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Pathologies, lieu, parcours de soins : comment meurent les Français ?

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Soins palliatifs

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Une étude de Santé Publique France, diffusée le 12 décembre et intitulée « Recours aux soins palliatifs hospitaliers des personnes décédées en 2013 en France selon leurs caractéristiques et pathologies », s’attache à décrire l’état de santé, les conditions d’hospitalisation et le lieu de décès des assurés du régime général décédés en 2013, dans l’hexagone. L’objectif ? Explorer, sur une large population, l’apport du Système national d’information inter-régimes de l’Assurance maladie (Sniiram) pour appréhender le détail de ces caractéristiques et améliorer la prise en charge. Résultats et analyse.

Cette étude a porté sur l’ensemble des assurés du régime général de l’Assurance maladie en France (c’est-à-dire 77% de la population française) décédés en 2013 et identifiés à partir du Système national d’information inter-régimes de l’Assurance maladie (Sniiram).

Quels résultats ?

Au total, « 347 253 décès » ont été identifiés en 2013, correspondant à 61 % des personnes décédées tous régimes d’Assurance maladie confondus. L’âge moyen au décès était de « 77 ans » (73 ans pour les hommes, 81 ans pour les femmes), précise encore l’étude.  De manière générale, l’année précédant le décès, 84% des personnes ont été hospitalisées au moins une fois et 29% ont bénéficié de soins palliatifs hospitaliers (SPH) avec de fortes variations selon l’âge et le sexe.

Parmi l’ensemble des personnes décédées, 29% avaient eu recours à des soins palliatifs lors du décès ou au cours de l’année précédente.

Lieux du décès et parcours

Bougie éteinte décès

De manière générale, l’année précédant le décès, 84% des personnes ont été hospitalisées au moins une fois.

On apprend également que les décès se sont produits lors d’une hospitalisation dans 60% des cas (51% en court séjour, 6% en soins de suite et réadaptation, 3% en hospitalisation à domicile), en Ehpad dans 13% des cas et dans un autre lieu pour 26% (c’est-à-dire sur la voie publique, au domicile, en maison de retraite hors Ehpad…) En outre, la part des décès en Ehpad était plus élevée pour les femmes (19% versus 7% pour les hommes). Dans le détail, les lieux de décès variaient selon la pathologie. Pour les personnes prises en charge pour un cancer, 64% décédaient en MCO en 2013 contre 7% en Ehpad et 16% hors hospitalisation ou Ehpad. Pour les maladies cardiovasculaires (hors cancer), les proportions de décès en Ehpad (16%) et hors hospitalisation ou Ehpad (23%) étaient plus élevées que pour l’ensemble de la population. Pour les maladies neurologiques ou dégénératives, ces proportions étaient encore plus élevées : 35% pour les décès en Ehpad et 23% pour les décès hors hospitalisation ou Ehpad

Cette étude conclut à « un niveau de recours aux SPH relativement élevé en France, notamment pour certaines pathologies ».

Quels recours aux soins palliatifs ?

Parmi l’ensemble des personnes décédées, 29% avaient eu recours à des soins palliatifs lors du décès ou au cours de l’année précédente. Cette proportion variait selon le sexe (hommes : 30% ; femmes : 28%), l’âge, avec une part de 30% pour les moins de 15 ans et un pic autour de 39% entre 55 et 74 ans et selon le bénéfice d’une couverture maladie universelle complémentaire (CMUc). En présence d’un cancer pris en charge, le recours aux SPH était de 52% (cancer du poumon 62%, cancer de la prostate 41%). En l’absence de cancer, le recours variait selon la pathologie : accident vasculaire cérébral aigu (24%), insuffisance cardiaque (17%), sclérose en plaques (23%), démence (17%).

Cette étude conclut à un niveau de recours aux SPH relativement élevé en France, notamment pour certaines pathologies. Néanmoins, dans un contexte de réflexion autour de la fin de vie et alors que l’on estime que près d’une personne sur trois sera âgée de plus de 60 ans en 2060, ces résultats doivent être affinés afin d’élaborer des indicateurs, d’apporter des éclairages selon différents axes spécifiques (pathologies, disparités de recours...) avec l’aide du Sniiram, mais aussi des professionnels, afin de guider les politiques de santé sur la fin de vie. Il est aussi nécessaire de développer la connaissance en vie réelle de l’ensemble du processus de fin de vie avec les transitions entre les différents lieux de soins, précisent les auteurs.

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Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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