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"D’énervement, il a jeté son portable sur ma collègue !"

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Les services de psychiatrie, les urgences ou la gériatrie seraient les plus touchés par les faits de violences verbales ou physiques en milieu de santé selon le dernier rapport de l’Observatoire National des Violences en Milieu de Santé (ONVS). Les principales victimes de ces actes restent les professionnels de santé et notamment les infirmiers et les aides-soignants. C’est pourquoi l’ONVS conclut en insistant sur l’intérêt des formations pratiques à la gestion des agressions pour tous les personnels de santé.

Poing vitre brisée violence

Fait marquant : les violences physiques sont les plus courantes (33%) passant devant les insultes (33%), les menaces d’atteintes à l’intégrité physique (17%) et les menaces avec une arme (1%).

À 19h30, l’infirmier entre dans la chambre d’isolement pour chercher le plateau repas. Le patient semble calme mais, dès l’ouverture de la porte, il tente de pointer l’infirmier à la face à l’aide d’une cuillère à soupe coupée devenue une arme blanche du fait de son extrémité saillante et tranchante. L’infirmier se protège avec sa main mais le coup atteint la paume (15 jours d’arrêt de travail). À noter que ce patient avait déjà agressé dans l’après-midi quatre soignants : griffures et morsures (plaies superficielles). Le rapport de l’ONVS comprend près de 200 signalements ou extraits de ce genre. Insultes, coups, griffures, menaces, les soignants ne sont pas à l’abri d’un éclat de colère d’un usager.

En 2017, 22 048 actes répréhensibles ont été signalés par 446 établissements sanitaires et médico-sociaux, soit une augmentation de 25,3% par rapport à l’année précédente. Rappelons que l’ONVS recueille non seulement les atteintes aux personnes et aux biens les plus graves, mais également les incivilités qui pourraient être considérées comme mineures. Sur la totalité de ces signalements, 81 % sont des atteintes à la personne et 19% des atteintes aux biens. Plus précisément, sur les violences envers un tiers 19% auraient un lien avec un trouble psychique ou neuropsychique (TPN) dont souffrirait l’auteur. Ce qui explique, du moins en partie, pourquoi 20% des faits signalés se sont déroulés dans un service psychiatrique dont 35% sont clairement associés à des TPN. Ensuite, ce sont les services d’urgences et de gériatrie (USLD ou EHPAD) qui sont les plus concernés comptabilisant 16% et 11% des actes de violences. Si aux urgences les agressions en lien avec des troubles psychiques sont mineurs (5%), ils sont prépondérants auprès des personnes âgés (41%). Ces observations peuvent s’expliquer par le fait que certains résidents souffrent de maladies neurodégénératives. Par exemple, voici ce qui a été relevé dans une unité Alzheimer : Patient agressif lors du change du début de nuit, a donné un coup de pied, un coup de poing et a craché plusieurs fois au visage de l’infirmière. Le soin a été fait à deux avec l’aide-soignante, qui, elle aussi a été agressée. Le lendemain, l’infirmière constate qu’elle a un ongle de pied qui saigne.

Fait marquant : les violences physiques sont les plus courantes (33%) passant devant les insultes (33%), les menaces d’atteintes à l’intégrité physique (17%) et les menaces avec une arme (1%).La majorité des signalements (2 250) proviennent des hôpitaux publics (CHU, CH, hôpitaux psychiatriques). L’Île-de-France de France concentre plus du quart des déclarations (25,8%).Violences envers autrui : les soignants sont les plus impactésD’après les chiffres, 31 386 victimes d’atteintes à la...

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Commentaires (1)

coe2

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36 commentaires

#1

Soyons honnête !

La violence est partout, dans tous les domaines, dû au laisser-faire de nos dirigeants depuis des années.
Mais la violence aussi est dans les 2 camps : usagers, et professionnels.
Un vécu très récent en service d'urgence qui frôle la "non-assistance à personne en danger par l'équipe médicale (??) et par ailleurs, une relation agressive du personnel de service envers les patients.
Entre coupable et victime, les 2 camps se rejoignent, car les professionnels se plaignent mais n'ont pas le courage d'agir pour le bien de la profession. La majorité s'en fiche, d'où de plus en plus d'incompétence, alors forcément ….. !!
Je sais, c'est dur à entendre, mais c'est la triste réalité