INFOS ET ACTUALITES

EDITO - Soignants : ils sont las d'être là...

Plus de 1300 d'entre vous ont répondu en ligne à l'enquête sur les conditions de travail proposée depuis le 22 juin dernier et jusqu'au 10 juillet 2011 sur infirmiers.com par une étudiante dans le cadre de sa formation en ressources humaines à l'ESSEC (Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales). C'est dire - et ce n'est pas nouveau - combien le sujet est sensible...

enquete conditions de travail infirmieresEnvironnement de travail dégradé, charge de travail croissante, relations hiérarchiques et d'équipes en souffrance, manque d'informations, demandes de formations rejetées faute d'effectifs, manque de reconnaissance, patients et familles violents, stress, déprime quand il ne s'agit pas de burnout et la liste n'est pas exhaustive, les infirmières vivent à l'heure du blues.

Pour en témoigner, récemment, la Fédération CFDT santé sociaux publiait les résultats d'une enquête à grande échelle sur les conditions de travail des soignants de la fonction publique hospitalière ; un véritable cri de détresse des personnels soignants qui ressentent une forte dégradation de leurs conditions de travail (pour 77 % d'entre eux), avec un impact fort sur leur santé (pour
71 %).

Les témoignages sont édifiants : « Notre travail est pénible. Nous travaillons toujours à flux tendu, le moindre arrêt nous pénalise » ; « Je travaille de nuit, les relations avec le cadre se font par courriel, le temps de réponse est exagérément long... On a l’impression de ne pas compter ou exister » ; « Même avec une motivation extrême, il est de plus en plus difficile d’exercer sereinement ! »... Oui, les conditions de travail se délitent et de nouveaux sujets d'actualité sont susceptibles d'aggraver encore la situation passage des infirmiers en catégorie A, réforme des retraites, retraite anticipée des « parents de 3 enfants » ...

En février 2008, lors de la campagne nationale d’information et de promotion des métiers hospitaliers initiée par le Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, le slogan utilisé était le suivant : « Parce que dans la vraie vie, les gens ne sont pas dotés de pouvoirs surnaturels, on aura toujours besoin de professionnels de la santé dans les hôpitaux ». Aujourd'hui, on pourrait aisément détourner le message et écrire celui-ci : « Parce que dans la vraie vie, les professionnels de la santé dans les hôpitaux - et ailleurs - ne sont pas dotés de pouvoirs surnaturels, on aura toujours besoin de prendre soin d'eux... ». Ce n'est pas gagné, même si de nièmes témoignages et résultats d'enquête sur les conditions de travail des infirmières viennent étayer un état des lieux toujours plus dégradé...

Alors que tout le monde s'accorde sur la nécessité d'une politique de « bien-être au travail » et qu'un deuxième Plan de Santé au Travail (PST2) couvrant la période 2010-2014 est en cours, il est bon de rappeler les objectifs que s'est fixé le gouvernement en la matière et notamment « la mise en œuvre effective d’actions visant à prévenir les risques professionnels et le mal être au travail, à réduire les accidents et maladies professionnels, à prévenir la pénibilité, l’usure prématurée dû au travail et la dégradation de la santé, ainsi que leurs conséquences en termes de désinsertion professionnelle ou de départs précoces. »

Une jolie formule qui laisse sans voix tant la souffrance s'est installée chez les soignants. Comme l'analyse Aline Mauranges, psychologue clinicienne en milieu hospitalier, « ce qui crée la souffrance, ou plutôt l’impossible résolution de la souffrance, c’est le décalage qui existe entre l’idéal que nous avions du métier et la réalité du terrain. Or, les conditions de travail sont telles que le fossé est énorme. »

L'actualité étaye hélas le propos comme en témoigne un communiqué de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) en date du 6 juillet dernier suite au suicide d'un jeune interne après sa garde aux urgences : « La situation est grave face à la multiplication de situations difficiles et de drames, en particulier pour les praticiens assurant la permanence des soins : épuisement professionnel, dépressions avec passages à l'acte, accidents de trajet liés notamment à la fatigue... ceci...

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (3)

BOUFFON

Avatar de l'utilisateur

6 commentaires

#3

sommes nous prets à assumer le cout des depenses de santé

Les charges du personnel correspondent a environ 70% des charges hospitalieres, voire plus
Alors , si l'on veut des reductions de dépenses il est facile de comprendre ou les effectuer
la vraie question, etant effectivement celles des objectifs des politiques de santé
Que recherche t'on vraiment?
Si la santé à un cout, jusqu'ou sommes nous prets à assumer ce cout?
Et ou se porteronT nos choix?

Mesy

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#2

Toujours plus bas

"la dégradation des conditions de travail ne s'arrêtera qu'avec la fermeture des hôpitaux." ---> et si c'était précisément le but recherché à moyen terme ?
Décourager l'effectif déjà en place,ne pas augmenter les quotas, baisser les budgets: ce qu'on ne peut pas faire disparaître on peut le vider de l'intérieur.

vertba

Avatar de l'utilisateur

25 commentaires

#1

Allez plus bas

A chacune de mes missions en tant qu'intérimaire dans un hôpital public, je ne peux m'empêcher de penser qu"ils ont touché le fond".

Quand je reviens dans ce même lieu quelques mois plus tard, je constate que finalement la dernière fois "c'était le luxe ".

Si on poursuit sur la voie actuelle, la dégradation des conditions de travail ne s'arrêtera qu'avec la fermeture des hôpitaux.