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Des "Bracelets Rouges" pour ne pas broyer du noir !

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Quand de jeunes patients gravement malades racontent LEUR hôpital dans une série télévisée diffusée sur TF1, on pourrait craindre le pire. Mais il n'en est rien, dans un ton respectueux, direct et honnête, pas de pathos mais du vécu et de l'authentique. « Les Bracelets Rouges », série découpée en six épisodes et diffusée depuis le 5 février 2018, a été écrite par le barcelonais Albert Espinosa. Le scénario est tiré d'une histoire vraie. La sienne. Le message est clair, pour ces adolescents en proie à la maladie, « ce n’est pas triste de mourir. Ce qui est triste, c’est de ne pas vivre intensément. » La saison 1 connait un très gros succès... une saison 2 est d'ores et déjà annoncée...

Les bracelets rouges jeunes patients gravement malades

Quand les jeunes patients racontent LEUR hôpital... c'est juste touchant de réalisme et de lucidité...

Albert Espinosa, aujourd’hui âgé de 44 ans, sait de quoi il parle. Les Bracelets Rouges est un récit autobiographique qui raconte une période sa vie, entre 14 et 24 ans où, affrontant trois cancers successifs, l’hôpital devient pour lui une deuxième maison. Pendant cette période, il perd une jambe, un poumon et la moitié de son foie. Il assure pourtant avoir été heureux, au milieu des siens, des amis de son âge rencontrés à l'hôpital, des amis pour la vie ou plutôt à la vie, à la mort avec qui il partage le message suivant : Ce qui est triste, c’est de ne pas vivre intensément. Albert Espinosa explique dans les colonnes du Parisien que pour survivre, pas au cancer mais à l’ennui à l’hôpital, nous avons alors formé un club avec les autres enfants, celui des bracelets d’identification rouges qu’on nous attachait au poignet avant chaque opération. Et, si l’un de nous mourait, les autres se partageaient sa vie et ses rêves. 

« Les Bracelets Rouges » : quand les jeunes patients racontent LEUR hôpital c’est sensible et habité, authentique et sans pathos...

La série « Les Bracelets Rouges » vient donc d'être adaptée par le réalisateur Nicolas Cuche une nouvelle fois par TF1. Il le souligne : j'ai porté une attention particulière au montage, pour ne pas trop s’attarder sur les moments durs ou tristes. Je voulais bien entendu que ce soit émouvant, mais sans forcer le trait... Pour rappel, la première adaptation s'est faite en Espagne il y a quelques années sous forme de 28 épisodes sur deux saisons. Elle a ensuite été diffusée dans 19 pays, touchant près de 40 millions de personnes. Aux Etats-Unis, c’est Steven Spielberg lui-même qui s’en est emparé et a tourné une saison de Red Band Society. Ma plus grande fierté n’est pas cet immense succès d’audience, confie l’auteur dans les colonnes du Parisien. C’est qu’en Espagne comme en Italie, en Allemagne et dès lundi en France, les gens changent de regard sur les enfants malades. Qu’on ne les voie plus comme de pauvres petits mourants ou des handicapés, mais comme des héros drôles et intensément vivants. La vie en service de pédiatrie n’est pas faite de larmes et de peur, mais de bonheur et d’êtres exceptionnels qui doivent nous inspirer. »Grâce à la série diffusée sur TF1, l’auteur souhaite changer la vision du monde face aux personnes malades et entendre les téléspectateurs dire « que les héros ne portent pas de cape mais des bracelets rouges !

Attendre d'être guéri pour se remettre à vivre, c'est pas une option...

Bracelets rouges

Les deux premiers épisodes diffusés le 5 février dernier nous entraînent donc en plein monde hospitalier où Thomas, 15 ans, atteint d’un cancer du tibia, doit se faire amputer d’une jambe. Il fait alors la connaissance de Clément, 15 ans, qui partage sa chambre. Ce sera son guide car l'hôpital, il le connaît par coeur ! Il y a aussi la jolie Roxanne, atteinte d’anorexie et Mehdi, polyfracturé - mais super expansif - victime d'un accident de mobylette, Sarah et ses malaises cardiaques et Côme qui, bien que plongé dans un profond coma, est un peu « la mascotte » du service. Sous l'impulsion de Clément, le groupe se baptise « Les Bracelets Rouges », référence aux bracelets glissés à leur poignet avant chaque intervention chirurgicale. La série nous montre le vécu de ces jeunes patients hospitalisés en proie à leurs angoisses face à la maladie et aux épreuves qui en découlent mais aussi habités par leurs pulsions de vie décrites avec finesse, celles d'adolescents comme les autres avec leurs espoirs, leurs transgressions et leur grain de folie. L'humour trash est ainsi le bienvenu, rendant ces ados particulièrement attachants.

En parallèle, mais là n'est pas le propos, on fait connaissance avec leur famille et les soignants qui les prennent en charge. Le jeu des acteurs est juste, sans forcer le trait. Ni les soignants, ni les parents, ne sont mis en avant, ce sont bien les enfants qui sont les « héros » de cet hymne à la vie. L'un des ados le crie : ici on se bat pour ce qu’on a pas, ce qu’on a plus, ou ce qu’on voudrait avoir. On retrouve sensiblement l'ambiance du film de Grand Corps Malade « Patients », l'histoire d'une renaissance, d'un voyage chaotique fait de victoires et de défaites, de larmes et d’éclats de rire, mais surtout de rencontres avec un message identique on ne guérit pas seul

Regardez la bande-annonce

Bien sûr, il y a pas mal d'invraisemblances médicales - certaines très grosses - et elles n'ont pas échappé aux spectateurs, et aux infirmiers en particulier mais, de façon générale, elles ne dégradent pas la bonne impression générale qui s'est dégagée des deux premiers épisodes avec des messages sur les réseaux sociaux plutôt très positifs, avec un déluge de superlatifs. Nous vous avions d'ailleurs demandé de réagir sur notre page facebook et vous l'avez fait massivement. En voici quelques exemples.

Isabelle : Magnifique. Un beau clin d'oeil aux patients, leur famille et les équipes soignantes.

Natacha : Pas mal sur le plan émotionnel. Par contre l'œil pro a un peu moins aimé le mélange fille/garçon dans une même chambre, le patient en coma en chambre double et les patients pré-op dans le même service que celui opéré il y a 7 mois...  Mais le message passe bien et c'est le but !

Isabelle : En laissant de côté l'aspect technique et la chambre mixte, je trouve ce film très bien joué par les ados et même par les acteurs connus : émotions, sincérité, colère, culpabilité, force de se battre font passer un vrai message et tout le monde peut s'y retrouver... J'espère que la suite sera à la hauteur.

Sophie : On est loin des soins... et du verbal médical et finalement c’est bien... c’est ce qu’on recherche dans ce genre de film. On est loin de la réalité médicale mais les réactions des ados, les émotions qu’ils transmettent, les angoisses des parents sont vraies. Chacun essaie de faire comme il peut dans ces situations de grande douleur et de ce fait les personnages sont très attachants. J’attends la suite.

Brigitte : Déjà fan de cette série ! Beau mixage d'émotions, d'humour et d'espoirs. Un peu étonnée d'une chambre mixe à l'hôpital. Hâte de voir les prochains épisodes. Un excellent casting d'acteurs ! J'adore !

Alexandrine : J'ai adoré l'histoire, mon fils de 9 ans a voulu regarder et m'a posé pas mal de question sur mon travail et les enfants malades. C'est vrai que des choses sautent aux yeux des pros, mais ça ne gâche pas le fond de l'histoire

Clémence : J'ai été à la place des proches qui accompagnent, je trouve que c'est assez réaliste.

Lydie : Beau message de force, que l'on soit jeune ou plus âgé. Il faut toujours se battre et garder confiance.

Christine : C'est nettement mieux que "Nina" quand même !

Laurent : En regardant les bracelets rouges, tu prends bien conscience que certains petits problèmes de notre vie quotidienne sont tellement insignifiants... Une leçon de vie.

De son côté, InfirmieReporteR, sur sa page facebook, écrit ceci dans un texte intitulé "Drapeau Vert pour Les Bracelets Rouges". On comprend que les incohérences médicales sont là pour servir parfois maladroitement la mise en scène. Comment faire évoluer le personnage de Sarah si elle n’avait pas occupé de manière inhabituelle la chambre de Côme ? Comment livrer une image inversée de la belle au bois dormant si la salle de réveil n’avait pas été la moins surveillée de l’histoire du post opératoire ? Quel médecin ou chirurgien parlerait uniquement au père de sa jeune patiente alors qu’il a des informations importantes à lui communiquer si ce n’était pas pour présenter la difficulté du père de Sarah à lui dire la vérité ? Je vous vois venir, si ces incohérences avaient été évoquées dans la série de France 2, vous vous seriez attendus de ma part à des cris d’indignation en lettres capitales. C’est pas faux. Mais c’est peut-être là la réussite des Bracelets rouges par rapport à "Nina". Elle provoque une émotion, vraie mélange de gravité et de légèreté avec des professionnels en arrière plan aux gestes assurés. Tout ce qu’on ne laisse pas passer chez Nina semble être plus facilement pardonné ici. Probablement parce qu’elle dégage une justesse, une véracité qu’on ne peut pas comparer avec  la fraude que représente le personnage de Nina, fausse infirmière aspirante médecin shootée au Graal de la recherche diagnostique mille fois vue et revue dans toutes les séries médicales du monde mais qui se targue de « bien représenter» les infirmièr.e.s. Les bracelets rouges semble n’avoir quant à elle que l’ambition de décrire le point de vue des patients et de leur famille et elle le fait vraiment bien.

Rendez-vous lundi 19 février pour les épisodes 5 et 6 qui clôtureront la série !
Mais étant donné les très bons scores d'audiences, une saison 2 ne fait vraiment aucun doute...

Bracelets rouges

L'un des ados le crie : « ici on se bat pour ce qu’on a pas, ce qu’on a plus, ou ce qu’on voudrait avoir »

Séance de rattrapage

Les quatre premiers épisodes sont en replay

Diffusion des Episodes 5 et 6 (fin), lundi 19 février 2018, 21h sur TF1

« Les Bracelets Rouges », de Nicolas Cuche. Avec Audran Cattin, Tom Rivoire, Esther Valding, Azize Diabaté Abdoulaye (Fr., 2017, 6 × 52 min).

Creative Commons License

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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