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Olivier Véran défend son action, les infirmiers "stupéfaits" sur la question des salaires

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Médecin

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Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, était l'invité ce matin sur RMC/BFM TV de Jean-Jacques Bourdin. L'occasion d'aborder de nombreux sujets liés à la crise sanitaire au COVID mais également aux "accords" du Ségur de la Santé qui ont livré hier, leurs différentes propositions aux syndicats. Un ministre "optimiste" sur son action mais des infirmiers toujours en colère qui la dénonce...

Véran et Bourdin juillet 2020

Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, face à Jean-Jacques Bourdin, évoque notamment le Ségur de la Santé et les propositions concrètes qui en découlent.

Olivier Véran a rappelé que si l'épidémie est maîtrisée sur notre territoire (exception faite à Mayotte et la Guyane), il ne faut pas pour autant que les Français relâchent leur vigilance. Ils ont certes besoin d'oublier le confinement, envie de retrouver une vie sociale, dans un travail de résilience collective, mais le respect des gestes barrières reste une nécessité. Le ministre a rappelé que 350 000 tests par semaine étaient actuellement réalisés en France et que leur capacité était plus grande encore. De plus, 1.5 million de bons PCR ont été adressé aux Français afin qu'ils puissent également se faire tester. Il ressort aujourd'hui que sur l'ensemble des résultats de ces tests, seul 1.1% sont positifs. Questionné sur les clusters en Mayenne, Olivier Véran a expliqué que le confinement n'était pas à l'ordre du jour dans cette région et qu'une surveillance "serrée" était faite via des tests dans les EHPAD, les abattoirs, les hébergements d'urgence et collectifs pour personnes vulnérables.

La France est-elle préparée à une deuxième vague ? A cette question Olivier Véran, rappelant que nous vivons une épidémie à l'échelle mondiale a répondu que la France était prête pour l'empêcher surtout, en maîtrisant le virus avec l'aide de l'ensemble des acteurs de la Santé, tutelles, professionnels de santé, chercheurs... Il s'est dit très attentif aux patients COVID dont les symptômes persistent (fatigue, dyspnée, maux de tête...) et chez qui la maladie se chronicise. Nous menons des recherches à l'échelle mondiale sur le sujet et la prise en charge et le suivi de ces patients est un point important de vigilance.

Dernière question : le Ségur de la Santé et ses différents protocoles d'accord présentés hier aux syndicats concernant notamment les salaires des professions paramédicales et médico-techniques hospitalières mais également des médecins hospitaliers et des internes. Olivier Véran a livré quelques éléments complémentaires sur les sommes allouées à chacun, se disant très touché par l'action, "historique" menée, dans une restauration du "care" et de l'attention à ceux qui prennent soin des autres. Il a expliqué qu'au-delà de l'augmentation de salaire de 180 euros net/mois annoncée pour les quelques 1,7 million de salariés hospitaliers, les grilles de la fonction publique allaient bouger également significativement rajoutant, par exemple, sur le salaire des infirmiers, des aides-soignants entre 180 et 215 euros net/mois de plus, sans compter encore un intéressement sur la qualité des soins (45 à 50 euros net/mois) et une majoration des heures supplémentaires... Leur pouvoir d'achat sera très favorablement impacté, a souligné Olivier Véran. Le ministre a également évoqué les accords "signés" avec les syndicats de médecins hospitaliers et les 450 millions d'euros qui leur sont alloués pour améliorer leur rémunération ainsi qu'avec ceux des externes et internes qui bénéficient de 200 millions d'euros.

Cette position très optimiste d'Olivier Véran, ne convainc pas la communauté infirmière. Par voie de communiqué, 30 organisations infirmières, rappelant ne pas avoir pu prendre part aux négociations du Ségur de la Santé, rejettent avec force et fermeté la proposition de 180 euros d'augmentation mensuelle (net) qui ne correspond pas aux promesses qui nous ont été faites et qui, en outre, ne corrigera pas la discrimination salariale des corps soignants à prédominance féminine. Et de rappeler  que le gouvernement s'est engagé devant la Nation à revaloriser les salaires infirmiers à hauteur des salaires moyens de l'OCDE. Une revalorisation salariale de 300 euros net/mois est le minimum nécessaire pour les infirmiers Français (6e puissance économique mondiale) pour se hisser au niveau du salaire infirmier moyen européen. En conséquence, elles n'acceptent pas ces demi-mesures et demandent à être reçues en urgence par les instances gouvernementales pour que la promesse faite par le Président de la République Emmanuel Macron soit honorée.

Alors que les festivités du 14 juillet, plus sobres cette année, coronavirus oblige, rendront hommage aux soignants engagés dans la "guerre du covid19", selon le souhait du Président de la République, un rassemblement est prévu place de la République, à Paris, pour un départ vers 14H en manifestation vers la Bastille annoncent dans un communiqué six organisations, dont les syndicats CGT, SUD-Santé, Amuf (urgentistes) et SNPI (infirmiers). Dans le reste du pays, elles invitent les personnels et les usagers à se mobiliser avec des initiatives dans les hôpitaux (...) et dans les territoires. Estimant que le gouvernement méprise leurs demandes et leurs revendications, elles considèrent que le Ségur de la santé est une imposture.

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (1)

spot2001

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4 commentaires

#1

et la nuit ?

est-ce qu'il y a quelque chose de prévu pour le travail de nuit ?
Parce que mon patron ( l'état ) semble considérer, depuis de nombreuses années, que 1,17€/ heure est une juste rémunération de la pénibilité.......