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Coronavirus : où en est-on, en France et dans le monde ? Et de quoi sera fait demain ?

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Epidémiologie

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900 000 morts dans le monde, les essais cliniques d'un vaccin à l'arrêt, l'exécutif rattrapé par le Covid en France... On fait le point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde et les interrogations qui concernent notre quotidien demain...

"En France métropolitaine, la progression de la circulation virale est exponentielle. La dynamique de la transmission en forte croissance est préoccupante" selon Santé Publique France.

On n'en a pas encore terminé avec l'épidémie de Coronavirus. En France, où 30 764 décès ont été recensés, plus de 6 500 nouveaux cas de Covid-19 ont été comptabilisés au cours des dernières 24 heures selon Santé Publique France. Un chiffre, en hausse par rapport à lundi (4 203 nouveaux cas comptabilisés), mais en baisse par rapport aux trois jours précédents (entre 7 000 et 9 000 cas quotidiens) et qui fait dire à la Direction générale de la santé (DGS) que nous assistons à une nette dégradation de la situation.

Le gouvernement va être obligé de prendre un certain nombre de décisions difficiles dans les huit à dix jours maximum, a estimé pour sa part le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, mercredi 9 septembre, qualifiant d'inquiétant le niveau de l'épidémie de Covid-19 en France. On peut être faussement rassuré parce que l'augmentation de la circulation du virus a peu de retentissement actuel sur le système de soins, mais il peut y avoir une augmentation très rapide, exponentielle, dans un deuxième temps, a-t-il averti au cours d'un point presse, pointant en particulier la situation de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Invité d'RTL Matin ce jeudi, leprésident du Conseil scientifique a souligné que les enjeux ne sont pas que sanitaires, mais également sociétaux et économiques. Jean-François Delfraissy estime qu'il faut que la France reparte et qu'on apprenne à vivre avec le Covid.

Emmanuel Macron a annoncé, ce jeudi matin, que des décisions déclinées territorialement sont à venir, sans pour autant céder à la panique.

Alors que le Gouvernement a fixé l’objectif d’un million de tests de dépistage de la Covid-19 par semaine, pour François Blanchecotte, Président du Syndicat des biologistes (SDB), les biologistes médicaux ont encore besoin d’un certain nombre de réponses et d’actions de la part des tutelles pour sécuriser la réalisation de la stratégie de dépistage massif décidée par l’État, la situation actuelle n’étant pas soutenable. Elle doit, selon lui, être repensée et mieux organisée. Selon lui, l’enjeu n’est pas aujourd’hui celui des chiffres, mais plutôt celui des cibles. De leur côté, les Hôpitaux de Paris vont commencer une évaluation de tests de dépistage rapides du Covid-19 cette semaine. Le but est que ces tests soient disponibles rapidement.

Un conseil de défense lié à l’épidémie doit se tenir vendredi 11 septembre 2020 : le gouvernement va être obligé de prendre des décisions difficiles dit le conseil scientifique

A Marseille justement, les hôpitaux s'organisent. Les responsables des hôpitaux publics de Marseille ont ainsi annoncé mercredi le déploiement progressif de nouveaux lits pour faire face à l'augmentation des cas de Covid-19 et maintenir en même temps les soins pour les autres malades. En raison de l'augmentation progressive du nombre de patients, nous sommes en train de préparer l'ouverture de capacités supplémentaires notamment de lits en réanimation et en post-urgences, pour maintenir une capacité d'accueil pour l'ensemble des patients, a déclaré Jean-Olivier Arnaud, le directeur général des Hôpitaux Universitaires de Marseille (AP-HM), là aussi lors d'une conférence de presse. Aujourd’hui,107patients COVID sont hospitalisésà l’AP-HM dont 23 en réanimation. Le 14 août,l’AP-HM comptait 21 patients COVID hospitalisés dont 3 en réanimation. Depuis 8 jours, les admissions en réanimation ont été multipliées par deux.

En France toujours, le port du masque a été étendu à Rennes, alors que la propagation du virus s'accélère dans la métropole bretonne. En Gironde, un taux de circulation du virus se révèle sous "forme de tsunami". La directrice générale par intérim de l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine, Hélène Junqua fait défiler des chiffres, et brandit un graphique qui ne laisse aucun doute. Nous explosons les compteurs, lâche-t-elle. La Nouvelle-Aquitaine tourne déjà avec un taux d’incidence élevé (soit le taux de circulation du virus, ndlr) de 65,6 pour 100 000 habitants, il a été multiplié par dix en quinze jours en Gironde. Aujourd’hui la Gironde est le troisième département le plus touché de France.

Depuis fin juillet, une augmentation contenue de la circulation virale était également constatée dans le département de l’Aude. Depuis la semaine dernière, l’ensemble des indicateurs virologiques ont poursuivi leur progression de façon très dynamique. Ainsi, le taux d’incidence était passé de 14 à la fin août à 36 cas pour 100 000 habitants le 4 septembre. Dans le même temps, le taux de positivité était passé de 2 % à 2,9 %. Le département de l'Aude est le 6ème département d'Occitanie à passer en rouge dans le cadre de l'épidémie de coronavirus

Nous craignons, à terme la saturation de notre système. C'est un cri d'alarme qu'a poussé ce mardi le directeur du centre hospitalier de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Depuis le début du mois de septembre, le département fait face à une résurgence très rapide de l'épidémie de Covid-19, qui menace désormais la bonne marche des services de santé. Le virus resurgit également à la Réunion et en Martinique. Les trois départements sont maintenant classés "zone rouge".

Enfin, le gouvernement n'est pas épargné. Le Premier ministre français Jean Castex, cas contact depuis qu'il a côtoyé le directeur du Tour de France, lui-même contaminé par le coronavirus, a été testé négatif, mais le conseil des ministres et un séminaire gouvernemental prévus mercredi se sont tenus en visioconférence par mesure de précaution sanitaire. Monsieur Castex avait en effet pris place samedi 5 septembre dans une voiture aux côtés de Christian Prudhomme pour suivre la 8e étape de la course cycliste.

Pour l’heure, l’exécutif se refuse en tout cas à remettre le pays à l’arrêt. Le Gouvernement s’engage à apporter des solutions aux parents n’ayant pas d’autre choix que de s’arrêter de travailler pour garder leurs enfants en raison de la fermeture de leur crèche, école ou collège, ou encore lorsque leurs enfants sont identifiés par l’Assurance Maladie comme étant cas-contact de personnes infectées.

En France métropolitaine, la progression de la circulation virale est exponentielle. La dynamique de la transmission en forte croissance est préoccupante. Santé Publique France.

Près de 900 000 morts dans le monde... 

Dans le monde, le bilan est lourd. La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 893 000 morts depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie, à la fin du mois de décembre, dont 183 054 en Europe. Plus de 27,6 millions de cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués. Les États-Unis détiennent le triste record du pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 189 698 décès, suivis par le Brésil avec 127 464 morts, l'Inde avec 73 890 morts, le Mexique avec 68 484 morts et le Royaume-Uni avec 41 586 morts. La région Amérique latine et Caraïbes a franchi mardi le seuil des 300 000 morts dus à l'épidémie de coronavirus, notamment au Pérou qui a dépassé ce même jour les 30 000 décès. L’impact de la pandémie de COVID-19 est également dramatique sur le plan économique. Selon les chiffres de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), cette région du monde subira une chute de son produit intérieur brut (PIB) de 9,1% en 2020, ce qui équivaut à un recul d’une décennie des niveaux de revenu par tête...

En Haïti, selon Louna Ciril Hyacinth Directrice générale de l'École Supérieure des Sciences de la Santé (ESSA), sur le plan économique, cette pandémie suscite un risque d’insécurité alimentaire qui va engendrer sans doute la malnutrition partout dans le pays, une réduction du pouvoir d’achat et des pertes d’emploi significatives. (...) Nous continuons donc à mettre de l’avant une campagne de sensibilisation et un processus de rééducation sur la modalité de développer une protection mutuelle. Ces aspects sont primordiaux, d’autant que le gouvernement parle de "déconfinement", avec l’ouverture de tous nos ports.

Le seuil des 900 000 morts du Covid-19 dans le monde a été franchi dans la nuit de mercredi à jeudi, au moment où les essais cliniques de vaccins se multiplient, comme au Brésil et au Pérou, ou encore aux États-Unis, en Russie et en Chine, qui veulent tous être les premiers à disposer d’un vaccin, avant même la fin de l’année.

Les essais cliniques d'un vaccin parmi les plus avancés suspendus 

Enfin, c'était une lueur d'espoir dans ce sombre tableau, mais les essais cliniques de l'un des vaccins expérimentaux les plus avancés, développé par Oxford et le groupe pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca, ont été suspendus dans la nuit de mardi 8 à mercredi 9 septembre après l'apparition d'une "maladie potentiellement inexpliquée" chez un volontaire. Une pause dans les essais mondiaux du vaccin a donc été effectuée dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et les Etats-Unis alors qu'un comité indépendant est chargé d'évaluer l'incident. Pascal Soriot, Chief Executive Officer argumente ainsi par communisqué de presse en date du 9 septembre : Chez AstraZeneca, la science, la sécurité et les intérêts de la société sont au cœur de notre travail. Cette pause temporaire est la preuve concrète que nous sommes guidés par ces principes, alors qu'un événement unique sur l'un des sites où a lieu l’essai est en cours d’évaluation par un comité d'experts indépendants. Ce comité nous guidera pour définir quand les essais pourront reprendre, afin que nous puissions poursuivre nos travaux dès que possible pour fournir ce vaccin à grande échelle, de manière équitable et sans profit pendant cette pandémie.

En France, selon le chiffre avancé par Santé publique France, le taux de positivité des tests PCR est de 5,2%

Rédaction d'infirmiers.com

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