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Grande conférence de la Santé : Marisol Touraine s'exprime...

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Médecin

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Ce jeudi 11 février 2016, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, s'exprimait en ouverture de la Grande conférence de la Santé dont le sens est d'entendre les attentes, et y répondre, en s’appuyant sur l’engagement et les initiatives de chacun pour avancer ensemble. Voici quelques morceaux choisis de son discours

"L'excellence" du système de santé français...

touraine conférence de santé tribune

Crédit : @AnthoPorcheron

Si un mot, un seul mot, peut illustrer notre système de santé, c’est bien « l’excellence ». Cette excellence est évidemment thérapeutique, technologique, organisationnelle. Mais elle est aussi et avant tout humaine. (...) L’excellence humaine, c’est aussi le caractère exceptionnel au quotidien de ces femmes, de ces hommes, qui ont choisi de consacrer leur vie à sauver celles des autres. (...) Mais derrière cela c’est bien l’héroïsme du quotidien qui a été reconnu. Parce que pour être exceptionnel dans des circonstances exceptionnelles, il faut être exceptionnel au quotidien. (...) Les Français expriment massivement leur confiance dans l’excellence, le professionnalisme, l’engagement, de celles et ceux qui le font vivre.  Depuis quelques années, ce sont les professionnels eux-mêmes qui expriment des craintes, des inquiétudes, sur l’avenir de leur métier. Elles sont évidemment légitimes. (...) Le rôle des pouvoirs publics, ma mission de ministre de la Santé, c’est d’entendre ces doutes et de faire évoluer les conditions d’exercice et la formation des professionnels de santé pour y répondre.  

Mais derrière cela c’est bien l’héroïsme du quotidien qui a été reconnu. Parce que pour être exceptionnel dans des circonstances exceptionnelles, il faut être exceptionnel au quotidien.

Des défis considérables à relever...

Notre système de santé est aujourd’hui à un tournant de son histoire, confronté à de multiples mutations. Une mutation démographique, d’abord, avec le vieillissement de la population. Ce bouleversement accentue la prévalence des maladies chroniques (...), l’accroissement des maladies neuro-dégénératives et l’augmentation du nombre de personnes dépendantes imposent aussi de parvenir à une plus grande coopération entre professionnels pour prendre en charge des pathologies complexes. Cette  mutation, elle est ensuite organisationnelle, accélérée par une pression économique et budgétaire réelle. Contrôler l’augmentation de nos dépenses de santé est une nécessité, mais elle doit être saisie comme l’opportunité d’une réflexion sur la manière de faire évoluer notre système de santé pour plus d’efficacité. Cette mutation, c’est aussi celle qui découle de l’accélération croissante des progrès scientifiques et technologiques. (...) Ils nous promettent une médecine personnalisée, une médecine à distance, une médecine s’appuyant sur l’interaction d’une multitude de professionnels et de compétences. Les professionnels eux-mêmes sont directement concernés, parce que tout le paysage sanitaire est amené à changer. Le renforcement de l’offre de soins extrahospitalière, un hôpital davantage tourné vers la ville, ce sont des missions nouvelles pour le premier recours. Toutes ces mutations peuvent provoquer des inquiétudes, des craintes parfois, chez les professionnels. Elles portent en tout cas des attentes. Elles imposent de faire bouger les textes et les règles pour adapter notre système de santé à ces grandes évolutions.

Mais ces bouleversements nous imposent aussi de réfléchir à l’évolution des formations et des conditions d’exercice. Bref, de penser les métiers de la santé de demain.  

Mieux former mais aussi améliorer les conditions de travail des professionnels...

La transformation des conditions de formation et d’exercice ne peut se dessiner verticalement, elle doit être nourrie par l’expérience du terrain. Cette conférence, c’est votre conférence. Les travaux ont été intenses, plus de 300 personnes y ont participé. Loin de la vision désenchantée entretenue par certains, c'est la vitalité et l’optimisme qui s’y sont exprimés. (...) Les travaux issus de cette Grande conférence de la santé vont donner de nouvelles perspectives aux professionnels de santé et compléter les politiques engagées depuis 2012. Il faut innover dans la formation d’abord. J’ai voulu que le numerus clausus soit fixé à partir de la densité des médecins, au plus près des territoires. (...)  Innover pour mieux former, c’est entendre les étudiants des formations paramédicales dire, comme beaucoup de représentants professionnels, leur envie de l'Université. Nous voulons répondre à cette demande de conjuguer proximité et qualité des lieux de formation, de se professionnaliser tout en échangeant avec les étudiants d’autres spécialités pour se préparer à un exercice collectif. Les étudiants paramédicaux veulent des filières complètes de formation et de recherche, comme chez la plupart de nos voisins. Là aussi, cette journée doit nous permettre d’avancer. (...) Nous voulons mieux former, mais aussi améliorer les conditions d’exercice des professionnels. (...) Nos discussions aujourd’hui doivent permettre d’amplifier cette dynamique et d’innover pour améliorer les conditions d’exercice sur l’ensemble du territoire. (...) Médecins, paramédicaux, salariés, libéraux, hospitaliers, nombreux sont ceux qui me le disent : vous voulez rompre avec la seule perspective de carrières linéaires. (...) Les nombreuses contributions élaborées dans le cadre de cette Grande conférence montrent la richesse des idées en la matière. Elles seront au cœur de vos débats aujourd’hui et alimenteront la feuille de route que le Premier ministre dessinera en fin de journée.  

Le système de santé de demain, que nous dessinons ensemble, doit garantir à nos concitoyens l’excellence médicale qui fait la fierté et le rayonnement de notre pays.  

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Commentaires (1)

mickaelm

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141 commentaires

#1

justement

au lieu de nous trouver exceptionnel, ne pourriez vous plutôt nous respecter?

- Au travers d'une rémunération décente en lien avec nos responsabilités et nos conditions de travail

- en écoutant ce que la majorité de la profession vous exprime lorsqu'elle vous dit qu'elle ne veut pas d'ordre

Nous n'avons que faire de bons sentiments, ceux-ci nous sont servis depuis des décennies sans faire changer notre quotidien, j'irai même jusqu'à dire que les bons vœux des gouvernements n'ont qu'un seul objectif, continuer à nous faire avaler la pilule...le gouvernement précédent nous a vendu la reconnaissance de notre temps d'étude, avec en bonus le droit de travailler 5 ans de plus...

Mme la ministre, sans plaisanter, 2400 euros en fin de carrière est-ce bien raisonnable pour une si exceptionnelle profession? Comment peut-on caresser une profession d'une telle manière et en même temps la trahir dans les choix qu'elle fait notamment lorsqu'il s'agit de représentation légitime?