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Urgence sanitaire : couvre-feu à l'heure où l'hôpital brûle

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Epidémiologie

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Nous sommes dans la deuxième vague. Le virus recircule très vite en Europe et dans notre pays, nous devons reprendre le contrôle sur l'épidémie, voici en substance de quoi s'est nourrie l'allocution présidentielle mercredi soir d'Emmanuel Macron. Le Président Macron a notamment annoncé un couvre-feu à partir de samedi, entre 21 heures et 6 heures, en Ile-de-France et dans huit métropoles.

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Emmanuel Macron a demandé également aux Français de la rigueur dans la sphère privée : ne pas être plus de six à table, en recommandant aussi de mettre au maximum le masque, y compris en famille ou entre amis.

Rappelant des services hospitaliers en tension partout en France avec des taux d'occupation des lits de réa préoccupants, un nombre de cas positifs beaucoup trop élevé (20 000 nouveaux cas par jour en moyenne), des soignants très fatigués et peu de lits en réserve, il est urgent à présent de protéger nos soignants, notre propre santé "face à ce virus dangereux" mais aussi notre système de santé dans son entier.

Le président de la République a donc annoncé qu’un couvre-feu sera mis en place à partir de samedi 17 octobre (vendredi 16 octobre minuit), entre 21 heures et 6 heures, en Ile-de-France et dans huit métropoles : Lille, Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Toulouse et Saint-Etienne ; une mesure de privation de liberté doit durer au moins quatre semaines. Le chef de l’Etat souhaite l’étendre sur six semaines, soit jusqu’au 1er décembre si le Parlement l'autorise. Des dérogations seront possibles, uniquement dans certains cas, comme les travailleurs de nuit. En cas de non-respect du couvre-feu, des amendes de 135 euros seront délivrées ; elles pourront s’élever à 1 500 euros en cas de récidive.

Pas de restriction non plus au niveau des transports dans les zones concernées par le couvre-feu a assuré le Président Macron, précisant que les Français pourront toujours circuler d’une région à une autre, notamment pour les vacances. Selon lui, il serait en effet disproportionné et infantilisant d’empêcher la circulation pour la Toussaint. Le télétravail, pour tous ceux qui peuvent en bénéficier, est à nouveau fortement encouragé, voire recommandé, mais ne s'avère pas "obligatoire".

Emmanuel Macron a demandé également aux Français de la rigueur dans la sphère privée : ne pas être plus de six à table, en recommandant aussi de mettre au maximum le masque, y compris en famille ou entre amis. Quant au respect des mesures barrière, elles restent bien évidemment au coeur de la lutte contre la COVID19.

Covid-19 : l'état d'urgence sanitaire sera rétabli dans toute la France à partir du samedi 17 octobre

Pour le Chef de l'Etat, forte est la nécessité de rentrer dans une stratégie où on va pouvoir réduire drastiquement les délais pour mieux suivre la circulation du virus. Il a indiqué que cela passerait par de nouvelles techniques, comme les tests antigéniques, qui ont été autorisés, et la possibilité de s'auto-tester. Une nouvelle application "Tous Anti Covid" remplacera dans les prochains jours StopCovid, boudée par les Français.

Ces mesures ont à nouveau un fort impact sur l'économie du pays mais aussi sur les Français les plus précaires. De fait, les bénéficiaires du RSA et des allocations logement auront une aide exceptionnelle pendant les 6 semaines qui viennent de 150 euros plus 100 euros par enfant, a annoncé Emmanuel Macron.

Lors d'une conférence de presse commune cet après-midi, le Premier Ministre Jean Castex et Olivier Véran, Ministre de la santé, ont rendu un hommage appuyé à des soignants "admirables et héroïques". Ils ont détaillé le programme des tests antigéniques (5 millions en ont été commandés), aux résultats bien plus rapides que ceux des tests PCR et que de nombreux soignants - dont les infirmiers libéraux - seront autorisés à pratiquer. Nous sommes en train de gagner la bataille des délais ; nous devons prévenir plutôt que subir, a assuré Olivier Véran, qui a rappelé par ailleurs que la seule stratégie efficace était celle du "freinage" de l'épidémie, soutenue par les mesures annoncées par le Chef de l'Etat.

Sur le plan des moyens, 5 800 lits "durables" de réanimation sont désormais opérationnels sur le territoire, et 100 millions d'Euros seront alloués aux Agences Régionales de Santé (ARS) pour optimiser la gestion locale des ressources dans la lutte contre le coronavirus. Surprise enfin : Jean Castex débloquera par anticipation, avant fin 2020, la deuxième partie de la revalorisation salariale des soignants (soit 93 €) négociée au Ségur.

Rappelons qu'une forte mobilisation des personnels hospitaliers est attendue aujourd'hui. Les soignants tenteront une fois encore de faire savoir leur désespérance quant à leurs conditions d'exercice qui continuent à se dégrader alors que la crise sanitaire s'amplifie à nouveau.

Ecouter ou réécouter l'allocution du Président de la République

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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