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La check-list "sécurité du patient au bloc opératoire" serait mal comprise et mal utilisée

Une étude française menée dans un CHU et présentée au dernier congrès de la SFAR (Société française d'anesthésie et de réanimation) conclut que la "check-list" de la Haute autorité de santé (HAS) destinée à améliorer la sécurité du patient au bloc opératoire est mal comprise et utilisée de façon inappropriée.

Le HAS a diffusé en juin 2009 une "check-list" des éléments indispensables à vérifier au bloc opératoire afin de réduire la survenue d'événements indésirables et d'améliorer la sécurité des soins. Elle avait alors fait l'objet de critiques, certains la considérant comme un "recul institutionnel". L. de Charentenay et ses collègues de l'hôpital européen Georges Pompidou (HEGP) à Paris (AP-HP) ont mené une enquête en mars 2010 au sein du CHU qui compte 25 blocs opératoires, avec un formulaire destiné à tous les métiers concernés, afin de mettre en évidence les facteurs de terrain susceptibles de limiter l'essor de cette "check-list".

Sur 40 entretiens conduits, 90% des personnes interrogées avaient été informées de la mise en œuvre de la "check-list" et 35% avaient reçu une formation à son utilisation. Mais seuls 16% (uniquement médecins) avaient lu l'article princeps ou un résumé, indiquent les chercheurs dans le résumé de leur communication. L'emploi de la "check-list" correspond à une obligation légale pour 77,5% des personnes interrogées.

Plus des deux tiers (67%) estiment cependant que les questions y figurant sont "futiles ou incongrues" et 70% que d'autres questions auraient été plus justifiées, telles que les allergies, pour les médecins, et le côté opéré, pour les infirmiers de bloc opératoire (Ibode). Les questions paraissent redondantes à 80% des personnes interrogées, ce qui serait nuisible pour 25%. En outre, 85% déclarent ne pas verbaliser l'ensemble des questions, tandis que 42% indiquent avoir déjà déclaré comme obtenu un item qui ne l'était pas encore au moment de la "check-list" et 15% un item qui n'a pas été du tout obtenu.

Par ailleurs, la moitié des personnes interrogées pensent que l'Ibode, censé être le coordonnateur local de la "check-list", ne comprend pas les questions qu'il pose. Ce taux de réponse s'élève également à 46% parmi les Ibode eux-mêmes. Seuls 30% des personnes interrogées estiment que la "check-list" serait à l'origine d'une meilleure entente entre les professionnels du bloc opératoire.

"Cette enquête, bien que préliminaire et monocentrique, met en évidence à la fois une mauvaise compréhension de la 'check-list' et une utilisation inappropriée", concluent les auteurs. "Elle confirme l'importance d'une formation adaptée à chaque métier portant à la fois sur le but et la méthode de réalisation de la 'check-list'", ajoutent-ils.

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