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Décès à la maternité d’Orthez : l’anesthésiste en détention provisoire

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A la suite du décès d'une patiente ayant accouché à la maternité du centre hospitalier (CH) d'Orthez (Pyrénées-Atlantiques), l'anesthésiste a été placée en détention provisoire, a annoncé jeudi à l'APM le procureur de la République de Pau, Jean-Christophe Muller, indiquant que la praticienne était probablement alcoolisée au moment de l'accident.

iade intubation ventilation salle d'opération

L'anesthésiste, qui exerçait à la maternité d'Orthez (Pyrénées-Atlantiques), a reconnu devant les gendarmes avoir un problème d'alcool.

L'anesthésiste, mise à disposition de l'hôpital par la clinique d'Orthez, a été mise en examen et placée en détention provisoire pour homicide involontaire aggravé d'une violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence et de sécurité. Le procureur a évoqué deux séries de manquements :

  • les premiers concernent les conditions dans lesquelles l'anesthésie s'est déroulée par rapport à l'utilisation des produits anesthésiques et la non-utilisation d'un système d'intubation et d'un respirateur ballon ;
  • les seconds touchent à l'anesthésiste elle-même. Convoquée pour être placée en garde à vue mardi matin, elle est arrivée avec 2,18 g d'alcool dans le sang et a été placée en cellule de dégrisement. Elle a reconnu avoir un problème d'addiction à l'alcool et une consommation excessive chronique.

Pour Jean-Christophe Muller, cette situation a donné un relief particulier aux déclarations faites par les personnes présentes lors de la césarienne dans la nuit de vendredi à samedi, notamment le personnel soignant. Celles-ci avaient fait état d'un comportement bizarre de l'anesthésiste et d'un problème de compréhension et de réactivité. L'autopsie a par ailleurs montré des lésions de l'oesophage qui sembleraient établir que l'intubation n'a pas été réalisée comme elle aurait dû l'être. Cela aurait provoqué une privation d'oxygène pendant 15 minutes puis un arrêt-cardio-respiratoire, a ajouté le procureur.

L'anesthésiste, âgée de 45 ans et de nationalité belge, était liée à la clinique par un contrat d'exercice libéral depuis le 12 septembre. Elle exerce ce métier depuis 1999 dans plusieurs établissements en France et en Belgique. Le procureur a demandé son placement en détention, ce qui a été le cas après sa présentation jeudi après-midi au juge de la liberté et de la détention (JLD). L'information judiciaire confiée à un juge d'instruction permettra de dire si elle était sous l'emprise de l'alcool au moment des faits, a indiqué le procureur.

La famille de la patiente, 28 ans, qui est décédée mardi après avoir été transférée à l'hôpital de Pau, a porté plainte. Le bébé est en bonne santé, rappelle-t-on.

L'ARS veut fermer la maternité

Suite à l'accident, l'autorisation de la maternité avait été suspendue en raison de fortes suspicions concernant la sécurité anesthésique, rappelle-t-on. Dans une déclaration jeudi à France Bleu Béarn, le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) Aquitaine, Michel Laforcade, a indiqué qu'il ne se voyait absolument pas rouvrir cette maternité sachant qu'il serait obligé de constater au 11 octobre que les conditions n'étaient absolument pas remplies.

La maternité d'Orthez, menacée de fermeture depuis juin, avait bénéficié le 12 septembre d'un mois supplémentaire pour recruter de nouveaux praticiens et combler ses effectifs.

Je constate à ce jour que les obstétriciens ne sont pas là et, ne serait-ce que pour cette raison-là, je ne me vois vraiment pas rouvrir cette maternité, a expliqué Michel Laforcade. Pour avoir discuté presque nuit et jour depuis samedi avec l'ensemble des professionnels et beaucoup de monde d'Orthez, il estime que presque personne ne comprendrait une décision de réouverture de sa part. La commission spécialisée de l'organisation des soins se réunira aujourd'hui vendredi 3 octobre pour prendre une décision, a indiqué l'ARS à Reuters.

L'ARS Aquitaine indique vendredi après-midi qu'elle a décidé de prolonger la suspension des activités de la maternité, constatant que les conditions de fonctionnement sécurisé de la maternité ne sont pas réunies à ce jour.

La ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, Marisol Touraine, a déclaré jeudi que l'avenir de cette maternité dépendra des analyses qui pourront être faites et réalisées à partir de cet accident. Il faut évidemment pouvoir garantir l'accès des femmes dans les meilleures conditions possibles, c'est-à-dire dans les conditions de proximité, mais cela ne peut jamais se faire au détriment de la sécurité, a-t-elle ajouté devant la presse avant une réunion du gouvernement à Matignon.

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nana38

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prévention de l’alcoolisme au travail

Dans le monde du travail, l'alcoolisation de certains salariés est une préoccupation pour les employeurs et la collectivité de travail car l’alcoolisme constitue un facteur aggravant du risque professionnel : l’alcool est indéniablement un facteur démultiplicateur des accidents du travail dont on estime que de 10 à 20 % sont liés à l'alcool.
voir : La prévention de l’alcoolisme au travail : http://www.officiel-prevention.com/sante-hygiene-medecine-du-travail-sst/service-de-sante-au-travail-reglementations/detail_dossier_CHSCT.php?rub=37&ssrub=151&dossid=157