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L'indispensable gestion des lits aux urgences

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Fonction Publique

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Les établissements disposant d'un service d'urgences devraient avoir "à terme" une organisation de la gestion des lits, a déclaré le 30 septembre 2013 la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, sans toutefois préciser l'échéance.

infirmière couloir d'hôpital

Organiser la gestion des lits dans quelques 600 établissements ayant des urgences

Elle est intervenue en conclusion d'un colloque organisé le matin du 30 septembre au ministère sur le thème la mobilisation de l'hôpital pour les urgences qui a rassemblé environ 180 personnes, notamment des médecins, des directeurs d'hôpital ainsi que des représentants des agences régionales de santé (ARS), des conférences hospitalières et des syndicats.

La ministre a souligné qu'elle n'était pas venue faire de grandes annonces indiquant qu'il y aurait une solution, un plan qui d'ici 15 jours, au hasard, produirait des effets. Elle faisait ainsi référence à l'appel lancé par Samu-Urgences de France qui a demandé aux urgentistes d'arrêter de chercher des lits d'aval à partir du mardi 15 octobre 2013.

L'organisation de la gestion des lits dans les quelque 600 établissements ayant des urgences correspond aux recommandations de bonne pratique facilitant l'hospitalisation des patients en provenance des services d'urgences, qui lui ont été officiellement remises le 30 septembre 2013 par le président du Conseil national de l'urgence hospitalière (CNUH), le Pr Pierre Carli. C'est un objectif clairement fixé aujourd'hui (...) la réflexion doit être menée dans tous les hôpitaux, a affirmé Marisol Touraine en rappelant par ailleurs la nécessité de mobiliser l'ensemble de l'hôpital pour assurer un bon fonctionnement des services des urgences.

Elle a souligné que le système de gestion des lits devait être mis en place par la direction. Pour elle, une commission de l'hospitalisation, qui travaillerait sur les admissions programmées et non programmées, peut être une bonne instance pour traiter ce sujet.

Elle a rappelé par ailleurs qu'elle avait demandé en avril 2013 à l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) d'accompagner 150 établissements pour mettre en place un dispositif de gestion des lits d'aval.

Le directeur général de l'Anap, Christian Anastasy, a indiqué lors du colloque du 30 septembre que son institution avait reçu 220 candidatures et que 164 établissements seraient finalement accompagnés pendant 18 mois. Trois phases sont prévues pour cette opération: 82 établissements commenceront mardi, 67 en janvier 2014 et 15 en avril 2014. Pour les autres établissements, non accompagnés par l'Anap, la ministre a précisé lundi qu'il pourrait certainement y avoir à terme des missions d'appui, sans préciser l'échéance. Elle a demandé aux agences régionales de santé (ARS) de se mobiliser, d'appuyer les communautés hospitalières et de faire le point avec elles sur la manière dont elles entendent régler le problème de la gestion des lits et de l'organisation interne des établissements.

Les ARS ont pour mission de s'assurer que l'ensemble des établissements sont engagés dans cette direction et de mobiliser les outils contractuels et financiers nécessaires, a-t-elle ajouté. "Il n'y a pas de solution unique sur tout le territoire".

Urgences à risque de tension : des solutions au cas par cas

Sans attendre la réforme structurelle, "qui se fera à un rythme variable selon les établissements, Marisol Touraine a insisté sur l'importance d'anticiper les problèmes susceptibles de survenir lors de la prochaine saison hivernale. Les ARS avaient jusqu'à aujourd'hui 1er octobre pour identifier les risques de tensions dans leur région, liés à des ressources humaines sous-dimensionnées, des difficultés de recrutement, trop de postes vacants, un turn-over non maîtrisé, des problèmes strictement immobiliers (par exemple la vétusté des locaux) ou des temps d'attente élevés trop fréquents.

La ministre a indiqué que cette identification des services à risque de tension avait donné lieu à des plans d'actions préparés avec chaque établissement concerné, qui comportent des mesures différentes selon les problèmes.

Elle a cité l'accélération des travaux pour améliorer le fonctionnement architectural, des plans de recrutement prioritaires, la constitution d'équipes territoriales d'urgence, l'ouverture de lits dédiés aux urgences dans les services d'aval et l'accélération de l'ouverture de lits de médecine ou de médecine gériatrique en lien avec les urgences. Nous mettons en place des moyens par anticipation pour les situations locales identifiées, les outils sont là, les actions sont engagées, (...) les choses vont avancer sur différents fronts, a assuré la ministre.

Le Pr Pierre Carli a indiqué à l'APM qu'il avait remis en juillet 2013 son rapport sur l'hôpital sous tension à la ministre. Ce rapport destiné principalement aux ARS n'a pas été rendu public mais plusieurs de ses préconisations se retrouvent dans les actions que la ministre a évoquées, a-t-il précisé.

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Commentaires (1)

Pierre d'Aumont

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14 commentaires

#1

bed manager

Fabriqueras-t-il les lits manquants surtout en médecine gériatrique?