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La DGS cible la distribution de 100 millions de masques hebdomadaires

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Epidémiologie

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La Direction générale de Santé (DGS) vient de publier de nouvelles directives sur l’accès aux masques de protection pour les professionnels de santé, notamment libéraux. Cette liste a été élargie en vue du déconfinement. Elle a notamment pour objectif la distribution gratuite de 100 millions de masques hebdomadaires mais rappelle qu’une adaptation aura lieu chaque semaine "en fonction de la réalité des approvisionnements".

La DGS cible la distribution de 100 millions de masques hebdomadaires

Les infirmiers ont droit à 24 masques chirurgicaux par semaine pour l’instant.

Olivier Véran l’avait annoncé, à partir de maintenant l’Etat a pour objectif de distribuer 100 millions de masques par semaine, selon des directives publiées par la Direction Générale de la Santé (DGS). Ainsi, point positif à l’heure du déconfinement, les professionnels de santé voient leur dotation augmenter. Ils pourront donc aller chercher des masques en officine sur présentation de leur carte professionnelle. De même, les patients touchés par le virus, les personnes avec qui ils ont été en contact et les individus susceptibles de développer une forme grave de la maladie ont également droit à un certain nombre de masques de protection. Ces nouvelles dotations devaient être disponibles en pharmacie le 7 mai au soir.

Toutefois, la DGS module ces propos. La distribution des masques dépendra et évoluera de manière hebdomadaire en fonction de la réalité des approvisionnements. De même, les dotations sont calculées par personne, en fonction d’un besoin évalué par jour et par semaine. D’ailleurs, il s’agit en grande majorité de masques chirurgicaux, les masques FFP2 demeurant rares. Ainsi, pour les deux semaines à venir (du 11 au 24 mai), en raison de leur faible nombre disponible, les masques FFP2 restent réservés en priorité aux médecins spécialistes intervenant au niveau des voies respiratoires (comme les ORL, les pneumologues, les stomatologues ou les gastro-entérologues…) mais aussi aux chirurgiens-dentistes et aux professionnels en charge des tests de dépistage nasopharyngés pour le Sars-Cov-2. Chacun d’eux se verra attribuer pour le moment 24 masques FFP2 par semaine au total. Les masseurs-kinésithérapeutes chargés d’exercices respiratoires auront également la possibilité de disposer de 6 masques FFP2 hebdomadaires.

En parallèle, les professionnels jugés comme étant les plus exposés dans la prise en charge des patients atteints et les étudiants qu’ils accueillent se voient octroyer 24 masques chirurgicaux par semaine. Parmi ceux-ci se trouvent les infirmiers, avec les médecins, les sages-femmes, les chirurgiens-dentistes, et les personnes chargées des prélèvements nasopharyngés.

Le Haut Conseil de la santé publique dit "non" au recyclage des masques

Suite aux pénuries de matériel de protection, l’hypothèse de recycler les masques est envisagée par les autorités sanitaires. La DGS a donc demandé un avis au Haut Conseil de santé publique (HCSP) sur le sujet. Celui-ci vient de rendre public ses conclusions et se montre défavorable à cette possibilité. Il s’appuie notamment sur l’avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui était également contre.

En effet, le HCSP pointe du doigt les nombreux risques quant aux lavages des masques à usage unique notamment les FFP2. Par exemple, leur collecte et leur manipulation à la lingerie présentent de nombreux risques de contamination de l'environnement et des professionnels. De même, le nettoyage peut nuire à leur intégrité. D’ailleurs, si le Haut Conseil évoque des résultats qui semblent encourageants sur le lavage des masques chirurgicaux, pour les FFP2 une perte d’efficacité est prouvée. De même, qu’en est-il du risque microbiologique via la présence de résidu ? Enfin, pas sûr que les membres du personnel acceptent de porter des masques recyclés plutôt que des neufs, la crainte de ne pas être protégés n’étant pas à exclure.

Toutefois, le HCSP demande à ce que les études se poursuivent, notamment concernant les masques chirurgicaux car leur réutilisation serait peut-être possible mais dans des conditions très strictes dont un cahier des charges tenant compte des caractéristiques de chaque masque et une validation par une agence nationale. De manière générale, de nombreuses problématiques sur le sujet mériteraient d’être approfondies par la recherche comme les matériaux, les traitements, le risque de contamination des professionnels, la traçabilité individuelle et collective des équipements, l'acceptabilité du port de masques recyclés.

Des masques pour certains citoyens particuliers

D’autre part, la DGS rappelle qu’en temps normal ces types de masques (FFP2 comme chirurgicaux) du stock d’Etat sont réservés aux professionnels de santé. A présent, afin d’accompagner au mieux la sortie du confinement, les patients atteints par le covid-19, leurs proches contacts et les personnes estimées à très haut risque médical vivant à domicile ou en établissement bénéficieront de distribution de masques chirurgicaux via les officines. Plus précisément, les patients sont dotés de 14 exemplaires hebdomadaires qu’ils pourront demander aux pharmaciens avec une prescription médicale. Les personnes en contact avec eux pourront également demander le même nombre de masques sur indication de l’Assurance maladie via son téléservice dédié sur la plateforme Ameli Pro, et sur présentation de leur carte Vitale, comme le spécifie la DGS. Enfin, les sujets à risque de graves complications pourront se faire délivrer 10 masques par semaine du fait de leur état de santé s’ils ont une prescription médicale qui l’indique.

Ces dotations peuvent évoluer en fonction du temps, on l’espère en mieux avec de nouveaux ravitaillements notamment en FFP2.

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Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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