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Environ 3000 infirmiers dans la rue ! La discussion sur les retraites est repoussée au mercredi 7 et jeudi 8 avril

Plus de 3.000 personnels hospitaliers au total ont manifesté mardi dans les rues de Paris à l'appel des syndicats qui ont organisé deux rassemblements séparés, pour demander l'abrogation d'un article de loi remettant en cause la catégorie active et le droit de départ à la retraite des infirmiers, a constaté l'APM sur place.

La mobilisation a eu lieu alors que la discussion du projet de loi sur la rénovation du dialogue social dans la fonction publique, dans lequel a été introduit l'article 30 qui remet en cause le droit pour les infirmiers de partir à la retraite à 55 ans, a été repoussée au mercredi 7 et jeudi 8 avril , alors qu'elle était initialement prévue ce mardi .

Dans le contexte de la discussion de ce projet de loi, les organisations syndicales CGT, CFDT et SUD avaient appelé à un rassemblement devant l'Assemblée nationale en fin de matinée, tandis que de leur côté, FO et la CFTC avaient appelé à une manifestation nationale en début d'après-midi à partir de la gare Montparnasse.

Selon certains responsables syndicaux, un consensus n'avait pu être trouvé en dépit de l'appel commun à supprimer l'article 30, dans la mesure où le projet de loi sur la rénovation du dialogue social a été approuvé par les uns et repoussé par les autres.

A l'appel des organisations syndicales CFTC, FO, CFE-CGC et Unsa, entre 1.800 (selon la préfecture de police) et 6.000 (le chiffre estimé par FO) personnels hospitaliers ont manifesté depuis la gare Montparnasse jusqu'à la place Vauban (Paris VIIème), non loin du ministère de la santé.

"Nous voulons faire reculer le gouvernement et faire en sorte qu'il suspende le dispositif", a déclaré à l'APM Didier Bernus, secrétaire général FO de la branche des services de santé. "Il n'est pas question d'expérimenter la réforme des retraites sur notre dos".

Le responsable syndical a souligné la difficulté de faire sortir les personnels hospitaliers de leurs établissements mais a salué la présence d'infirmiers venus de départements éloignés.

A la tête d'un cortège plus modeste de la CFTC, son représentant Bernard Sagès a redit l'opposition de son syndicat à la "suppression de la pénibilité". "Nous avons beaucoup de remontées [nous faisant part] de l'opposition des personnels à cette mesure", a indiqué le responsable syndical.

Entre 800 (selon la préfecture de police) et 2.000 (selon les organisations syndicales) infirmiers, essentiellement des infirmiers anesthésistes diplômés d'Etat (Iade), ont parallèlement répondu à l'appel lancé par la CGT, la CFDT et SUD et se sont rassemblés aux abords de l'Assemblée nationale pour réclamer la suppression de l'article 30 et dénoncer les conditions salariales offertes aux Iade dans le protocole d'accord rénovant le statut des personnels paramédicaux dans le cadre de la réforme LMD (lience-master-doctorat).

Des infirmiers issus d'établissements hors Ile-de-France avaient fait le déplacement et parmi les manifestants, on distinguait notamment des personnels issus des établissements hospitaliers de Pau, Caen ou encore Poitiers.

Le représentant du collectif des infirmiers anesthésistes pour la CGT, Philippe Lamarche, a indiqué à l'APM que des manifestations régionales étaient également prévues et qu'elles devaient avoir lieu à Toulouse, Bordeaux, Marseille, Montpellier, Rennes ou encore Mulhouse (Haut-Rhin).

"Nous sommes satisfaits de la mobilisation même s'il n'est pas simple de mobiliser les personnels infirmiers, en particulier pour des problèmes d'organisation", a déclaré Philippe Lamarche, soulignant toutefois que les personnels Iade "[étaient] mobilisés" et que leur grève "a[vait] une répercussion sur le fonctionnement des blocs opératoires".

"Demander une contrepartie, c'est une tromperie gouvernementale", a déclaré Dominique Coiffard, secrétaire national de la CFDT santé-sociaux, interrogé par l'APM au cours de la manifestation.

De son côté, le représentant de SUD santé sociaux, Jean-Marie Sala, a qualifié de "provocation" l'attitude du gouvernement consistant à faire passer "dans un projet de loi qui vise à officialiser les accords majoritaires" une mesure "qui a été refusée par l'ensemble des organisations syndicales, à l'exception du SNCH" (Syndicat national des cadres hospitaliers).

La discussion à l'Assemblée nationale repoussée au 7 avril

Ce report devrait permettre au gouvernement de demander sur le texte une procédure de temps législatif programmé, qui limite la durée maximale pour l'examen de l'ensemble du projet de loi, avec affectation d'un temps donné à chaque groupe politique.

Cette procédure n'est possible que si un délai de six semaines est laissé entre le dépôt du projet de loi et la discussion en séance publique, ce qui serait le cas le 7 avril.

Le projet de loi sur la rénovation du dialogue social dans la fonction publique a été déposé une première fois le 1er avril 2009, sans trouver de date de discussion dans le calendrier parlementaire. Il a été réactivé avec l'ajout, le 23 février, d'un article, par lettre rectificative du gouvernement, permettant d'inclure les dispositions sur le report de l'âge légal de la retraite des infirmiers, négocié dans la cadre d'un accord sur leur passage en catégorie A.

Le groupe socialiste a déposé environ 5.500 amendements uniquement sur le nouvel article 30 du projet de loi sur la retraite des infirmiers, a-t-on appris auprès du groupe.

Le président du groupe, Jean-Marc Ayrault (Loire-Atlantique) conteste la méthode du gouvernement et a demandé le retrait pur et simple du projet pour ne pas avoir un examen "à la sauvette".

"La retraite des infirmières doit être traitée dans le cadre global de la réforme des retraites, comme le demandent leurs organisations syndicales, et pas en marge", a-t-il indiqué lundi dans un communiqué.

"Au nom de quels critères les infirmières devraient-elles subir une règle du jeu différente des autres salariés? Pourquoi le gouvernement veut-il passer en force sur ce dossier alors même que le Président de la République a promis de laisser le temps au dialogue social? L'allongement de l'âge légal du départ à la retraite des infirmières, sans négociation sur la pénibilité de leur travail, est-elle la préfiguration de ce que le gouvernement prépare pour tous les salariés?", s'interroge-t-il.

Une manifestation des infirmiers est prévue mardi à proximité du Palais-Bourbon pour réclamer l'abandon de la réforme.

 

La CNI (Coordination Nationale de Marseille) a publié un communiqué dans lequel il dresse un premier bilan des mobilisations du 30 mars.
En savoir plus -
La Coordination Nationale Infirmière dresse un bilan de la manifestation

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Commentaires (3)

zeb24

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#3

Correctif

Et les IADE qui ont constitués l'essentiel des manifestants ici réclament surtout une juste reconnaissance professionnelle et salariale de leur responsabilité et de leur niveau d'étude.
La retraite passe après.

zeb24

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53 commentaires

#2

Correctif

Encore une manifestation uniquement IADE !!

Ou sont les infirmiers ??

aqrv

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94 commentaires

#1

ET PENDANT

ce temps la Reine LEBOEUF maintient la cotisation à 75 euros(les infirmiers devront donc s'acqitter de 150 euros+25 euros de pénalités +25 euros de majoration)...un total de 200 euros....Elle essuie d'un revers de manche les critiques des députés ump ....on assénant sans sourciller qu'yves BUR est plutôt favorable à l'ordre.....HALLUCINANT....L'ordre infirmier plus fort que la république,que le chef de l'état,que l'ONU,que le FMI...et Leboeuf pourrais tu descendre de ton pied d'estalle et regarder les infirmiers avec un peu plus de modestie et de realisme politique...