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Fin de vie en EHPAD : et s'il y avait plus d'infirmiers ?

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Le 11 septembre 2013, l'Observatoire National de la Fin de Vie (ONFV) a révélé les premiers résultats d'une étude sur la fin de vie en Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Chaque année en France, 90.000 personnes âgées décèdent en EHPAD. L'ONFV s'est intéressé à la fin de vie dans ces établissements. Il y a encore beaucoup à faire...

Personne âgée

Il est indispensable d'améliorer les conditions de fin de vie en EHPAD

L'Observatoire National de la Fin de Vie (ONFV) a publié, le 11 septembre 2013, les résultats d'une enquête1 portant sur les conditions de fin de vie en Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Manque d'infirmiers, inconfort physique des patients, médecins coordinateurs peu formés aux soins palliatifs... Les résultats sont sans appel : il est indispensable d'améliorer les conditions de fin de vie en EHPAD.

L'étude démontre notamment que seuls 13,8 % des EHPAD disposent d'une infirmière présente la nuit. Sur notre page Facebook, les commentaires postés semblent confirmer cette tendance. Ainsi, Marie souligne que  en effet, soit il n'y a pas d'IDE, soit elle est seule pour plus d'une centaine de patients... alors... il faut en conclure quoi ? Que les personnes âgées n'ont pas le droit à une prise en charge la nuit ? Elles n'ont pas le droit d'être malades, d'avoir une complication ? Et aucun soins infirmiers la nuit ?. Patricia ajoute : il n'y a pas d'IDE la nuit là ou je travaille... S'il y a un gros souci, direct le 15.... De son côté, Sébastien considère que la présence d'une infirmière de nuit devrait être une obligation. Est-ce normal que dans certains établissements, il n'y ait même pas d'aide-soignant, d'auxiliaire de vie ou d'agent des services hospitaliers ?. Quant à Stéphanie, elle regrette que l'importance de son poste soit minimisée : je suis infirmière de nuit dans une maison d'accueil pour personnes âgées dépendantes. Mon poste est en question depuis quelques années puisque beaucoup de monde pense qu'il est inutile ! Je pense honnêtement que s'il n'y avait pas de médicaments à préparer, mon poste aurait déjà sauté. Peu de monde reconnaît l'intérêt d'un tel poste même si l'on doit gérer un certain nombre de problèmes : gestion des périmés, pharmacie, commandes, chariot d'urgence... Sans oublier les sollicitations fréquentes des résidents.

Une question s'impose : les personnes âgées n'auraient-elles pas droit à des soins infirmiers la nuit ?

En outre, selon les résultats de l'enquête, 25 % des résidents décèdent après avoir été transférés à l'hôpital alors que la présence d'un infirmier de nuit pourrait pourrait éviter chaque année 18.000 transferts en urgence à l'hôpital, selon l'ONFV. Sur Facebook, selon Grégory, une IDE la nuit améliorerait la prise en charge général des résidents ainsi que les soins de fin de vie aux personnes âgées. Elle assurerait également la continuité des soins et soulagerait sans doute la charge de travail des IDE de jour ! Les EHPAD évoluent, l'IDE de nuit sera sans doute là... Avançons....

L'étude pointe du doigt le fait que les médecins coordinateurs ne sont pas tous formés pour accompagner au mieux les résidents en fin de vie. Ainsi, un quart d'entre eux n'a suivi aucune formation en soins palliatifs alors qu'un EHPAD fait face en moyenne à vingt décès par an. L'ONFV constate également qu'au cours des deux dernières semaines de vie, une décision de limitation ou d'arrêt des traitements a été prise pour 39,7 % des résidents décédés en EHPAD de façon non-soudaine, en application de la loi Léonetti.

Des solutions simples et peu coûteuses à mettre en œuvre...

Au travers de cette enquête, l'ONFV souhaite alerter les pouvoirs publics sur les efforts qu'il reste à fournir pour que la fin de vie en EHPAD soit mieux vécue. Ainsi, 7 % des résidents en fin de vie supportent des douleurs très intenses durant les dernières vingt-quatre heures avant leur décès et un quart subissent un réel inconfort physique au cours de leur dernière semaine de vie. En outre, 25 % des patients meurent sans entourage à leurs côtés. Pour l'ONFV, il existe des solutions simples à mettre en œuvre et globalement peu coûteuses qui pourraient largement améliorer les condition de la fin de vie en EHPAD.

Du côté du ministère des Personnes âgées et de l'Autonomie, il semblerait que des expérimentations soient en cours, notamment pour mutualiser des IDE, la nuit, entre des établissements proches géographiquement.

L'infirmière, décidément au centre de bien des problématiques de santé... et c'est tant mieux !

Note

1. Enquête réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 3.705 établissements répartis dans toutes les régions françaises entre le 1er janvier et le 31 décembre 2012

Creative Commons License

Aurélie TRENTESSE Rédactrice Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com

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Commentaires (5)

charimarlotte

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#5

Ne négligeons pas les responsabilités politiques.

N'empêche que si l'ARS le décidait il y en aurait. Et c'est un peu facile pour l'ARS de laisser les établissements décider si oui ou non il y a besoin d'infirmiers la nuit. Il suffirait de le décréter.

Creol

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#4

oui mais

Oui, mais là aussi c'est l'argument béton, on embauche pas parcequ'on peut pas, l'ARS "veut" pas.

charimarlotte

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#3

Et si l'ARS s'en mêle?

A priori c'est plutôt l'ARS qui décide des dotations soignants?

Creol

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#2

Un infirmier la nuit = des postes d'As/ASL en moins

Compte tenue de la politique des MDR qui doit d'abord et avant tout redistribuer ses bénéfices à ses actionnaires, et compte tenue du sous effectif institutionnalisé en MDR, un infirmier la nuit c'est inévitablement des postes en moins.

Sans compter l'argument qu'on est dans un lieu de vie et pas dans une unité médicalisé et tout le blabla qui va avec.

charimarlotte

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#1

Un(e) infirmier(e) la nuit ce serait aussi moins d"hospitalisations...

Le fait d'avoir un infirmier la nuit ça serait un vrai bénéfice et d'abord pour la sécu!

Eh oui, un infirmier sur 24h ça permettrait sans doute d'avoir beaucoup moins d'hospitalisations et des hospitalisations de moins longue durée puisque les soins seraient continus et la surveillance aussi. Cela éviterait des appels vers le 15 inutiles (resonder la nuit par exemple).

La distribution des médicaments de nuit serait faite par l'IDE et on ne refuserait pas un Doliprane à un résident qui a une soudain mal de tête...

Les soins seraient mieux répartis sur 24H et on n'hésiterait pas à proposer des perfusions intra-veineuses pour les réhydratations qui sont beaucoup plus efficaces.

Bien sûr, les situations de fin de vie seraient mieux prises en charge mais il s'agit aussi de toutes les situations de soins en général.

La démarche de soins globale est valable pour toutes les situations de soins et c'est une démarche infirmière.