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Fin de vie : ils affrontent la mort en écrivant leur biographie

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Soins palliatifs

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« Le livre de la vie est le livre suprême qu'on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix. Le passage attachant ne s'y lit pas deux fois, mais le feuillet fatal se tourne de lui-même » (Alphonse De Lamartine). Pour les patients du CH de Chartres, ce livre prend vie grâce au talent d'une femme, une écrivaine, une biographe. Au service de ceux qui souhaitent laisser une trace de leur passage, page après page,  elle tisse avec eux leur histoire avant que le livre ne se referme...

fleur livre crédit photoHuit années se sont écoulées pour Valéria Milewski depuis le début de son activité emprunte d'originalité. Dans le service oncologique de l'hôpital Louis Pasteur de Chartres, elle a décidé de mettre son talent d'écriture au service des patients en fin de vie. Séance après séance, elle les accompagne et aide à affronter l'inévitable de façon profonde, noble, altruiste… J'ai eu cette intuition : se raconter, se déposer, se ressaisir par l'écriture pouvait alléger les derniers moments, et permettre aux personnes de ne pas perdre le fil de leur humanité, relate celle qui a fait de la biographie hospitalière son métier. Une idée qui lui est venue en 2004. Trois ans plus tard, elle intègre ce service de cancérologie afin d'écrire le récit des patients gravement malades. Ce sera en tout une centaine de personnes qui partagera avec Valéria l'histoire de leur vie…

Huguette, l'infirmière dévouée...

Huguette, 76 ans, a toujours regretté de connaître si peu de l'histoire de ses parents. Ils sont partis sans que je sache grand-chose d'eux. Elle souhaite à son tour partir mais en laissant derrière elle, à ses proches, une partie d'elle-même... Des histoires. Son histoire. Celle d'une d'infirmière pleine d'humanité et d'empathie, qui aujourd'hui a besoin à son tour d'être accompagnée... J'ai eu une belle vie. Ce qui m'effraie le plus, c'est la déchéance, de devenir complètement dépendante.  Celle qui a soutenu tant d'âmes fatiguées durant des années aura à ses côtés Valéria pour l'ultime étape de sa vie. A chaque séance, Huguette raconte ses mémoires à son auditrice attentive. Il n'est alors plus question ni de soins techniques, ni de protocoles. Seule reste la transmission d'un vécu riche en relations authentiques et humaines. J'ai l'impression d'avoir bien conduit ma vie, j'aimerais bien conduire ma mort. Ici, c'est pas la science pour la science, il y a un lien de confiance, confie la soignante condamnée.

J'ai l'impression d'avoir bien conduit ma vie, j'aimerais bien conduire ma mort. Valéria Milewski, biographe hospitalière au CH de Chartres Raconter son histoire pour mieux comprendre sa vieDes « Huguette », il y en a eu beaucoup. Valéria se souvient notamment d'un père de famille qui s'empressait de se rendre à ses séances et qui a laissé à sa fille de 6 ans le livre de sa vie. « Je vous aime » furent les derniers mots qu'il pu graver à jamais dans le cœur de ses proches...

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