INFOS ET ACTUALITES

Péni­bi­lité au tra­vail : le per­son­nel hos­pi­ta­lier particulièrement exposé

par .

Cet article fait partie du dossier:

Fonction Publique

    Suivant

Une étude publiée le 24 décembre dernier par la Dares, l’orga­nisme sta­tis­ti­que dépen­dant du minis­tère du Travail, intitulée "Les expositions aux risques professionnels dans la fonction publique et le secteur privé en 2017" montre que la péni­bi­lité au tra­vail est très élevée pour le per­son­nel hos­pi­ta­lier exposé à quatre grands types de “ris­ques” : les contrain­tes phy­si­ques, les contrain­tes orga­ni­sa­tion­nel­les, l’expo­si­tion à des agents chi­mi­ques et bio­lo­gi­ques, et l’expo­si­tion à des ris­ques psy­cho­so­ciaux.

hôpital stress

Les sala­riés hospitaliers sont très exposés aux contraintes organisationnelles. Ils sont par­ti­cu­liè­re­ment vulnérables au risque d’aban­don de tâche pour une autre non prévue (65,8%), au fait de devoir toujours ou souvent se dépêcher

Les données présentées sont issues de l’enquête "Surveillance médicale des expositions des salariés aux risques  professionnels  (Sumer) de  2017", enquête transversale qui permet de  cartographier grâce à un questionnaire, les expositions professionnelles des salariés, la durée de ces expositions et les protections collectives ou individuelles éventuelles mises à disposition.

Le document de la Dares fait état des chiffres suivants concernant les effectifs des agents de la fonction publique hospitalière : 1 189 300 salariés. Durée moyenne de travail hebdomadaire des temps complets : 37,8 heures. Pourcentage de salariés travaillant à temps partiel : 23,5%. Pourcentage de salariés ayant un document unique d'évaluation des risques dans leur établissement : 92,9%.

Le tra­vail de nuit, le tra­vail le week-end ou encore le fait de ne pas dis­po­ser d’au moins 48 heures consé­cu­ti­ves de repos concer­nent plus de 70 % des per­son­nels du sec­teur hos­pi­ta­lier.

Les contraintes posturales et articulaires concernent 82,7% des salariés : contraintes posturales rachidiennes (41,5%), posi­tion debout pro­lon­gée ou piétinement (65,8%), position à genoux et/ou accroupi (29, 5%), position fixe de la tête et du cou (27,5%), travail exigeant une position forcée d'une ou plusieurs articulations (25,1%), maintien de bras en l'air  (20,23%), déplacement à pied dans le travail (64,5%)... La manu­ten­tion manuelle de char­ges concerne 53,5% des agents.

Le per­son­nel hos­pi­ta­lier est également le plus exposé aux ris­ques bio­lo­gi­ques (73%) : travailler au contact d'un réservoir humain (69,4%), soins d'hygiène, nursing et assistance à la personne (38,8%), maintenance, ménage en milieu de soin (25,2%), soins médicalisés non invasifs 23%... Quant aux agents chi­mi­ques comme l’eau de javel ou dif­fé­rents types d’alcools (éthanol, buta­nol, iso­pro­pa­nol...) : 57% des agents hos­pi­ta­liers y sont exposés.

Les sala­riés hospitaliers sont également très exposés aux contraintes organisationnelles. Ils sont par­ti­cu­liè­re­ment vulnérables au risque d’aban­don de tâche pour une autre non prévue (65,8%), au fait de devoir toujours ou souvent se dépêcher (44,5%), aux horai­res varia­bles d’un jour à l’autre (34,1%) ou encore au tra­vail le diman­che (45,6%) et au tra­vail de nuit. Sans comp­ter le fait de devoir tra­vailler au-delà de l’horaire offi­ciel (27,1%), et de ne pas avoir assez de temps pour faire cor­rec­te­ment son tra­vail (37,2%). Le tra­vail de nuit, le tra­vail le week-end ou encore le fait de ne pas dis­po­ser d’au moins 48 heures consé­cu­ti­ves de repos concer­nent plus de 70 % des per­son­nels du sec­teur hos­pi­ta­lier. Horai­res déca­lés, péni­bi­lité phy­si­que et expo­si­tion à des ris­ques chi­mi­ques et bio­lo­gi­ques se cumu­lent et tou­chent plus for­te­ment cer­tains métiers, notamment les personners paramédicaux (infir­mier(e)s, aides-soi­gnan­(e)s)mais aussi les sages-femmes, les plus for­te­ment sou­mi­ses aux contrain­tes patho­gè­nes.

Le  questionnaire  de  Karasek,  du  nom  de  son  principal  initiateur,  un  sociologue  nord-américain,  est  un  outil  internationalement  utilisé  pour  décrire  les  facteurs de risques psychosociaux au travail. Il évalue trois dimensions de l’environnement psychosocial au travail: la demande psychologique, la latitude décisionnelle et le soutien social.

Faisant face aux contrain­tes horai­res, en contact avec le public par­fois dif­fi­cile, 18,5% de salariés hospitaliers sont ainsi exposés aux comportements hostiles (. De ces contraintes découlent des risques psychosociaux importants : 35,3% d’entre eux disent être en situa­tion de ten­sion au tra­vail (forte demande psy­cho­lo­gi­que et faible lati­tude déci­sion­nelle), 57,7% des hos­pi­ta­liers souf­frent d’un manque de reconnais­sance. Le  «job  strain» est  défini  comme  une  situation  où  la  demande  psychologique  est supérieure à la médiane et la latitude décisionnelle inférieure à la médiane, ce qui constitue une situation à risque pour la santé. Les études longitudinales internationales ont montré qu’être en «job strain» était prédictif de troubles cardiovasculaires, de troubles musculo-squelettiques et de dépressions.

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

Retour au sommaire du dossier Fonction Publique

Publicité

Commentaires (2)

chg

Avatar de l'utilisateur

22 commentaires

#2

pénible pénibilité

IDE dans le privé, un week end sur 2 , rythme matin , journee, soiree . Changement de planning fréquents et parfois les 3 horaires dans la semaine .
Manipulation de patients lourds pour soins et lever. Il n'y a pas de pénibilité reconnue seules les IDE qui font 120 nuits par an en bénéficient et à la mise en place il n'y a pas eu de rétroactivité. Les mi temps de nuit ne font pas 120 nuits par an donc pas de pénibilité .
1 année d'au moins 120 nuits donne 4 points et il faut 10 points pour valider 1 trimestre.
Il faut donc plus de 24 ans de nuits pour avoir 8 trimestres et prétendre à partir à 60 ans (ou 62 ans si l'age de départ passe à 64ans ) en sachant que les premiers points sont reservés à la formation. Il faut donc s'accrocher .