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Fin de vie : une question de soin mais aussi de société

Loin d’être seulement une question de soin, la fin de vie est aussi, bien plus largement, une question de société qui nous concerne tous. Alors que le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) vient de rendre un rapport sévère à l'égard du monde médical, décryptage et mise en perspective avec Tanguy Châtel, expert sur le sujet, à l’occasion d’une conférence publique organisée par l’Association pour le développement des soins palliatifs (ASP) de Toulouse dans le cadre de la journée mondiale des soins palliatifs.

perfusion

Tanguy Châtel, sociologue : point de vue sur la fin de vie

Jusqu’au XIXe siècle, la fin de vie était l’affaire de tous et la mort omniprésente. Il s’agissait d’une chose commune, apprivoisée, qui faisait partie du commun des mortels. Mais ensuite petit à petit et jusqu’au milieu du XXe siècle - celui de la prophylaxie et de l’institutionnalisation de la santé -, la mort a disparu de notre environnement et s’est médicalisée. Elle est alors devenue l’affaire des spécialistes (médecins) et elle est occultée, niée. Ainsi donc, toute l’élaboration autour du sens de la vie se délite entre les années 50 à 80, a expliqué Tanguy Châtel, bénévole en soins palliatifs depuis une quinzaine d’années en Ile-de-France, sociologue, formateur-conférencier et chargé de mission à l’Observatoire national de la fin de vie (ONFV) de 2010 à 2013 en préambule de cette conférence qui s’est tenue le 11 octobre dernier à Toulouse. Mais la négation des mourants, tout comme l’acharnement thérapeutique et la déshumanisation des hôpitaux vont initier au cours des années 80 la révolte des soins palliatifs. Petit à petit ce mouvement, composé de soignants et de citoyens, gagne son droit de cité et réhabilite ainsi l’idée selon laquelle les soins palliatifs sont bel et bien l’affaire de tous. Et ce dernier d'ajouter paraphrasant Clemenceau : La fin de vie est une chose trop sérieuse pour la laisser aux seuls soignants.

Une question de soin…

Toutefois, ce mouvement de contestation n’avait pas vocation à rejeter la médicalisation ou l’hôpital. D’ailleurs les soignants qui la portaient ne voulaient rien d’autre sinon améliorer le système pour apporter aux soins prodigués un supplément d’âme et de souci de l’autre a poursuivi Tanguy Châtel.Un avis partagé par Alain Cordier, vice-président du CCNE qui, le 21 octobre dernier, lors de la récente présentation à la presse du dernier rapport du CCNE sur le...

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Commentaires (3)

Laura F

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2 commentaires

#3

fin de vie = regarder mourrir?

En effet, il y a encore beaucoup de travail en matiere d'accompagnement en fin de vie. Je suis IDE en EHPAD et pour exemple recement nous avons accompagné un monsieur en fin de vie qui etait encore tout a fait lucide. Un soir a 21h ce monsieur monte a 39 de tempet et avait du mal a respirer tant il etait encombré. Aspiration inefficace.J'appelle le 15 et on me repond "si il est en fin de vie on ne peut rien faire". Ok alors on le laisse s'etouffer dans ses secretions? Apres avoir fait des pieds et des mains, ils envoient quand meme un medecin de garde qui lui me reprimande "c'est vous qui avez dit qu'il est en fin de vie?c'est n'importe quoi, la fin de vie c'est quand on est comateux,plus conscient juste avant la mort!"
Je ne sais pas quel adjectif pourrait qualifier ce que l'on ressent dans une telle situation:desespoir?revoltée?impuissante?colere?....

dino

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320 commentaires

#2

Revers de médaille...

La fin de vie, une question de société ? Mais le choix est déjà fait ; messieurs-dames, ayez la décence de mourir dans votre coin sans que ça coûte trop cher. Le prix à payer pour vivre dans un monde jeune, dynamique, performant...

execho

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188 commentaires

#1

l'urps bretagne

reconnait le travail des IDELS,et là,rien.Pour rappel,on a été virée des EPHAD et maintenant on appelle(ou pas)l'HAD.C'est pénible de lire que les soignants ne sont pas au domicile à accompagner les fins de vie,vraiment pénible!