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Des "bed managers" au secours des urgences

La ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, a annoncé le 26 avril 2013 que 150 hôpitaux seraient accompagnés par l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) pour mettre en place un dispositif de gestion des lits d'aval.

ambulance urgencesLa ministre s'exprimait à l'occasion d'un déplacement au Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph à Paris où elle s'est fait présenter le dispositif de gestion prévisionnelle des entrées et des sorties mis en place par l'hôpital. Elle a également participé à une table ronde au cours de laquelle elle a détaillé son programme national d'amélioration de la gestion des lits.

Cette visite intervenait un mois après que Samu-Urgences de France a appelé les urgentistes à cesser de chercher des lits d'aval pour les patients présents dans leur service à compter du 15 octobre prochain. "La situation dans les services d'urgences n'est pas satisfaisante", a indiqué la ministre lors d'un point presse à l'issue de la visite. "J'ai pris donc un certain nombre de décisions", a-t-elle poursuivi. Elle a rappelé qu'elle avait confié au Pr Pierre Carli, président du Conseil national de l'urgence hospitalière (CNUH), une mission pour "identifier les services les plus en difficulté et auxquels il faut apporter des réponses rapides".

Lors des journées annuelles d'études de l'Association française des utilisateurs d'hélicoptères sanitaires fin mars, Pierre Carli avait indiqué à l'APM que son instance avait été saisie par la ministre de la santé pour préparer des recommandations sur l'aval des urgences et l'organisation des services hospitaliers, rappelle-t-on.

La ministre a estimé que le problème des urgences, c'était "parfois des moyens mais surtout des questions d'organisation". "Il faut faire en sorte que les patients qui sont aux urgences n'y restent pas", a-t-elle expliqué lors du point presse. Elle a proposé la création de postes de gestionnaires de lits d'aval, "c'est-à-dire des gens qui trouvent des services qui vont accueillir des malades des urgences". La ministre a estimé que le système mis en place à l'hôpital Saint-Joseph fonctionnait bien et donnait "des idées pour aller de l'avant". Elle a annoncé le lancement d'un plan de déploiement dans 150 hôpitaux de services de gestion des lits d'aval. Cela permettra de soulager les services d'urgences, mais aussi d'améliorer l'accueil des malades à l'hôpital en général, a-t-elle fait valoir.

Les ARS devront sélectionner les hôpitaux

La ministre a indiqué que "dans les quelques semaines qui viennent", les agences régionales de santé (ARS) allaient indiquer les services d'urgences dans lesquels il leur paraît prioritaire d'engager ces travaux. "D'ici un mois à six semaines, la mise en place de ces programmes (...) va commencer", a détaillé Marisol Touraine, précisant que cela prenait "du temps", comme à Saint-Joseph, où cela avait mis un an. "Le déploiement sera achevé d'ici 18 mois au plus tard", a-t-elle ajouté.

"Nous verrons au cas par cas si des postes doivent être envisagés ou si des réorganisations (...) sont la voie la mieux adaptée", a-t-elle renchéri. Selon le communiqué du ministère de la santé, une vingtaine d'établissements ont déjà mis en oeuvre un tel système, avec des résultats significatifs. Lors de la table ronde, des responsables de l'hôpital ont souligné l'intérêt de ne pas avoir ce dispositif au sein des urgences mais en dehors. La ministre s'est dite "convaincue" par cette idée.

Rappelons que le système de gestion prévisionnelle des entrées et des sorties de l'hôpital Saint-Joseph a été mis en place en mars 2012. Ce projet visait à lever plusieurs difficultés : des temps d'attente aux urgences importants pour l'admission dans un service, des déprogrammations qui portaient préjudice à la qualité du service rendu au patient et une énergie dépensée très importante. Au total, l'établissement consacrait 113 heures par jour à la gestion des entrées et sorties d'hospitalisation, soit 13 équivalents temps plein (ETP), selon le dossier de presse de l'établissement. Au final, ce sont quatre ETP qui gèrent les lits avec ce service, qui n'est pas situé dans le service des urgences, a-t-on appris auprès d'une des responsables.

Ce programme permet de libérer du temps soignant en confiant la coordination de la gestion des lits à une seule personne, de visualiser la disponibilité des lits et d'anticiper les pics et des "pénuries" d'activité, fait valoir l'hôpital dans son dossier de presse.

Après cette visite, la ministre de la santé s'est rendue à la maison médicale Jeanne Garnier, spécialisée dans les soins palliatifs, à Paris.

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Commentaires (3)

eusèbe

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492 commentaires

#3

Interdiction.

La prochaine idée : interdire la maladie...

loulic

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255 commentaires

#2

Sans rire ...

Mais quelle idée à la con !

C'est du pur jus de crane de rond de cuir dans toute sa splendeur !

Faut au moins avoir un bac +5 pour venir nous dire "ah, ben y a plus de lit ..."

dino

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320 commentaires

#1

Enfin une bonne nouvelle...

...nous vivons une époque formidable ; il n'y a plus de lits disponibles, on invente les bed-managers. Et voili et voilou.
Et quand les gens se mettront (encore plus) sur la tronche, on créera les baston-managers. Elle est pas belle, la vie ?