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Edito - Où va-t-on ?

Il suffit de quelques titres égrenés ces jours derniers par la presse nationale ou régionale, spécialisée ou non, pour s’inquiéter, s’offusquer, se révolter... et surtout s’interroger :
- « Villeneuve-Saint-Georges : mort et oublié dans les toilettes de l’hôpital » ;

- « A 90 ans, elle est retrouvée sans vie dans les jardins de l’hôpital Sainte-Périne »
- « Alençon : certains étudiants en soins infirmiers font les poubelles pour manger » ;
- « Infirmière, mes journées durent parfois 15 heures et on m'en demande toujours plus » ;
La question qui me taraude est donc celle-ci : où va-t-on ?

Edito - Où va-t-on ?- Où va-t-on quand, le 5 janvier, Jean-Marcel, 50 ans, est retrouvé mort dans des toilettes pour handicapés de l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), trente-six heures après y être entré ?..
- Où va-t-on quand, le 17 janvier, l’absence d’une patiente de 90 ans hospitalisée à l’hôpital Sainte-Perine (AP-HP) est constatée à 21h50, après un « dernier contact direct avec le personnel » survenu à 21h30, et que son corps est retrouvé sans vie le lendemain en début d’après-midi, dans le parc de l’établissement, après une nuit au froid plus qu’hivernal ?
- Où va-t-on quand « L'Assepsie », association étudiante de l'Ifsi de la Croix Rouge, à Alençon, tire la sonnette d'alarme et alerte les pouvoirs publics : une enquête révèle que 62% de ceux qui fréquentent cet Ifsi rencontrent des problèmes financiers ? Beaucoup ont en effet plus de 28 ans et n'ont plus droit aux traditionnelles « bourses ». Désargentés, ils le sont vraiment et trois ans d’études c’est long...
- Où va-t-on quand cette infirmière déclare « Les soins relationnels, le "prendre-soin", la bienveillance, tous ces petits plus dans les soins qui font la différence ne peuvent plus être assurés. (…)  Nous sommes tous de futurs patients et je voudrais pouvoir soigner comme j'aimerais qu'un proche le soit » ?

Oui, où va-t-on quand la surveillance élémentaire d’une patiente souffrant de troubles cognitifs échappe aux soignants ?
Où va-t-on quand une porte de toilette hospitalière fermée 36 heures durant n’inquiète personne ?
Où va-t-on quand on laisse sans revenus des étudiants qui ont choisi la voie du soin à autrui ?
Où va-t-on quand le rôle propre infirmier ne peut plus s’exercer et que les valeurs du soin ne cessent de se dégrader jusqu’à disparaître ?

Reste encore une question après ce court développement de ces « faits d’hiver » qui en appellerait bien d’autres : comment en arrive-t-on là ?
Au-delà des responsabilités des uns et des autres, des dégradations du système de santé, de la déliquescence des conditions de travail qui ne peuvent en aucun cas excuser ces situations inacceptables, reste une ultime question : pourquoi y va-t-on ?
Ne sommes-nous pas arrivés au bout du bout de ce qui est acceptable ?

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com

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Commentaires (5)

Heartofblackangel

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5 commentaires

#5

Droit dans le mur...

Je pense qu'il est grand temps que les choses changent. Ces quelques constatations ne sont qu'une partie de l'iceberg. L'origine du problème vient de notre société: ce monde froid où l'argent, le manque d'humanité (et j'en passe) font partie du quotidien. Je pense que chacun d'entre nous doit prendre conscience de cette triste réalité et réagir face à elle. Ce n'est bien sûr pas évident, j'en conviens.

wilh

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1 commentaires

#4

oui... ou va t'on?

je suis étudiante IDE, ancienne aide soignante. ce que je lis la ne me surprend meme pas... en tant qu'aide soignante, je l'ai vu un nombre de fois inimagnable et en tant qu'etudiante, je l'ai vecu en direct, j'en ai fait part à mon IFSI et ca c'est retourné contre moi...

ninonneniconne

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13 commentaires

#3

Tout va bien!

Mais oui tout va bien!
Les infirmières font comme il faut le lavage des mains!!!
- même si le savon est agressif, que les serviettes en papier coûtent cher ça râle dans la "cadrerie de santé" car on en consomme trop!-
C'est écrit sur l'affichette près du lavabo, avec même des petits dessins pour bien faire comme il faut... ça c'est un signe tangible de "qualité" maintenant!
Sauf que je travaille en psychiatrie, alors se laver les mains toutes les 5 minutes pour lutter contre les maladies nosocomiales, heuuuu à part ce à quoi vous pensez tous et qui se propage comme la peste dans nos hôpitaux, je ne vois pas!

dino

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320 commentaires

#2

Perversion, vous avez dit perversion ?

...en fait, la Santé reflète ce qui se passe à l'échelle de toute la société et nous sommes dans la logique de tout système qui oublie ce pourquoi il a été conçu ; le but de l'hôpital est bien de justifier son existence à l'aide d'outils statistiques et comptables, et sûrement pas celui de soigner les gens. Les grimaces que l'on fait autour des démarches-qualité, des protocoles à deux balles censés "améliorer la pratique" ne sont que des cache-misères pitoyables. Et ne me parlez pas de "l'humanitude", la dernière porte ouverte qu'il est à la mode d'enfoncer...

Nonnnno

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4 commentaires

#1

Ou va t-on?

Malheureusement la T2A ne cote pas l'ouverture d'une porte, ni la recherche des patients,... Faire des économies oui mais peut on le faire à n'importe quel prix?