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Optimisation attendue pour la "check-list" au bloc opératoire

La "check-list" de la Haute autorité de santé (HAS) visant à améliorer la sécurité des soins au bloc opératoire apparaît largement diffusée et reconnue par les professionnels mais son utilisation n'est pas encore optimale, montre une enquête menée dans des établissements du Limousin.

la check-liste de la HAS vise a ameliorer la securite des soins au bloc operatoireLa HAS a développé et diffusé cet outil en 2009, proposant des modifications mineures en 2011 après un premier bilan plutôt positif.

Après généralisation de la "check-list" dans le cadre de la certification, une évaluation de sa mise en œuvre a été réalisée par le groupement de coopération sanitaire (GCS) Expertise, performance et système d'information en Limousin (Epsilim).

Il s'agit d'une étude en trois volets menée en 2011 : une enquête auprès de neuf établissements de la région (six publics et trois privés), une autre auprès de 169 professionnels de santé et des observations sur site de 30 interventions, accompagnées d'entretiens de 54 professionnels du bloc opératoire.

Dans un rapport de 62 pages, diffusé en fin de semaine dernière par le site de la HAS, le GCS Epsilim indique que dans les établissements où l'enquête a eu lieu, la "check-list" est généralisée puisque 78% indiquent toujours l'utiliser lors des interventions au bloc et 22% souvent.

L'utilité de cette liste est également largement reconnue puisque les deux tiers des équipes interrogées la juge utile pour améliorer la sécurité des patients et le tiers restant plutôt utile.
Pour les deux tiers des établissements interrogés, la liste a permis d'éviter une erreur ou de détecter un dysfonctionnement une ou plusieurs fois (erreur de patient, antibioprophylaxie non ou mal réalisée, inversion de dossier, manque de matériel stérile dans un ancillaire, erreur de côté...).

Les questionnaires individuels montrent que les professionnels de santé considèrent dans leur majorité que cette liste est une opportunité pour éviter les erreurs et les dysfonctionnements lors de la réalisation d'une intervention (47,9% tout à fait d'accord et 24,3% d'accord) et permet la vérification croisée de certains points essentiels avant l'intervention (43,2% tout à fait d'accord et 26% d'accord).

Les entretiens qualitatifs ont confirmé que la "check-list" répond bien à une préoccupation des professionnels, conscients de leur rôle dans la sécurisation des processus au bloc opératoire, notent le GCS Epsilim.

Cependant, la "check-list" est encore considérée par beaucoup comme un document administratif supplémentaire à remplir (54% des professionnels interrogés "tout à fait d'accord" avec cette affirmation), même si elle n'est pas perçue comme une perte de temps.

Un manque de liens entre professionnels

L'enquête montre aussi que la liste ne permet pas réellement de renforcer les liens entre les différents professionnels de l'équipe. Lors des observations sur site, des scissions entre l'équipe anesthésique et l'équipe chirurgicale - problématiques et prérogatives différentes - et entre le corps médical et le corps paramédical ont même été relevées.

Le GCS Epsilim a aussi constaté que seuls les items à vérifier auprès du patient font presque toujours l'objet d'une verbalisation et que les questions ne sont pas systématiquement formulées en équipe.

"L'utilisation de la 'check-list' comme support d'analyse, en équipe, des situations qui donnent lieu à incident ou interruption de l'intervention paraît encore insuffisamment développée, même si la certification a joué un rôle de levier dans ce domaine".
L'information et la formation des professionnels se révèlent souvent insuffisantes pour une bonne mise en œuvre et utilisation de cette "check-list", estime le GCS, notant que les outils d'accompagnement proposés par la HAS sont méconnus.

Enfin, l'enquête a permis d'identifier des difficultés dans l'utilisation de la liste, notamment dans la compréhension de certains items, la coordination par un infirmier, en particulier s'il n'a pas le soutien des médecins, sa mise en œuvre pour les interventions en urgence ou encore la désignation d'un coordonnateur pour des problèmes de responsabilité.

"Le partage d'informations, constituant la clé de voûte de l'utilisation de la check-list, n'est à ce jour pas assez développé", conclut le CGS Epsilim.

Il propose de resituer la "check-list" dans un processus global de prise en charge chirurgicale du patient, tout au long de son parcours, à chaque étape de vulnérabilité identifiée, pour que chaque acteur puisse contribuer à améliorer l'ensemble du processus grâce à la mise en place de contrôles intermédiaires. "La vérification ultime se verrait alors recentrée sur ses objectifs prioritaires". La HAS a commencé à mettre en œuvre un programme d'accompagnement pour améliorer l'utilisation de la "check-list", avec la diffusion de nouveaux documents.

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