais d'attente sont trop longs. Par ailleurs, la participation aux coûts pour les soins ambulatoires peut inciter les patients à se rendre aux urgences pour bénéficier d'une consultation gratuite. Ils ont également pris l'habitude d'opter pour cette solution car un ensemble de services y sont accessibles 24 heures sur 24 et 7 jour sur 7. Le recours aux soins hospitaliers a un coût élevé d'où l'intérêt pour l'OCDE de mieux le cibler. L'organisation considère en effet que les hôpitaux devraient se concentrer sur leur mission, qui est de fournir des services hautement techniques de la manière la plus efficiente. Une prise en charge médicale efficace dans le cadre des soins de santé primaires, l'optimisation des opérations chirurgicales (réalisation en ambulatoire par exemple) ou la diminution du séjour hospitalier de certains patients permettraient une meilleure utilisation des ressources selon l'OCDE.

Les événements indésirables et les soins de faible valeur, sources de gaspillage

Dans son rapport, l'OCDE pointe également du doigt le gaspillage1 dû aux événements indésirables qui sont, la plupart du temps, évitables. Il peut s'agir de l'oubli d'un corps étranger après une opération chirurgicale mais aussi d'erreurs de médication, d'infections associées aux soins ou encore de complications post-opératoires. Aux États-Unis, les erreurs médicales seraient la troisième cause de décès. Un patient sur dix dans la zone OCDE subit un préjudice inutile durant son traitement et plus de 10 % des dépenses hospitalières sont consacrées à remédier à des erreurs médicales évitables ou à des infections nosocomiales. Toutefois, l'OCDE note que les informations sur les événements indésirables restent faibles, notamment en dehors du milieu hospitalier (soins ambulatoires, soins en établissements d'accueil médicalisés, soins à domicile…).

Autres sources de gaspillage de ressources : le nombre excessif d'examens, notamment d'imagerie médicale, le surdiagnostic (découverte chez une personne d'une affection qui ne s'accompagne pas de troubles) et la sur-prescription. Soulignons en effet qu'environ 50 % de la consommation d'antimicrobiens chez l'homme n'est pas justifiée. Une proportion qui peut atteindre 90 % pour les soins de longue durée et en médecine générale. Les habitudes de prescription des médecins et le fait que les patients insistent pour se faire prescrire des antimicrobiens ou pratiquent l'automédication contribuent largement à la consommation inappropriée d'antimicrobiens. Ces actions peuvent s'avérer délétères, d'où l'intérêt d'encourager le dialogue et de mieux informer les patients.

Note

  1. Le rapport qualifie de « gaspillage » les services et les processus qui sont dangereux ou qui ne produisent pas d'effet bénéfique ainsi que les coûts qui pourraient être évités par le recours à des solutions meilleur marché produisant des effets bénéfiques identiques, voire supérieurs.
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Aurélie TRENTESSE  Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com  @ATrentesse

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