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Dire non. Etre entendu. Ou pas

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Cet article, repéré par la rédaction et partagé avec nous par une blogueuse « patiente et (imp)patiente » doit nous interpeller...  Ou l'importance de savoir - ou pouvoir - "dire non" à des soignants et d'être entendu... ou pas...

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Où est le pouvoir de dire non lorsqu'on est patient...

Je vais écrire mon article basé sur deux récits vécus pendant mon enfance et adolescence. Je suis insuffisante rénale chronique (IRC) depuis ma naissance. On s'est rendu compte de mon IRC à l'âge de huit ans. Depuis ce jour, la médecine a, bien malgré moi, fait son apparition dans ma vie. Je suis suivie par le Pr X, éminent néphrologue pédiatrique d'un CHU du sud de la France. Je le vois régulièrement en consultation. Je n'aime pas y aller. Il m'ausculte, si tout va bien je reste dans le cabinet, et si quelque chose ne va pas, il me fait sortir et discute avec mes parents qui m'annonceront - souvent - la mauvaise nouvelle lors du retour dans la voiture.

Je suis régulièrement hospitalisée. J'ai entre huit et treize ans. Je suis dans une chambrée de trois ou quatre enfants. La visite magistrale s'annonce. Autour de mon lit d'hôpital, une quinzaine de soignants. Je me sens emprisonnée. Le Pr X prend la parole et explique son cas à ses étudiants. Je suis dépersonnalisée. Je suis « elle ».  Je n'ai plus de prénom. Je n'existe pas. Je ne suis pas dans la chambre. Le Pr X parle de moi à la troisième personne. Il me prescrit des examens, des médicaments sans un regard. Les internes et externes regardent attentivement le professeur. C'est au tour des autres enfants.

J'ai treize ans. Je suis à nouveau hospitalisée. La visite magistrale s'annonce. Cette fois, je vais dire non au Pr X. Je le regarde dans les yeux et lui dis que je ne souhaite pas de visite avec tout ce monde autour de moi, que je me sens mal avec tout ce monde.  Il me regarde, je ne lâche pas son regard, c'est un défi mutuel. Il me répond, très bien et change de lit. Il finit ses visites avec ses étudiants. Il sors de la chambrée. Il revient 10 minutes après, seul et fait sa visite à mon chevet. A partir de ce jour...

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Commentaires (1)

Enoisette

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4 commentaires

#1

merci

merci d'avoir écrit ce texte et de nous interpeller, nous soignants, pour que l'on n'oublie pas qu'en chacun d'entre nous se cache un être humain, qui a le droit d'être entendu ..