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L'Ordre infirmier pour une consultation infirmière

Le conseil national de l'Ordre infirmier a tenu une conférence de presse ce mercredi 8 décembre. Au menu : l'éducation thérapeutique, avec la proposition de créer des consultations infirmières et de reconnaître le rôle pivot des infirmières ; un plaidoyer pour les puéricultrices ; la reconnaissance mutuelle France-Québec ; le nombre d'inscrits à l'Ordre.

La loi portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (HPST) a instauré l'éducation thérapeutique et a prévu la mise en place de programmes d'apprentissage, mis en oeuvre par des professionnels de santé intervenant pour le compte d'un opérateur pouvant être financé par l'entreprise se livrant à l'exploitation du médicament. Un décret détaillant les procédures d'autorisation et la mise en oeuvre de ces programmes a été publié début septembre.

Le conseil national rappelle que l'éducation pour la santé et l'éducation thérapeutique font partie intégrante des actes professionnels des infirmiers et que la formation conduisant au diplôme d'Etat prévoit 150 heures théoriques et pratiques sur ce thème. Il juge "prioritaire" de valoriser les pratiques infirmières "dans tous les domaines que permet le cadre réglementaire et la formation des infirmiers, bien au-delà de ce qui est généralement perçu aujourd'hui en France".

Il déplore en effet que cette activité soit "mal connue" et "souvent occultée, dans une perspective organisationnelle et financière médico-centrée", alors qu'elle est "très largement investie par [les infirmiers], au quotidien ou dans le cadre de programmes ciblés".

Il regrette ainsi que l'infirmier soit considéré essentiellement "comme étant au service du médecin, et non pas comme un acteur de premier recours pour l'éducation thérapeutique", alors que la plupart des actions à mettre en oeuvre pour cette éducation "ne nécessitent pas d'approche médicale au sens strict du terme". Il juge donc irréaliste de "promouvoir des programmes d'éducation thérapeutique où seul le médecin se chargerait d'élaborer des plans individuels et où le rôle de l'infirmier serait noyé parmi celui des autres paramédicaux".

Dans ce domaine, il propose d'encourager un rôle pivot des infirmiers dans ces programmes à tous les niveaux (conception, mise en oeuvre et évaluation), en reconnaissant la qualité de la formation initiale infirmière comme une "valeur ajoutée essentielle" et d'instituer une "consultation infirmière reconnue et codifiée comme telle, exercée dans le cadre du rôle propre de l'infirmier".

L'Ordre estime en outre que les plans de santé publique doivent être organisés en fonction des priorités régionales pour assurer le développement de l'éducation thérapeutique. A ce titre, il se dit "à même d'assurer une veille sur le terrain pour l'accès aux soins".

Infirmier spécialisé en puériculture

Le conseil national de l'Ordre infirmier a en outre adopté une position sur l'exercice infirmier en puériculture. Il rappelle qu'au 1er janvier 2010, près de 15.000 infirmiers exercent en puériculture. Il estime que l'attractivité de cet exercice spécialisé souffre de deux handicaps: la méconnaissance de l'apport "majeur" de ces professionnels à la santé et au développement de l'enfant et le fait qu'ils ne puissent pas exercer en libéral. Il affirme vouloir travailler au plus vite avec les pouvoirs publics et les organisations professionnelles "pour faire reconnaître et promouvoir (...) l'expertise clinique et professionnelle des infirmières et infirmiers spécialisés en puériculture".

L'instance a par ailleurs indiqué que plusieurs dispositions juridiques restaient encore à préciser pour mettre en oeuvre l'arrangement de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles entre la France et le Québec. La présidente de l'Ordre infirmier, Dominique Le Boeuf, a signalé qu'en attendant ces compléments, l'instance avait mis en place un groupe de travail pour se pencher notamment sur le stage d'adaptation de 75 jours prévus dans ce cadre et pour préparer la communication destinée aux candidats migrants.

Observatoire des violences

Elle a aussi indiqué mercredi que l'Ordre avait intégré depuis le mois de septembre l'observatoire national des violences hospitalières, créé en 2004. Pour élargir à l'exercice ambulatoire, la présidente de l'Ordre a expliqué que les élus ordinaux réfléchissaient pour savoir s'ils mettaient en place un observatoire spécifique pour les infirmiers ou un observatoire commun avec l'ensemble des professionnels de santé. Elle a indiqué en outre que l'instance avait désigné un référent sécurité en son sein. Il s'agit d'Emmanuel Boularand.

Inscription et RPPS

L'Ordre a fait également un point mardi sur le nombre d'infirmiers inscrits. Dominique Le Boeuf a ainsi rapporté que 77.653 infirmiers étaient inscrits au 1er décembre. La répartition des jeunes infirmiers ou entre les salariés et les libéraux n'est pas encore connue, a-t-elle affirmé, soulignant toutefois que le taux d'inscription variait de 2 à 30% selon les départements.

Elle a aussi fait remarquer que l'Ordre devait préparer les opérations liées à l'entrée dans le répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) prévue pour les infirmiers au plus tard au 1er janvier 2012. Un premier point sur l'avancement de ce projet sera réalisé pour la prochaine session du conseil de l'Ordre infirmier en mars 2011.

Les prochaines élections des conseillers ordinaux devraient avoir lieu en mai pour l'échelon départemental, en juillet pour le régional et en novembre pour le national. Interrogé par l'APM pour savoir si elle était candidate à sa propre succession, Dominique Le Boeuf a indiqué qu'elle n'en était "pas encore là" et souhaitait avant tout mettre en oeuvre avant la fin de son mandat les dossiers lancés.

L'Ordre a par ailleurs pris position lors de sa session mardi sur la médecine de proximité, mais devrait communiquer ultérieurement sur ce point.

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Commentaires (6)

barney

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#6

Justement...

Je cite Ecureuil21 "...car il marquerait une augmentation substantielle de l'activite financiere des IDEL...."

Ben justement !

Qui l'a réclamé cet ordre ??? Et qui va retirer les marrons du feu ??? Et qui l'aura comme toujours dans le baba ???

Allez, je vous laisse deviner...

Sancho

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#5

En retard oui ...

Soyons réaliste... Tous n'est pas noir mais qu'en même ...

Les nombre de spécialité infirmière dans les pays voisins :

En france 4 malheureuses en comptant les cadres de santé
En belgique, en allemagne une dizaine (Bloc OP / Anesth / Réanimation / Urgence et Pré OP / Exploration fonctionnelle, ... )

Rien qu'au regard de la spécialisation de nos paires, nous avons du retard, se n'ai pas un drame en soi, il faut en avoir conscience pour pouvoir avancer.

Notre système de travail en préhospitalier FRANCO FRANÇAIS repris en modèle dans aucun pays, montre aussi notre refus de changer trop vite ... Ça ne marche pas si bien, sa coute très chère, y a des idées pas mal ailleurs .... mais non, attendons encore un peu avant de réfléchir a changer ...

Les consultations infirmières dans les pays anglo saxon sont créer depuis des années pour le suivi des maladies chroniques comme le Diabete, HTA, ... . Un cadre juridique existe mais c'est surtout le SAVOIR travailler en COLLABORATION avec les médecins qui manque dans notre pays et aussi peut etre la reconnaissance du travail infirmier dans sa globalité.
Mais je vous assure que du retard nous en avons ... UN peu ...

ecureuils21

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93 commentaires

#4

Ne soyez pas si categorique

Nous sommes en retard ? allez au royaume uni et vous verrez dans quelle conditions travaillent les infirmieres du public et du prive....l'espagne n'est pas aussi a la pointe de la panacée de la recherche infirmiere et meme l'allemagne n'a pas un systeme idyllique...je nae parlerais pas de la lituanie, de la roumanie ou de la grece.L'argument qui consiste à dire que nous sommes en retard( sans meme comparer efficacment) est a mon sens irrecevable. Quant a l'idée d'une consultation infirmier, lidee est plaisante mais il faudrait un cadre de soins juridiques tres pensé car en effet il pourrait y avoir des spirales de depenses: des doubles consultations(medecin/infirmiere),une envoléee des consultations infirmieres car il marquerait une augmentation substantielle de l'activite financiere des IDEL.....Restons calme et buvons frais...

Sancho

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#3

Interessant...

Intéressant comment un articles qui parle des perspectives d'avenir des pratiques professionnel infirmieres est un nouvelle fois détourné en un pitoignable guerres pour ou contre ONI.

Regardons chez nos voisins, les pratiques infirmières. NOUS infirmier FRANCAIS avons 10 à 20 ans de retard sur nos pratiques et dans nos esprits.

Arguments du cout n'est absolument pas reflechi.

Une consultation Infirmiere pour un renouvellement de traitement de maladie chronique comme l'HTA chez un patient stable n'est elle pas pensable.

Les consultations de stomatherapie par exemple existe deja ... pourquoi ne sont elle pas reconnu.

L'économie est enorme dans le domaine de la stomatherapie. (RIRE)
L'infirmier stomatherapeute rencontre le patient, l'examine, prescrit le matériel et fais un CRInf pour le med ttt mais il faut qu'en même que le patient voit son médecin ttt pour valider la prescription infirmier alors que fondamentalement, il ne connait rien a la stomatherapie... Résultat normal 2 CS mais en pratique alors qu'une CS Inf suffit.
Alors l'argument économique n'est pas recevable.

guenfouda

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#2

UNE COQUILLE VIDE

DECONNECTE DE SA BASE QUI FAIT MIROITER DES PERSPECTIVES DE SOINS DELIRANTES...QUI VA CROIRE QU'UN ETAT DEFICITAIRE VA CREER UNE CONSULTATION INFIRMIERE ALIMENTANT ENCORE PLUS UN DEFICIT SOCIAL ABYSSAL. RIEN SUR LE DEFICIT COSMIQUE DE L'ORDRE ET SA SCHIZOPHRENIE PARANOIAQUE A L'ENCONTRE DE L'ETAT ET DES SYNDICATS.RIEN SUR LA HAINE AVEC LAQUELLE ELLE S'AUTOALIMENTE A PROPOS DU CORPS INFIRMIER QUI LA REJETTE EN BLOC ET MASSIVEMENT.
Pour un ordre social et representatif, nous demandons au nom du peuple Infirmier:
_Une cotisation a 20 euros controlée par le ministere de la sante
_ L'interdiction aux directeurs des soins et des cadres superieurs a se presenter aux elections ordinales(les managers hospitaliers ne sont pas des soignants)
- Une politique d'ouverture avec tous les composantes syndicales( Un p'tit Grenelle des infs)
- La dissolution du bureau du CNOI.

.cedr1c.

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207 commentaires

#1

démagogie

Il serait tout aussi intéressant de connaitre les autres points abordés par l'ordre ce 7 décembre, à savoir:

- Régime fiscal et social des indemnités versées à certains élus ordinaux et fixation de leurs montants pour l’année 2011

- Indemnités de responsabilité (art. D. 4311-55-1 du CSP)

- Indemnités de participation aux travaux ordinaux (art. D. 4311-55-2 du CSP).

- Démission de conseillers nationaux

Mais puisque l'ordre ne communique pas sur tout...