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"Nous avons été les premiers à demander un reconfinement"

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Fonction Publique

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La seconde vague de l’épidémie de Sars-Cov-2 pourrait effectivement s’avérer pire que la première. Suite au reconfinement, qu’elle a d’ailleurs appelé de ses vœux, la Fédération Hospitalière de France (FHF) a tenu à faire le point sur la situation dans les établissements de santé, à nouveau en tension. Manque de lits, pénurie de personnels, la Fédération semble penser qu’il sera difficile de ne pas déprogrammer certains actes, même s’il faut limiter les pertes de chances pour les patients non-Covid.

Vite sortir de cet état de crise et éviter que les hôpitaux ne se retrouvent débordés. Pour la FHF, le reconfinement était la seule solution.

Si l’annonce du reconfinement mercredi dernier n’a pas été épargnée par les critiques, la Fédération Hospitalière de France estime que les remontées du terrain montrent le bien-fondé de cette mesure. Elle souhaite d’ailleurs que les exceptions soient le moins nombreuses possible, a déclaré Frédéric Valletoux, son actuel Président, lors d’une conférence de presse. Le but est d’éviter que les hôpitaux ne se retrouvent débordés et que l’on sorte vite de cet état de crise.

En effet, si au mieux du premier confinement le taux de contamination (R0) était aux alentours de 0,7, les experts espèrent cette fois un R0 optimal de l’ordre de 0,9. Il appartient à tous de respecter aux mieux les consignes. Il faut savoir que les effectifs n’ont pas augmenté par rapport au printemps dernier. Les soignants ne sont pas plus nombreux, et ils accusent la fatigue. Sans oublier qu’ils sont eux-mêmes touchés par le Covid, et qu'on constate donc un absentéisme, souligne Zaynab Riet, Déléguée générale de la FHF. Un absentéisme difficile à estimer ; néanmoins, la FHF a lancé une enquête sur ce sujet, les données sont actuellement en cours d’analyse et les résultats devraient prochainement être rendus publics. C’est un gros travail. On remarque que les chiffres varient beaucoup en fonction des établissements ou des Ehpad. De manière générale, ils sont de l’ordre de 8 à 9%. Cependant, cette situation n’est pas nouvelle, elle préexistait avant la crise, on n’observe pas de pic majeur au mois de septembre. Il est, en revanche, probable que l’on constate un différentiel entre 2019 et 2020, dû notamment à la Covid. On verra ce que donnent les résultats, informe Amélie Roux, Directrice du pôle ressources humaines de la FHF.

Des mesures sont d’ores et déjà appliquées pour permettre l’arrivée de renforts. Les formations d’infirmiers de spécialités (notamment d’IADE et d’IBODE) sont suspendues pour permettre à ces professionnels de se mobiliser. Les cadres récemment retraités ont aussi été rappelés. La FHF note, néanmoins, moins de transferts d’équipes du privé vers le public, même si « la coopération se passe bien », selon Frédérique Valletoux.

Déprogrammer sans perte de chances : les soignants ne doivent pas prendre la décision seuls

Contrairement à la première vague, durant laquelle la majeure partie des soins étaient déprogrammés, cette fois les consignes sont d’éviter les pertes de chances pour les patients. Visiblement, il existe un fossé entre la théorie et la pratique. Plus la vague monte, plus on aura besoin de lits hospitaliers comme de réanimation. Il faudra déprogrammer, on ne peut pas rouvrir des lits sans les effectifs associés, précise Zaynab Riet. Si les établissements sont amenés à faire ce choix, des problèmes éthiques se poseront : différer des opérations chirurgicales parce qu’elles sont moins importantes n’est pas évident. Et puis ce critère peut varier au fil du temps. C’est pourquoi, pour la Fédération, les professionnels de santé ne doivent pas rester livrés à eux même face à ces décisions.

Déjà maintenant, les hôpitaux ont du mal à respecter les seuils demandés par les ARS. Souvent ils restent en-dessous car ils ne sont pas en état d’assurer autant d’actes, explique Zaynab Riet. Des seuils qui varient en fonctions des régions et de la saturation des lits de médecine, mais qui sont une pression supplémentaire pour les établissements.

Face à cela, il reste l’option des transferts de patients, plus problématique que lors de la première vague, mais tout de même envisageable. La plupart ont été réalisés par voie aérienne, notamment de PACA ou Nouvelle Aquitaine vers la Bretagne, qui a été la plus sollicitée. Par ailleurs, des transferts internationaux des Hauts-de-France vers l’Allemagne sont aussi envisagés dans les prochains jours.

Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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