INFOS ET ACTUALITES

"Personne ne mérite cette cruauté, cette indifférence..."

Une lettre insoutenable, qui dénonce, qui questionne l'accueil et la prise en charge des patients au service des urgences du centre hospitalier de la Cavale Blanche, à Brest. Malgwenn Le Mat l'a publiée sur sa page facebook pour que le plus grand nombre sache ce qui s'y est passé le 20 juillet dernier alors que sa mère Ghislaine était admise pour violentes douleurs abdominales. Un traitement "cruel, inhumain" selon Malgwen. "Pour l’instant, c’est la colère qui me fait tenir, et mener toutes ces démarches. Une fois qu’elle retombera, la brutalité de ce que ma mère a vécu sera difficile à encaisser", souligne-t-elle. Nous lui adressons tout notre soutien et ne doutons pas que la communauté infirmière et soignante dans son entier en fera de même.

Brest, 20 Juillet 2018. A l'attention du responsable du service des urgences et de la direction du CHRU de la Cavale Blanche.
Objet : Lettre ouverte - Madame, Monsieur, 

pleurs femme triste

Personne ne mérite de souffrir comme ça, personne ne mérite de perdre sa dignité et sa raison, personne ne mérite cette cruauté, cette indifférence. Aujourd'hui je vous demande pourquoi nous avons été abandonnés, ignorés, méprisés

Par la présente, je viens vous exprimer ma colère au sujet de l'inacceptable prise en charge de vos patients au service des urgences. En effet, le jeudi 12 juillet 2018, à vingt heures, ma mère a été conduite dans le service avec des douleurs abdominales épouvantables, un gonflement conséquent du ventre depuis quelques jours, une diarrhée aiguë datant de la veille ainsi que des vomissements qui furent au cours de la journée translucides, puis noirs, un peu avant notre arrivée, et ce alors qu'elle ne pouvait plus rien avaler depuis vingt quatre heures. Nous avons ajouté qu’elle avait aussi subi une perte de poids, ainsi que d'appétit au cours des dernières semaines et de manière soudaine. Ma première stupéfaction s'est produite lorsque l'infirmier des admissions s'octroya le droit, après l'auscultation rapide de ma mère, d'émettre son propre diagnostic : Et bien, c'est sûrement un épisode de constipation, une imagerie pour vérifier si il n'y a pas un début d'occlusion, une mise sous traitement et vous pourrez rentrer chez vous. Je ne sais pas aujourd'hui, comment j’ai fait pour garder mon calme, et pour me contenter simplement de lui rappeler que ma mère souffrait de diarrhée aiguë depuis vingt quatre heures. Bien sûr, sa réponse me donna le premier sentiment d'abandon, mais pas le dernier de cette nuit-là : Tiens, c'est original ! De la diarrhée durant une constipation. Comment pouvez-vous tolérer qu'un infirmier, une personne s'occupant et soignant les malades sous la direction du médecin, puisse émettre son propre diagnostic et se substituer à l'avis d'un médecin au sujet de la condition d'attente de vos patients ? J'ai bien lu votre documentation sur l'évaluation paramédicale et le questionnaire de l'infirmière d'admission, ma colère sur cette question est donc d'autant plus grande.

Durant une première longue période d'attente dans le couloir des urgences, nous avons été témoins impuissants de scènes et de comportements inadmissibles. Je parle ici, du sort d'un homme âgé, arrivé sur un brancard la tête bandée et ensanglantée à cause d’une plaie béante, qui a été amené et laissé pour compte au fond du couloir avec quelques autres personnes, et ce, pendant de longues heures. Je parle aussi de cet autre homme, lui aussi laissé pour compte...

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (2)

littlered

Avatar de l'utilisateur

2 commentaires

#2

quelle peine, quelle horreur...

Quel piétinement absolu de toutes les valeurs au cœur de notre profession infirmière... Combien de situations aussi terribles, combien d'abandons aussi atroces, combien de colère, d'incompréhension et de larmes chez les "patients" comme chez les soignants, avant qu'enfin la prise en soin obtienne les moyens de se faire dans l'écoute, le respect, la dignité... l'humanité, simplement :(

test105518

Avatar de l'utilisateur

2 commentaires

#1

triste

même si je sais que les urgences manquent d'effectifs,une prise en charge adaptée aurait peut être pu éviter le pire.............