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De la douleur d'avoir à la fierté d'être...

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Compétences infirmières

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L'infirmier(e) a mal à son métier, mal à sa pratique, et le répète sans que des instances bienveillantes soient sensible à son discours... Est-ce le bon discours, celui qui convainc et permet à la profession infirmière d'avancer, d'accroître sa visibilité, sa représentativité ? Ne faut-il pas changer de stratégie, inverser la tendance en montrant ce que les infirmier(e)s savent faire plutôt que de faire savoir sans cesse ce qu'il(elle)s peinent à faire ?... Ebauche d'analyse.

infirmières

De la fierté d'appartenir à la communauté soignante et surtout fierté de le faire savoir...

Douleur d'avoir... Le mot douleur est fort mais il imprègne de son intensité les revendications récurrentes de la profession infirmière au fil des années... Douleur de n'avoir pas de reconnaissance, ni d'écoute, douleur d'avoir - de subir - des conditions de travail dégradées, douleur d'avoir des tâches administratives de plus en plus intenses à remplir, douleur d'avoir à renier ses valeurs professionnelles, douleur de s'épuiser un peu plus davantage, douleur morale, douleurs physiques, douleur encore et toujours exprimée mots à maux... Sois sage ô ma Douleur et tiens toi plus tranquille comme l'écrivait de façon si désespérée Beaudelaire en son temps. La douleur n'est-elle pas indomptable lorsqu'elle s'installe, d'abord insidieuse, puis aiguë avant de devenir rebelle, chronique et habituelle, sans qu'aucun traitement ne la fasse céder... Se plaindre, dire ses maux, douter, se fragiliser, se désespérer... jusqu'à banaliser son discours ? Pourtant, oui, l'infirmier(e) souffre aujourd'hui d'avoir mal à son métier, mal à sa pratique, et de devoir le répéter sans que des instances bienveillantes soient sensible à son discours... Alors, une question se pose, est-ce le bon discours, celui qui convainc et permet à la profession infirmière d'avancer, d'accroître sa visibilité, sa représentativité ? Ne faut-il pas changer de stratégie et communiquer d'une autre façon, à grand bruit, tonitruant même, plutôt que dans des sanglots étouffés qui bride le message et font de la profession infirmière une victime...

La douleur n'est-elle pas indomptable lorsqu'elle s'installe, d'abord insidieuse, puis aiguë avant de devenir rebelle, chronique et habituelle, sans qu'aucun traitement ne la fasse céder...

Fierté d'être... Il y a mille et une raisons d'être fier lorsqu'on est infirmier(e)... Fier d'être formé, d'être diplômé et donc d'être compétent, fier d'être bienveillant et au service de l'autre, pour son bien et sa santé,  fier des missions que l'on doit mener, fier de tenir debout malgré les difficultés, fier d'appartenir à la communauté soignante et de bénéficier d'une belle image, fier de son expertise clinique, des études et des recherches menées,...

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Commentaires (3)

M22974

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1 commentaires

#3

Que leurs mots emportent leurs maux

Pour l'instant, mes "maux" dépassent mes "mots". Trop de fatigue, trop de stress.

Utilisateur supprimé

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494 commentaires

#2

Leader...

En France, il y a des leader en soins infirmiers ?
Le cas échéant, qui sont-ils et reconnus par qui ?

dino

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320 commentaires

#1

Rien de plus logique...

...pour moi, le malaise de la profession est effectivement de l'ordre de la perte de sens. Faire passer l'administratif avant le soin, le budget avant le bien-être des patients (et du personnel)... mais tout cela n'est que le reflet du reste, de nos choix de société foireux. Après tout, nous sommes en démocratie, n'est-ce pas ? Cela dit, je ne mettrai pas au même niveau toutes les "souffrances" évoquées ; le manque de reconnaissance - par exemple - me parait bien moins grave que le fait de transformer les soignants en moutons dociles appliquant des protocoles à la con. C'est en effet ce qu'on appelle une "injonction paradoxale" ou un message contradictoire ; on pense soigner les gens, mais non en fait, le but est plutôt de remplir des beaux dossiers et de jolies statistiques. Et bien sûr de ne pas faire de vagues. Être ainsi en porte à faux conduit à la longue à l'épuisement et au découragement. Quant à la mobilisation infirmière, elle est au même niveau que les autres : après 30, voire 40 ans d'individualisme encouragé par des gouvernements qui nous tiennent aussi par la peur (très pratique, le chômage...), comment voulez-vous fédérer les foules ? Commençons déjà par torpiller ce maudit ONI qui prétend faire notre bonheur sans nous demander notre avis.