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Délégation de tâches entre professionnels de santé : la HAS formulera des recommandations fin 2007

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Coopérations interprofessionnelles

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actualité santéLa Haute autorité de santé (HAS) formulera des recommandations sur les délégations de tâches entre professionnels de santé fin 2007, après avoir évalué les expérimentations en cours avec l'Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS), a indiqué à l'APM la secrétaire générale de l'observatoire, Martine Burdillat.

Les dix nouvelles expérimentations de délégation de tâches et de coopération entre professionnels de santé se déroulent actuellement sous l'égide de l'ONDPS et de la HAS.

Un comité de pilotage et des protocoles communs ont été mis en place. Une évaluation de l'expérimentation sera conduite en 2007 et, pour avoir plus d'impact qu'un simple bilan, la HAS formulera des recommandations en se fondant sur les résultats de cette analyse, a expliqué Martine Burdillat.

Le rapport d'étape sur les cinq premières expérimentations, d'ores et déjà disponible sur le site de l'ONDPS (www.sante.gouv.fr/ondps/index.html), démontre la faisabilité de la délégation de tâches "en toute sécurité pour les patients", même si les gains en temps médicaux ne sont pas encore bien déterminés. Ces premières expérimentations mettent également en évidence "une très forte motivation des acteurs médicaux et paramédicaux impliqués dans le soin de voir évoluer nos pratiques vers plus de collaborations entre tous ces acteurs de santé", observent les auteurs.

Ils considèrent donc qu'il est urgent "d'identifier en concertation avec les professions concernées quelques nouveaux métiers, en se fondant sur les résultats des cinq expérimentations présentées dans ce rapport, dont il faut rapidement prévoir la formation pour ne pas remettre à trop tard une organisation de notre système de soins qui le demande et le justifie".

CONCLUSIONS DES CINQ PREMIÈRES EXPÉRIMENTATIONS

Dans la première étude, conduite au CH de Lisieux (Calvados), les infirmières expertes en hémodialyse ont effectivement eu une pratique dérogatoire, mais de façon modérée car la plupart des actes ont été contrôlés par les médecins. Cette situation résulte de la longueur du processus d'apprentissage par rapport à la durée limitée de l'étude. Le fait que le service ait pu fonctionner avec un médecin en moins pendant un temps semble montrer un gain réel de temps médical, même si ce temps n'a pas été redistribué vers les consultations.

Pour le deuxième projet, des infirmières expertes ont suivi des patients traités pour une hépatite chronique C. "L'apprentissage de l'infirmière dans cette nouvelle fonction et son autonomie nécessitent [..."> au moins six mois même avec des acquis importants", soulignent les auteurs. La petite étude effectuée au CH de Montélimar (Drôme) sera affinée par une nouvelle expérimentation à l'hôpital Henri-Mondor à Créteil (Val-de-Marne), avec notamment l'ajout d'un groupe contrôle.

La troisième évaluation a porté sur une coopération entre médecins radiothérapeutes et manipulateurs en électroradiologie dans trois centres de lutte contre le cancer : l'Institut Curie à Paris, le centre Alexis Vautrin à Nancy (Meurthe-et-Moselle) et le centre Oscar Lambret à Lille (Nord). Malgré une surcharge de travail, des résistances dans les services et une gêne pour les manipulateurs liée à un manque de connaissance en anatomie, la faisabilité a été démontrée et un gain de temps médical important a été observé. Les expérimentateurs suggèrent de renforcer la formation théorique des manipulateurs en anatomie et en dosimétrie.

L'expérimentation de collaboration entre ophtalmologistes et orthoptistes en cabinet de ville montre que cela "ne dégrade pas l'examen de vision mais [au contraire"> l'améliore en augmentant le temps" qui y est consacré. Les expérimentateurs soulignent l'importance d'une formation solide des orthoptistes en réfraction.

Enfin, la dernière initiative a été menée dans quatre hôpitaux des Pays-de-la-Loire sur la coopération entre médecins spécialistes et diététiciens pour le traitement des patients diabétiques de type 2. Il en ressort que les médecins gagnent "deux à trois consultations supplémentaires par consultation de dix patients". De plus, les patients suivis par un diététicien obtiennent de meilleurs résultats concernant la diminution du taux d'hémoglobine glyquée (-2%) et la perte de poids. Le montant des ordonnances dans le groupe suivi par un diététicien s'est par ailleurs montré inférieur à celui observé chez les patients suivi par un médecin./cb/mr

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