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La moitié des professionnels d'Ehpad seraient formés aux soins palliatifs

La moitié des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) déclarent avoir des professionnels formés aux soins palliatifs au sein de leur équipe, selon une étude menée dans deux régions et présentée mercredi par Fabienne Dubuisson, conseillère technique à la direction générale de la cohésion sociale (DGCS).

Elle s'exprimait à l'occasion des premières assises des dirigeants d'Ehpad organisées le 6 avril 2011 à Paris par le Mensuel des maisons de retraite. Fabienne Dubuisson a fait un point sur le programme de développement des soins palliatifs 2008-12, et notamment sur les mesures concernant les Ehpad.

Elle a présenté les résultats d'une enquête menée par le bureau d'étude Cemka Eval sur les pratiques de soins palliatifs dans les Ehpad en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon dans le cadre de ce programme. Au total, 740 Ehpad ont été sollicités mais 277 questionnaires étaient exploitables.

Fabienne Dubuisson a signalé que les deux régions étaient bien équipées en réseau, en hospitalisation à domicile (HAD) et en organisation de soins palliatifs, précisant que cela pouvait être "un petit biais" à l'étude.

Elle a signalé que 60% des Ehpad avaient un volet soins palliatifs dans leur projet de soins. En revanche, seuls 34% des établissements indiquent la présence d'un volet soins palliatifs dans leur convention tripartite et seulement 16% pour les établissements de moins de 40 places.

Environ 93% des Ehpad connaissent les ressources disponibles en soins palliatifs externes à leur établissement. Au total, 81% des établissements déclarent formaliser les interventions à chaque recours à une structure externe.

Dans cette enquête, 50% des Ehpad affirment avoir des personnels formés aux soins palliatifs. Certains ont des personnels qui ont un diplôme universitaire (DU) soins palliatifs, essentiellement les cadres et les structures de plus de 100 places.

Les besoins identifiés la nuit par les Ehpad sont les soins de confort et de nursing pour les personnes en fin de vie. Un tiers des personnes qui sont décédées en Ehpad en 2009 ont bénéficié d'une prise en charge en soins palliatifs.

La moitié des résidents décédés en dehors de l'Ehpad aurait justifié d'une prise en charge en soins palliatifs dans l'établissement. Environ 70% des Ehpad disent envisager une modification des modalités de prise en charge et de l'accompagnement en soins palliatifs.

"Ce n'est pas forcément significatif de toutes les régions mais c'était important de rappeler qu'il y a du positif", a commenté Fabienne Dubuisson, en conclusion.

Elle a aussi rappelé qu'une expérimentation d'une astreinte d'infirmière de nuit en Ehpad était menée actuellement dans toutes les régions. L'expérimentation devrait se dérouler jusqu'à juin. Les résultats sont attendus pour la rentrée, a-t-elle indiqué.

S'agissant des trois projets de maisons d'accompagnement portés par la Croix-Rouge, elle a indiqué que l'évaluation du dispositif sur 18 mois était prévue pour "regarder les caractéristiques des personnes accueillies, l'organisation, l'implication des bénévoles mais aussi pour [savoir] s'il y a 'un plus' par rapport à ce qui existe". Les résultats sont attendus pour 2013, a-t-elle indiqué.

Elle a aussi évoqué la mesure sur la formation. Elle a indiqué qu'une analyse avait été réalisée dans 150 Ehpad utilisant l'outil de formation Mobiqual. Les résultats montrent une amélioration pour tous les items pour les établissements utilisant cet outil : la progression des protocoles, de l'accompagnement, du suivi du deuil et de la prise en charge de la douleur.

En outre, s'agissant des dispositifs de la loi Leonetti sur la fin de vie, la mise en place de cet outil a permis d'améliorer l'identification de la personne de confiance (passant de 26% à 78%), l'application de la décision de limitation ou d'arrêt de traitement lorsque c'est nécessaire (de 10% à 46%) et la recherche des directives anticipées (de 8% à 49%). Il y a donc "bien un souci d'amélioration des réponses aux personnes en besoin de soins palliatifs" en Ehpad, s'est-elle félicitée.

Un écart entre le discours et la pratique

Le Dr Jean-Marie Gomas, coordinateur du centre de soins palliatifs à l'hôpital Sainte-Perrine à Paris (AP-HP), a pour sa part modéré les propos de Fabienne Dubuisson, estimant que la problématique des soins palliatifs en Ehpad était "loin d'être une réussite dans la plupart des établissements".

Il pointé un écart "entre tous les chiffres [présentés] et la réalité du terrain". "Ce n'est pas parce que 70% d'équipes déclarent qu'elles ont des protocoles douleur que 70% des malades sont correctement calmés dans les Ehpad, sinon, cela se saurait", a-t-il lancé.

Il a aussi critiqué la tenue de l'expérimentation sur les infirmières de nuit. "Je suis triste (...) qu'il faille une enquête et une expérimentation pour prouver l'évidence du bon sens", a-t-il lancé. "Il n'y a pas besoin d'expérimentation, on le sait qu'il faut une infirmière la nuit quand il y a 100 [personnes âgées] qui dorment plus ou moins bien dans un Ehpad", a-t-il renchéri.

Il a toutefois reconnu qu'il y avait un "travail de fond et de soutien sur les soins palliatifs" mené par les tutelles et le ministère. Mais, "je ne veux pas qu'on oublie que tous les jours il y a des patients qui décèdent en Ehpad pas bien calmés, pas bien entourés et avec pas assez de personnel", a-t-il pointé.

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