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IADE anesthésiés ? Pas sûr !

Devant l'hôpital d'Hyères, le 7 octobre 2010 © Jérôme ClémentLa grogne des IADE est-elle en phase d'induction anesthésique ? Pas sûr. Sur le terrain, les IADE restent encore, ce jeudi 7 octobre, largement mobilisés. C'est dans le Var que nous sommes allés à la rencontre de ces professionnels en colère.

Une banderole discrète à l'entrée de l'hôpital de Hyères rappelle qu'un mouvement est toujours en cours. Pour les patients, les consultants et les familles le lien est fait avec la réforme des retraites, mais pas avec la série de revendications spécifiques IADE. Il faut aller dans les services, au bloc ou en salle de réveil, pour rencontrer les principaux acteurs du mouvement.

En chemin, nous rencontrons des infirmiers qui ne semblent pas être au courant des actions locales de leurs collègues spécialisés. Il faut reconnaître que les effectifs IADE sont proportionnellement peu nombreux dans un centre hospitalier de 476 lits (Toulon). Ceci explique la nécessité d'actions coup de poing (Gare Montparnasse, Champs Elysées) pour que les 8 000 IADE de France se fasse entendre (rappel : on compte 500 000 infirmiers en France toutes spécialités confondues).

Les IADE sont concentrés dans des services très spécifiques comme les blocs opératoires où leur action locale prend une autre ampleur. Un rectangle de sparadrap sur la poitrine indique "IADE en grève". Pas de quoi inquiéter les patients déjà endormis et peut-être un peu d'angoisse en plus pour les futurs opérés. Encore faut-il que la prémédication ne les empêche pas de lire. Les IADES sont là, grévistes dans leur esprit, mais respectueux des règles de sécurité et bien entendu des patients.

Mais alors peut-on parler de grève, de mécontentement ? Deux fois oui.

C'est une grève d'un nouveau genre. A hyères, c'est un débrayage de quelques minutes avant l'arrivée des premiers patients en salle obligeant les médecins anesthésistes à récupérer leurs infirmiers anesthésistes, rassemblés sous leur banderole. Pour le coup, c'est toute l'activité d'un petit établissement qui est bouleversée.

C'est une modeste preuve que les IADE sont indispensables pour réaliser l'activité anesthésie dans un bloc, signes de compétences spécifiques avérées. Pas d'assignation, car ce mouvement spontané est aussi imprévisible
qu'éphémère. Et même si les assignations étaient en vigueur, chaque IADE ici sait comment légalement y échapper : éviter toute remise en mains propres ! et par exemple profiter de l'arrière saison estivale, la mer est à deux pas.

Le mécontentement porte sur la non écoute de leur Ministère de tutelle. La prime de 131€ bruts fait presque sourire. Bien sur c'est mieux que rien. Mais ça n'a rien à voir avec la véritable revalorisation attendue des grilles de salaires. Les IADE rencontrés ne veulent pas d'une VAE vers leur diplôme. Comment imaginer que l'on puisse faire des actes d'anesthésie en apprenant à la va vite sur le terrain. Ce sont les patients que l'on mettra en danger. Et il le seront également si le Ministère persiste à vouloir supprimer la notion de pénibilité pour les IADE.

De longues gardes, des horaires de nuit, des actes lourds qui ne tolèrent aucune erreur, la pénibilité est vécue au quotidien.

Loin de l'induction anesthésique, on est dans une phase d'entretien, où la vigilance des IADE est bien en éveil, et même si les gros titres des journaux ne parlent plus des blouses bleues, elles restent prêtent pour un réveil agité si nécessaire. Chaque IADE suit de très près ce qui se passe à Paris et reste disponible pour de nouvelles manifestations.

Une assemblée générale réunie le 7 octobre à la Bourse du travail de Paris a décidé de la poursuite du mouvement, signale un communiqué de l’AFP, qui cite une représentante des Iade de l'hôpital de l'Hôtel Dieu à Paris : « Nous sommes 18 grévistes sur 20, assignés à 50% mais les trois quarts des salles d'opération tournent et certains médecins anesthésistes se passent de nous. »

Jérôme CLEMENT
Rédacteur Infirmiers.com
jerome.clement@infirmiers.com

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