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En France, toutes les sept minutes, une femme est violée...

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Violences conjugales, agressions sexuelles, viols, attouchements, excisions, mariages forcés, violences psychologiques, harcèlement… les formes de violence subies par les femmes, séculaires et planétaires, perdurent et elles les endurent au quotidien. La journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, ce 25 novembre, le rappelle : si ce combat dépend des pouvoirs publics qui lancent en France un 5e plan de mobilisation en la matière, il doit également impliquer l’ensemble de la société. Le ruban blanc, porté par toutes celles et ceux qui sont investis dans ce combat, est aussi là pour en témoigner.

mannequin abîmé

La journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, ce 25 novembre 2016, permet à l’ensemble des acteurs et actrices de réaffirmer l’importance d’une mobilisation collective contre ce fléau mondial qui perdure.

Les Nations Unies définissent la violence à l'égard des femmes de la façon suivante tous les actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. La journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre 2016 permet donc à l’ensemble des acteurs et actrices de réaffirmer l’importance d’une mobilisation collective contre ce fléau mondial qui perdure. Plus de 20 ans après la Déclaration de l'Assemblée générale des Nations Unies sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes, une femme sur trois est toujours victime de violence physique ou sexuelle, le plus souvent commise par un partenaire intime.

Et vous, pensez-vous connaître la situation de la violence à l'égard des femmes ? Testez vos connaissances...

A l'occasion de cette Journée de sensibilisdation et de mobilisation, Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, a lancé le 5ème plan de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes (2017-2019). Ce plan traduit l’engagement sans relâche de l’État pour permettre aux femmes victimes de violences, d’accéder à leur droit d’être protégées et accompagnées, pour sortir des violences et se reconstruire. La ministre l'a tristement rappelé, en France, toutes les sept minutes, une femme est violée ; tous les deux jours et demi, une femme meurt sous les coups de son compagnon ou ex-conjoint ; 220 000 femmes sont victimes chaque année de violences dans le couple. Derrière ces chiffres, il y a des femmes, des enfants, dont le quotidien est fait de souffrances et de peur. Ces violences sont insoutenables et inacceptables pour nous toutes et tous. (…) Les violences faites aux femmes sont séculaires et planétaires. Elles sont économiques, physiques, morales, ou sexuelles. Nous les affrontons toutes. Nous combattons leur banalisation, en usant de mots adaptés pour les nommer. Nous combattons la solitude et l’isolement des victimes. Nous combattons l’impunité des auteurs. Nous avons les moyens. Nous avons la volonté. Nous devons aux femmes des résultats. Pour la ministre, si ce combat dépend des pouvoirs publics, il doit impliquer l’ensemble de la société. Il est de notre ressort de donner l’impulsion nécessaire au changement des mentalités pour que la tolérance à l’égard des violences recule et que la honte change de camp.

Si l’accompagnement et la mise à l’abri des femmes victimes de violences a progressé, en revanche, les faits de violences et le nombre de victimes reste dramatiquement stable.

affiche violence faite aux femmesCe 5e plan de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes (2017-2019) fixe trois objectifs.

Sécuriser et renforcer les dispositifs qui ont fait leurs preuves pour améliorer le parcours des femmes victimes de violences et assurer l’accès à leurs droit : le 3919 - numéro d’écoute et d’orientation de référence, anonyme et gratuit - et le dispositif des intervenants sociaux dans les commissariats et gendarmeries seront renforcés, la formation des professionnels (médecins, policiers, gendarmes,sapeur-pompiers, travailleurs sociaux…) qui constituent le premier recours des femmes victimes de violences sera systématisée. L’offre d’hébergement d’urgence sera amplifiée pour parvenir à 4 900 places dédiées aux femmes victimes de violences (+2 000 sur la durée des 4e et 5e plans). L'incitation faite aux femmes de porter plainte sera accentuée ainsi que l'aide aux victimes les plus fragiles (offre de soins psycho-traumatiques). Un clip sera diffusé sur les chaînes du groupe France Télévisions le 25 novembre 2016, ainsi que sur les réseaux sociaux.

Renforcer l’action publique là où les besoins sont les plus importants : auprès des enfants victimes des violences conjugales, des jeunes femmes particulièrement exposées aux violences, dans le couple et sur internet, et des femmes vivant en milieu rural. Des actions concrètes renforcent également l’accès aux droits des femmes handicapées victimes de violences, des femmes résidant dans les territoires d’outre-mer et des femmes étrangères.

Déraciner les violences par la lutte contre le sexisme, qui banalise la culture des violences et du viol : en effet de nombreux stéréotypes banalisent les violences ou font porter aux victimes la culpabilité des agressions qu’elles subissent. Des visuels diffusés sur les réseaux sociaux porteront sur les violences conjugales et leur impact sur les enfants, et pour la première fois, sur le viol. De fait, la visibilité des dispositifs d’écoute et la déconstruction des stéréotypes associés aux violences faites aux femmes sont essentielles pour permettre aux victimes de sortir des violences.

Au total, ce sont plus de 125 millions d’euros qui seront engagés entre 2017 et 2019 pour financer les mesures de ce plan. De plus, dans le cadre du plan de mobilisation et d’actions contre le sexisme lancé en septembre 2016, de nombreuses initiatives visant à faire reculer les violences faites aux femmes ont été labellisées. Une carte permet de retrouver plus de 850 manifestations signalées dans les territoires de métropole et d’Outre-mer :

Pour afficher votre solidarité envers les violences faites aux femmes sur les réseaux sociaux, utilisez les hashtags #orangetheworld et #16days! sur twitter, orangez votre photo de profil sur Facebook.

Ce que disent les chiffres…

Dans le monde

  • pourcentage de violence physique faite aux femmesSelon les estimations, 35 % des femmes dans le monde ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime ou de violences sexuelles de la part d'une autre personne à un moment donné dans leur vie. Cependant, des études menées à l'échelle nationale font apparaître que 70 % des femmes ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie.
  • Plus de 700 millions de femmes actuellement en vie se sont mariées alors qu’elles étaient encore enfants (avant l’âge de 18 ans). Parmi celles-ci, plus d'une sur trois   soit près de 250 millions de femmes s'est mariée avant son 15e anniversaire.
  • Environ 120 millions de filles (soit un peu plus d'une sur dix) ont déjà été forcées à avoir des relations sexuelles ou à s'adonner à d'autres actes de nature sexuelle à un moment donné de leur existence.
  • 200 millions de filles et de femmes ont subi une forme de mutilation génitale féminine/excision dans 30 pays. Dans la plupart de ces pays, la majorité des filles ont été coupés avant 5 ans.

En France

  • 1 femme décède tous les 2,7 jours victime de son conjoint ou ex-conjoint : 122 femmes ont été tuées en 2015.
  • Chaque année, en moyenne, 84 000 femmes majeures sont victimes de viol ou de tentatives de viol (Dans 37% des cas, c’est le conjoint qui est l’auteur des faits.)
  • 143 000 enfants vivent dans un foyer où leur mère a déclaré être victime de violences de la part de son conjoint ou ex-conjoint. 42% d’entre eux ont moins de 6 ans(en 2015 96 enfants sont devenus orphelins suite aux homicides au sein du couple)
  • 1 victime d’agression sexuelle sur 3 était âgée de 18 à 25 ans au moment de l‘agression, 90% des mariages forcés sont réalisés avant 25 ans, 1 jeune fille sur 5 a été insultée en ligne sur son apparence physique et 1 sur 6 a été confrontée à des cyberviolences à caractère sexuel par photos, vidéos ou texto.
  • Le handicap est un facteur aggravant d’exposition aux violences faites aux femmes (3,9% pour les femmes handicapées versus 1,87% des femmes en moyenne)

La prévalence des violences faites aux femmes est plus forte dans les territoires ultramarins : elles sont 15% à la Réunion et 18% à la Martinique à se déclarer victimes de violences conjugales, lorsque ces dernières concernent 10% des femmes dans l’hexagone.

violence envers les femmes

Source OMS

A lire aussi

La violence à l’encontre des femmes / Violence d’un partenaire intime et violence sexuelle à l’encontre des femmes Aide-mémoire Septembre 2016, OMS

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Bernadette FABREGAS   Rédactrice en chef Infirmiers.com  bernadette.fabregas@infirmiers.com  @FabregasBern

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Commentaires (1)

Bebe22

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4 commentaires

#1

Violence faites au femmes

Envie de vomir