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A lire - Du slam à l’âme...

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Fabien Marsaud a vingt ans lorsqu’un grave accident le cloue sur un fauteuil roulant. On lui annonce qu’il restera probablement paralysé à vie... Après un an passé en centre de rééducation, c’est « debout » qu’il regagnera le monde des vivants. Bien des années après, devenu le talentueux slameur Grand Corps Malade, il fait un retour en prose vers le passé et au fil d’une narration à la folle humanité, au-delà de sa propre expérience, il rend un vibrant hommage à tous ses potes d’alors qui aujourd’hui encore dans leur fauteuil roulant ne se lèveront jamais...

Édito – Du slam à l’âme...Le livre commence ainsi : « Je sors tout juste de l’hôpital où j’étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd’hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd : paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés... Bref, je sens qu’on va bien s’amuser. »

Quelques semaine auparavant, Fabien Marsaud1, pas encore vingt ans, chahute avec des amis et fait un plongeon dans une piscine. Il heurte le fond du bassin, dont l’eau n’est pas assez profonde, et se déplace les vertèbres. Coma, réanimation, verdict : tétraplégie. On lui annonce qu’il restera probablement paralysé à vie... Direction un centre de rééducation.

Dans cet ouvrage intitulé « Patients », Fabien Marsaud, devenu slameur de génie Grand Corps Malade - référence aux séquelles de cet accident mais aussi à sa grande taille (1,94 m) - y raconte le quotidien d’un gamin cloué sur un lit de misère où le moindre geste doit passer par un tiers : boire un verre d’eau, changer de chaîne de télévision, manger, faire pipi... et plus si affinités...

« Le premier jour, à l’aube, je fais la connaissance de l’aide-soignant qui s’occupera de moi tous les matins. C’est un petit homme d’une quarantaine d’années (cinquante peut-être). Ernest est antillais et on me le présente tout de suite comme le meilleur aide-soignant de l’étage. On me dit qu’il est très doux... (…) C’est Ernest qui va gérer ma vie quotidienne du matin et, en quelques jours, notre degré d’intimité va dépasser tout ce que j’imaginais. Dès lors, ce n’est quand même pas plus mal qu’il soit doux. »

« Quand tu n’es plus autonome, tu passes plus de temps à attendre qu’à faire des choses. Un bon patient sait patienter. »Avec un sens aigu de l’observation, à rebours de toute narration complaisante, Grand Corps Malade fait un usage effréné de l’autodérision, seule arme pour supporter le quotidien, ses douloureuses pensées et toutes les frustrations qui l’accompagnent. « Les gens qui venaient me voir ne pouvaient entrer dans la pièce que un par un. (…) J’avais un pote, chaque...

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Commentaires (1)

delphinelle

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2 commentaires

#1

Belle lecture

Un témoignage qui sonne juste, avec ce qu'il faut d'humour pour regarder l'injustice des vies brisées; La vie, l'espoir à chaque page. Et quelques regards lucides posés sur notre approche de soignants...
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