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Paludisme : stagnation des financements

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Epidémiologie

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Malgré les importants progrès accomplis, les financements de lutte contre le paludisme restent insuffisants et semblent même stagner.

© poilOdo - FlickrLe financement international de la lutte contre le paludisme a fortement augmenté durant les 10 dernières années pour passer de 200 millions de dollars en 2004 à 1,5 milliard de dollars en 2009. Mais il semble avoir stagné en 2010 à 1,8 milliard de dollars, un chiffre toujours inférieur aux besoins nécessaires pour atteindre les objectifs, estimés à plus 6 milliards de dollars pour 2010.

Les deux tiers environ de ce financement proviennent du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, les deux autres gros contributeurs étant les Etats-Unis à travers l'initiative contre le paludisme du président américain (PMI) ainsi que la Banque mondiale, note-t-on.

L'OMS explique la stagnation des financements internationaux contre le paludisme en 2010 par rapport à 2009 par la baisse de subventions par le Fonds mondial qui n'a pas été complètement compensée par la hausse de la contribution du PMI.

L'organisation internationale ajoute que les financements pour la lutte contre le paludisme provenant des gouvernements nationaux semblent avoir augmenté.

Les financements internationaux apparaissent concentrés sur les programmes de lutte contre le paludisme, en particulier la fourniture de moustiquaires imprégnées d'insecticide, d'antipaludiques et d'insecticides pulvérisés dans les domiciles.

Les financements des gouvernements nationaux ciblent davantage les ressources humaines mais une part importante est aussi consacrée aux antipaludiques et aux insecticides pulvérisés à domicile.

Augmentation de la population traitée et/ou protégée

L'OMS souligne les efforts qui ont été accomplis et leur impact. A la fin 2010, environ 289 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticides auront été livrées à l'Afrique subsaharienne, assez pour couvrir 76% des 765 millions de personnes à risque de paludisme. Le nombre de personnes en Afrique subsaharienne bénéficiant de pulvérisations d'insecticides à leur domicile a augmenté pour passer de 13 millions en 2005 à 75 millions en 2009, correspondant à la protection d'environ 10% de la population à risque en 2009.

Selon les informations fournies par les laboratoires pharmaceutiques à l'OMS, le nombre de traitements antipaludiques à base d'artémisinine a augmenté chaque année depuis 2005. A la fin 2009, 11 pays africains fournissaient suffisamment ces types de traitement pour couvrir plus de 100% des cas de paludisme dans le secteur public et huit autres pays africains suffisamment pour couvrir 50% à 100% des cas, alors qu'en 2005, seuls cinq pays étaient capables de traiter plus de 50% des patients pris en charge dans le secteur public.

Le nombre de cas de paludisme a diminué à 225 millions en 2009, contre 233 millions en 2000 et 244 millions en 2005. Le nombre de décès dus à l'infection a également baissé pour passer de 985.000 en 2000 à 781.000 en 2009. Le Maroc et le Turkménistan ont été certifiés par l'OMS en 2009 comme ayant éliminé le paludisme. En 2009 également pour la première fois, la région européenne de l'OMS n'a signalé aucun cas de paludisme à Plasmodium falciparum.

Des efforts à faire pour les enfants

Mais l'OMS souligne aussi tout le chemin qu'il reste à parcourir et que les efforts doivent être maintenus voire renforcés. Elle estime que seuls 35% des enfants africains à la mi-2010 dorment sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide, une proportion inférieure à l'objectif fixé de 80%. L'organisation internationale indique aussi que ces moustiquaires doivent être remplacées tous les trois ans pour conserver leur efficacité.

Elle note enfin le risque de développement de résistances des moustiques aux insecticides, une seule classe les pyréthroïdes étant principalement utilisée tant pour les moustiquaires que pour les pulvérisations à domicile.

Un problème de résistance au traitement

L'OMS pointe aussi le risque de développement de résistance de P. falciparum à l'artémisinine. Selon un bilan établi jusqu'à novembre, 25 pays, dont la plupart sont situés dans la région Afrique de l'OMS, autorisent toujours la commercialisation de monothérapies orales à base d'artémisinine et 39 laboratoires pharmaceutiques, dont la plupart sont localisés en Inde, fabriquent ce type de traitement.

L'OMS recommande que les dérivés d'artémisinine soient administrés en association avec d'autres antipaludiques pour éviter le développement de résistances. Elle préconise aussi depuis 2010 que tous les cas suspects de paludisme soient confirmés par un test de diagnostic avant le traitement.

L'organisation internationale note enfin une augmentation des cas de paludisme dans trois pays en 2009, le Rwanda, Sao-Tomé-et-Principe et la Zambie. Les raisons de cette résurgence ne sont pas connues avec certitude, ajoute-t-elle. En mars, l'organisme Roll Back Malaria a rendu public un rapport qui faisait état de progrès notables au Rwanda et en Zambie. A la mi-2008, l'OMS mettait aussi en avant une baisse importante du nombre de cas et de décès au Rwanda et à Sao-Tomé-et-Principe.

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