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Le nombre de lits en psychiatrie a baissé de 22% depuis 1994

actualité santéLe nombre de lits d'hospitalisation en psychiatrie dans les établissements de santé publics et privés est passé de 78.328 en 1994 à 60.794 en 2002, diminuant ainsi de 22%, a-t-on appris auprès de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES). Le ministre de la santé a annoncé un moratoire sur la fermeture de lits en psychiatrie après une réunion avec plusieurs représentants des organisations hospitalières, de psychiatres et des syndicats, suite au meurtre d'une infirmière et d'une aide-soignante au centre hospitalier psychiatrique des Pyrénées à Pau durant leur nuit de garde. Depuis la création de la psychiatrie de secteur, les établissements de santé publics ont globalement procédé, sans interruption depuis les années 70, à une diminution du nombre de lits, au profit de création d'alternatives à l'hospitalisation complète.

Selon la DREES, entre 1994 et 2002, le nombre de lits a diminué dans les établissements publics et privés de 17.534 en France métropolitaine.

Cette diminution a été surtout prononcée dans les établissements publics, car dans ces structures, le nombre de lits est passé de 84.560 en 1987 à 43.173 en 2000, soit une diminution de 49% en quatorze ans.

Dans le même temps, le nombre de patients hospitalisés dans l'année a augmenté, passant de 250.354 en 1989 à 294.483 en 2000, tandis que la durée moyenne de séjour en hospitalisation plein temps est passée pour la même période de 86 jours en moyenne à 45 jours.

Parallèlement à cette diminution du nombre de lits, le nombre de places d'hospitalisation partielle (hospitalisation de nuit ou de jour, atelier thérapeutique, CATTP) est passé de 25.828 en 1994 à 26.207 en 2002, soit une augmentation de 1,46%.

En 2000 par exemple, 305.863 patients ont été pris en charge en hospitalisation complète dans un service de psychiatrie générale, 125.460 à temps partiel et 981.763 en ambulatoire.

UN MANQUE D'ALTERNATIVES À L'HOSPITALISATION

Pour Yvan Halimi (Hôpital Sud de La-Roche-sur-Yon, Vendée), président de la Conférence des présidents de commission médicale d'établissement de centres hospitaliers spécialisés en psychiatrie (CME-CHS), la difficulté actuelle de la psychiatrie vient notamment du fait que cette fermeture de lits n'a pas été accompagnée d'un développement suffisant d'alternatives à l'hospitalisation.

"On ne peut pas fermer un lit sans se demander où va aller le patient. L'extra-hospitalier n'a pas été suffisamment déployé", a-t-il ainsi affirmé à APM Santé.

De son côté, Alain Pidolle, psychiatre au CH de Lorquin (Moselle) estime que le gel de la fermeture de lits annoncé par le ministre de la santé semble "important", mais insuffisant. "Dans mon secteur, les alternatives à l'hospitalisation ont bien été créées, mais il faut du personnel pour les faire tourner, or nous avons du mal à trouver des praticiens hospitaliers", déplore-t-il./co
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