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Entre 1.000 et 1.500 infirmiers ont manifesté jeudi devant le ministère de la santé

Entre 1.000 infirmiers anesthésistes (Iade), selon la police, et 1.500, selon les organisateurs, ont manifesté devant le ministère de la santé jeudi matin pour dénoncer le protocole d'accord relatif à la réforme LMD (licence-master-doctorat), qui, selon eux, pénalise les infirmiers anesthésistes en ne les revalorisant pas suffisamment.

Ce protocole d'accord prévoit notamment le passage en catégorie A des infirmiers mais la suppression du droit à partir à la retraite à 55 ans. Il prévoit également des revalorisations des grilles salariales à la fois pour les infirmières diplômées d'Etat, mais également pour les infirmières spécialisées. Seul un syndicat (SNCH) a signé l'intégralité du protocole, rappelle-t-on.


D'autres syndicats d'infirmiers (Snics-FSU, Snies-Unsa Education, SNPI et CNI) avaient également appelé de leur côté à une manifestation parisienne au départ de la gare Montparnasse pour réclamer la remise en cause du protocole d'accord, rappelle-t-on.

Le Syndicat national des praticiens hospitaliers en anesthésie réanimation élargi (SNPHAR-E) avait indiqué fin février qu'il soutenait la grève des Iade et qu'il appelait l'ensemble des professionnels travaillant au sein des blocs opératoires à tout mettre en oeuvre pour que soit respecté le droit de grève des infirmières anesthésistes, rappelle-t-on.

La direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (Dhos) a précisé à l'APM que le taux de grévistes jeudi des infirmiers anesthésistes s'élevait à 48% alors que celui des infirmiers diplômés d'Etat était de 0%.

Devant le ministère, les infirmiers anesthésistes avaient tous revêtu leur blouse bleue et brandissaient des pancartes avec des slogans tels que "étudier plus pour gagner moins", "protocole Bachelot: moins de sécurité dans les blocs" ou encore "payer pour intuber pas pour être entubés", a constaté l'APM sur place.



Des délégations des hôpitaux parisiens et de province étaient présentes. Un infirmier anesthésiste de Mayotte avait également fait le déplacement.

La présidente du Syndicat national des infirmiers anesthésistes (Snia), Marie-Ange Saget, a précisé à l'APM que des cars avaient été affrétés pour faire venir environ 800 personnes de province et que des actions locales étaient également organisées.

Elle a expliqué que les infirmiers souhaitaient une reconnaissance de la profession au grade de master et une revalorisation plus importante que celle prévue dans le protocole d'accord. Elle a fait remarquer que les infirmiers anesthésistes étaient les seuls parmi les infirmiers spécialisés à faire cinq années d'études.

Alors que les infirmiers diplômés d'Etat (IDE) "gagnent dans le protocole d'accord 70 points [d'indice nouveau majoré]" et que les autres infirmiers spécialisés (infirmiers de bloc opératoire Ibode et infirmières puéricultrices) obtiennent 50 points, les infirmiers anesthésistes "ne sont revalorisés qu'à hauteur de 35 points", a déploré Marie-Ange Saget. Le Snia souhaite une revalorisation de 50 points par année d'études, soit 100 points au total, a-t-elle expliqué.

Une délégation de représentants du Snia, de SUD et de la CGT a été reçue par le ministère de la santé en milieu de journée.

Marie-Ange Saget a précisé qu'il y avait une "volonté affichée" de la part du ministère de reconnaître la profession au grade de master. "Il faudra voir ensuite si cette volonté est réelle", a-t-elle relevé.

"Les revalorisations passeront par cette reconnaissance", a ajouté la présidente du Snia. Il faut donc continuer à travailler sur le référentiel de compétences, qui est finalisé et le référentiel de formation qui est en cours, a complété Marie-Ange Saget, estimant que les Iade ont été entendus.

Contacté jeudi par APM, le ministère a confirmé qu'il n'était pas opposé à une reconnaissance au grade de master "si le groupe de travail abou[tissait]". Le ministère de travail a précisé qu'il espèrait que les réunions de travail aboutissent d'ici la fin de l'année.

Une fois cette reconnaissance obtenue, le ministère se dit prêt à revoir les rémunérations des infirmiers anesthésistes. La rémunération pourrait être revue, soit par une révision des grilles, soit grâce à une revalorisation du régime indemnitaire, précise-t-on.

Le ministère a prévu plusieurs réunions pour aborder ces sujets avec les représentants des infirmiers anesthésistes.

 

Interview de Pascal ROD - SNIA

Une forte mobilisation


Un long cortège d'IADE

Délégation reçue au Ministère de la santé


 

IDE : un autre mouvement d'action le 30 mars

Près de 200 infirmiers, selon les organisateurs, ont également défilé jeudi matin à Paris de la gare Montparnasse au ministère de la santé, dans une action de protestation indépendante du mouvement des infirmiers anesthésistes, à l'appel du Syndicat national des infirmières conseillères de santé (Snics-FSU), du Syndicat national des infirmières éducatrices de santé (Snies-Unsa éducation), du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI, CFE-CGC) et de la coordination nationale infirmière (CNI).

Les syndicats, qui réclamaient également une remise en cause du protocole d'accord revalorisant le statut des infirmiers dans le cadre de la réforme LMD, ont également été reçus par une délégation au ministère de la santé.

"Nous sommes clairement déçus [de la faible mobilisation] mais pas découragés", a déclaré le secrétaire général du SNPI, Thierry Amouroux, interrogé par l'APM à l'issue de la manifestation. "Quand il y a une multiplicité des appels, les gens ne s'y retrouvent plus".

"On savait que ce n'était qu'un début", a ajouté le responsable syndical, faisant remarquer que le mouvement des infirmiers en 1988 avait "commencé de la même façon" et annonçant un nouveau mouvement d'action le mardi 30 mars dans les régions, à l'occasion de l'examen à l'Assemblée nationale du projet de loi relatif à la rénovation du dialogue social dans la fonction publique, dont une des mesures prévoit de repousser l'âge de départ à la retraite pour les infirmiers à 60 ans, conformément au protocole d'accord.

Par ailleurs, le syndicat CGT de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) a indiqué dans un communiqué qu'une action pour dénoncer le protocole avait rassemblé jeudi environ 200 soignants hospitaliers et qu'une délégation, composée de la CGT, de la CNI et de SUD santé, avait été reçue par la préfecture.

 

Interview de Nathalie Depoiré - CNI

Interview de Thierry Amouroux - SNPI

Interview de Brigitte Accart et Bétrice Tajan - SNIES


 

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Commentaires (1)

aqrv

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94 commentaires

#1

Difficile

de mobiliser Monsieur AMOUROUX lorsque votre syndicat discretionnaire est le chantre de l'ordre infirmier.