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Coopération médecins généralistes/infirmières

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Coopérations interprofessionnelles

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actualité santéLa coopération médecins généralistes/infirmières améliore le suivi des patients diabétiques de type 2 sans surcoût pour l'assurance maladie, montrent les derniers résultats de l'expérimentation Asalee publiés par l'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes).

Asalee (Action de santé libérale en équipe) associe, dans les Deux-Sèvres, 41 médecins généralistes et huit infirmières pour améliorer la qualité de soins, notamment des patients atteints de maladies chroniques. Lancée en 2004, elle est la seule expérimentation de coopération entre professionnels de santé portant sur les soins de premiers recours.

Les infirmières, présentes au sein du cabinet, se voient confier par les médecins la gestion informatique de certaines données des patients et des consultations d'éducation thérapeutique selon un protocole bien défini. Les infirmières sont salariées de l'association. Elles ont reçu une formation spécifique et interviennent dans plusieurs cabinets.

Le Dr Jean Gautier, médecin généraliste dans les Deux-Sèvres et vice-président d'Asalee, a présenté, notamment fin 2007 au cours d'une réunion sur la coopération interprofessionnelle organisée par la Haute autorité de santé (HAS), les résultats de cette délégation de tâches, à partir d'une évaluation médico-économique menée par l'Irdes centrée sur les diabétiques de type 2 qui représentent un tiers de l'activité des infirmières.

Les patients inclus dans le dispositif voient leur équilibre glycémique s'améliorer davantage que des patients témoins, d'après les résultats complets publiés dans Questions d'économie de la santé, de l'Irdes. Sur 588 patients évalués, la probabilité d'avoir une hémoglobine glyquée (HbA1c) maintenue ou ramenée à 8% ou moins sur un an était accrue de 80% dans le groupe Asalee par rapport à des témoins.

Cependant, avec un critère plus strict (7% ou 6,5%), la différence n'était plus significative. Mais si les patients avaient bénéficié d'une consultation d'éducation thérapeutique, la probabilité d'être à 8% ou moins était multipliée par 2,7 et celle d'être à 7% ou 6,5% devenait significative avec une probabilité accrue de 60 et 80%, rapportent Yann Bourgueil et ses collègues de l'Irdes.

Les patients réalisent plus systématiquement les examens de suivi pour tous les indicateurs sauf le suivi ophtalmologique (données non exploitables). Avec Asalee, la probabilité d'être bien suivi sur un an était 2,1 fois plus élevée pour l'HbA1c à 6,8 fois plus élevée pour la microalbuminurie annuelle, par rapport à un autre patient du département ne bénéficiant pas d'Asalee.

Cette collaboration se fait sans coût supplémentaire pour l'assurance maladie. Les dépenses des patients Asalee sont les mêmes que celles des patients témoin, de l'ordre de 3.000 euros par an pour la dépense totale.

Ce dispositif, qui devrait s'étendre dans quatre régions françaises, offre une prise en charge paraît plus efficiente que la pratique standard, conclut Yann Bourgueil, directeur de recherche dans un communiqué des auteurs. "Les modalités de l'étude imposent toutefois que ces résultats soient confirmés par des analyses complémentaires", ajoutent-ils.

(Questions d'économie de la santé, n°136, 8 pages)

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